Témoignages
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Poussée par l'Esprit

Loudia Desaulniers
« Poussé par l'Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l'enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. » (Lc 2, 27) En lien avec ce bel extrait de l’Évangile, où l’on peut voir la présence active de l’Esprit Saint dans la vie de Syméon, Loudia Désaulniers nous parle de l’action de l’Esprit Saint dans sa démarche de discernement qui l’a conduite à un premier engagement dans la Société du Christ Seigneur, le 2 février dernier, en la Présentation de Jésus au Temple, où l'Église universelle célèbre spécialement le don de la vie consacrée.
  
Ma conversion s’est faite à l’intérieur des Exercices spiri­tuels de saint Ignace de Loyola  en 1996. Ce fut pour moi la grande révélation de ma vie et mon premier contact conscient avec l’Esprit Saint. J’en suis ressortie avec un grand désir de me consacrer au Seigneur, mais comment cela se ferait-il ? Là était toute la question, j’étais sans ressource. L’Esprit Saint sait mettre sur notre route les personnes dont on a besoin.  Le Père Lacasse, un bon jésuite, ami du Père Brien, m’a fait connaître le Centre Leunis.

En 1997, j’ai commencé à cheminer dans une Fra­ter­nités Foi et Vie et ainsi, à éduquer ma foi. Puisque la spiritualité de nos groupes est ignatienne, j’ai appris à vivre le discernement des esprits, donc à me familiariser avec les touches de l’Esprit Saint. Toute la manière de vivre m’amenait à prendre de plus en plus conscience de l’action de l’Esprit Saint en moi, dans les autres et dans les événements de la vie. Tout en poursuivant mon cheminement dans ma Fra­ter­nité, le désir de me consacrer au Seigneur demeurait très présent.

En 2001, suite à ma retraite annuelle et au décès de mon frère, j’ai senti de l’intérieur que le Seigneur m’appelait à faire une demande pour entrer dans la Société du Christ Seigneur comme membre agrégé. Et pour mon grand bonheur, je fus acceptée. Mais au fil des ans, l’Esprit Saint me poussait de l’intérieur, c’est comme s’il me disait qu’il y avait des changements à apporter au niveau de mon engagement au sein de la Société. J’ai partagé cela avec mon accompagnatrice qui fut une aide très précieuse et essentielle dans cette démarche de discernement. Nous avons donc porté cela dans la prière.

Lors d’une retraite en 2006, l’Esprit Saint m’a clairement démontré que je devais faire une demande pour changer d’option, le tout confirmé par mon accompagnatrice. J’ai donc fait la demande à la Responsable générale et je fus acceptée dans l’option des affiliés, ce qui impliquait aussi une formation régulière pendant plusieurs années avec une Responsable et les autres membres en probation. Mais à ce même moment, je commençais des études universitaires en théologie pastorale et, avec l’aide de la Responsable générale, nous avons discerné que je devais d’abord terminer mes études avant de commencer ma formation à la Société. Ce qui fut fait.

Me formation à la Société a débuté en 2008 et ce fut une ascension constante où je me sentais poussée par l’Esprit Saint à poser des gestes concrets pour mieux vivre ma vocation : déménagement dans un milieu où le climat était plus calme, changement de travail qui permettait un meilleur équilibre de vie et me donnait une disponibilité qui me laissait entrevoir la possibilité de m’impliquer davantage dans les œuvres de la Société. Tous les événements se succédaient d’une manière si surnaturelle, c’est comme si les portes du ciel s’étaient toutes grandes ouvertes.

Dans ma dernière année de probation, l’Esprit Saint faisait naître en moi un désir de vivre les conseils évangéliques avec plus de radicalisme, désir toujours discerné dans l’accompagnement spirituel, dans un climat de prière et d’écoute. Et je souhaitais aussi me rapprocher de la communauté, me rendre plus disponible. Mon accompagnatrice s’ouvrait à ses manifestations. Très souvent nos inspirations se rencontraient, c’était une expérience spirituelle très tangible. Alors puisque l’Esprit Saint est souvent surprenant, j’ai finalement fait une demande de consécration dans l'option des auxiliaires au grand étonnement de tous. Dans ce type de démarche, l’Esprit Saint s’exprime aussi par chacun des membres de la Société et la décision finale est donnée par la Responsable générale. Grâce à Dieu, j'ai été admise à cet engagement.

Comme on peut le constater, l’Esprit Saint est un fin pédagogue, capable d’une patience infinie et d’un grand respect de notre liberté intérieure. Être à l’écoute de l’Esprit Saint est une expérience exigeante mais tellement comblante et apaisante puisqu’elle nous conduit à accomplir la volonté de Dieu pour nous.
 
 
(Loudia DÉSAULNIERS)
 
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Pourquoi pas l’adoption ?
 

Marie-Andrée Hamel, animatrice à Rythme FM nous fait part de ce qu’elle a vécu, à 17 ans, lorsqu’une grossesse imprévue l’a amenée à confier son enfant à une famille adoptive. Puisse cette expérience ouvrir à d’autres ce chemin de vie pour les enfants à naître.

Une décision importante

J’étudiais en Ontario lorsque je suis tombée enceinte ; j’avais 17 ans. J’ai considéré l’avortement, mais les circonstances m’ont plu­tôt fait opter pour garder l’enfant. Je me disais : « Advienne que pourra. Je fais confiance. C’est une petite fille ! » Mais ensuite, j’ai pensé : « Quand même, au niveau pratico-pratique, ration­nel ? Il faut que je m’en occupe, de cette enfant-là ! Est-ce que j’ai la capacité pour porter autant de responsabilités ? » D’autant plus que, pour moi, il était important qu’elle ait un père et qu’elle ne manque de rien..., mais je voulais vraiment aussi poursuivre mes études.

« O.K., me suis-je dit, il va falloir trouver un emploi. Je n’ai pas tellement d’expérience, ce sera un petit emploi au salaire mini­mum. Il faudra que je travaille beaucoup, donc la faire garder. Pour subvenir à ses besoins, je ne passerai pas beaucoup de temps avec elle... Je vais en arra­cher, et elle aussi, parce qu’elle va passer plus de temps avec ses gardiennes qu’avec moi. Ça va me faire de la peine et, en plus, comme la maturité émotionnelle d’un enfant commence dès les premiers instants... »

À la recherche d’une famille

Ma mère m’a parlé de l’adoption mais, pour moi, il n’en était pas question. Pourtant, après mûre réflexion, j’ai finalement décidé de m’orienter dans cette direc­tion-là. Nous sommes allées à la DPJ (La Direction de la protection de la jeunesse est en contact avec des couples prêts à adopter un enfant) pour savoir si je pouvais choisir des parents. Ils m’ont dit : « Oui, il y a des parents qui at­tendent depuis huit ans pour adopter ! » Alors, j’ai fait une liste de mes critères et de mes va­leurs, de tout ce qui correspon­dait à l’éducation que j’aurais voulu donner à l’enfant. « On a le couple parfait pour toi, m’a-t-on répondu. Ils correspondent à tes valeurs. On peut te les faire rencontrer. »

La rencontre a été un vrai coup de foudre ! Ces gens-là s’ai­maient beaucoup. Ils avaient deux fils. Ça a vraiment cliqué entre nous. Nous avons choisi le prénom ensemble et corres­pondu pendant le reste de la grossesse.

Je voulais éviter tout trauma­tisme à ma fille, donc elle sait qu’elle a été adoptée. Tous les ans, sa mère m’envoie des pho­tos et des nouvelles. J’ai donc une idée de ce qu’elle a fait cette année-là et de son évolution. La voir heureuse ne me fait pas du tout regretter mon geste, ça le confirme ! Je voulais que ma fille ait une bonne base, au niveau de l’amour et des valeurs, qu’elle soit ancrée sur le roc. Or c’est ce que je vois. Elle est épanouie, et ça me rend heureuse. C’est vrai­ment une belle histoire ; voilà pourquoi je la raconte. C’est rare, des histoires d’adoption qui tour­nent bien autant pour les parents adoptifs que pour l’enfant et sa mère naturelle.

Chercher SON bonheur

Dans une société, en 2010, où le MOI est en majuscules, il y a des femmes qui se disent : « Je vais avoir des enfants pour moi, parce qu’ils vont m’aimer incon­ditionnellement. » Avoir un en­fant, ça va beaucoup plus loin ! C’est un geste qui appelle au don de soi. Il faut se demander « Est-ce que j’ai la capacité de m’ou­blier ? » Avoir un enfant, c’est se donner à fond pour lui ou elle. Je lève mon chapeau aux mères célibataires qui sont capables de passer au travers ! Moi, je ne m’en sentais pas la force. Moi, il y a dix ans, j’ai fait ce que je pou­vais pour tout donner à mon pre­mier enfant. C’était ma seule pos­sibilité, c’était mon seul héritage. C’était ma façon de lui assurer un avenir, au plan émotif...

Confier son enfant à l’adoption n’est pas un geste facile, parce qu’on ne pense pas à son propre bonheur, on considère avant tout celui d’un autre être humain ; on cherche son bien-être, autant au niveau financier, qu’au niveau émotionnel. La petite a un papa, une maman, et même deux grands frères qui l’aiment.

Souvent, je me fais juger parce que les gens ne se rendent pas compte que j’ai voulu donner de l’amour avant tout, que je voulais le bien-être de mon enfant avant le mien. Ce n’est pas facile à comprendre pour certains. Il y en a qui pensent qu’aimer, c’est donner-recevoir, ou recevoir tout court... il faut toujours qu’il y ait quelque chose en retour.

Un deuil à faire

Une fois la décision prise, il me fallait vivre tout un processus psychologique. Parce que, il faut à la fois se dire : « Oui, je donne mon enfant » et se laisser la li­berté de décider qu’au contraire, on va le garder, si on en sent le besoin. Je ne voulais pas regret­ter cette décision toute ma vie. J’ai eu la chance d’être très bien entourée. Confier un enfant en adoption nécessite de la force et de la maturité émotionnelle, mais il faut surtout un bon entourage qui nous appuie, qui va au-delà de nos pensées et nous fait che­miner.

Bien sûr, il m’arrive d’être triste : « Peut-être que je n’aurais pas dû. J’aurais pu avoir une petite fille de dix ans maintenant. » Car deux ans plus tard, j’étais apte à prendre soin d’un enfant : j’avais un emploi, un bon salaire, tout ça. Mais un enfant, ce n’est pas un objet, c’est un être humain ! Je ne peux pas la reprendre, ce ne serait pas dans son intérêt. Il faut lui offrir une stabilité pour qu’elle puisse partir sur de bon­nes bases dans la vie. C’est le rôle des parents : donner des ai­les à un être humain qui ne leur ap­partient pas, lui fournir­ tous les outils né­ces­­saires pour voler de ses pro­pres ailes, qu’il puisse aimer, choisir.

Un manque de ressources

Quant à moi, j’ai été chanceuse : ma mère connaissait des infir­mières aimantes ayant une base en psychologie et une écoute ac­tive. Malheureusement, quel­qu’un qui veut confier son enfant à l’adoption et se demande par où commencer risque d’en arra­cher, parce qu’il n’y a aucune res­source précise pour cela au Qué­bec ! Déjà, ta situation est dure : tu es enceinte et la seule pensée de confier ton enfant à l’adoption te fait pleurer. Si tu dois faire des démarches rationnelles en plus ! Une chance qu’il y a La Rose­lière ! Oui, avec de l’aide, on peut y arriver, mais il faut le vouloir vraiment.

Et maintenant...

Je viens d’avoir Alexia, qui a cinq mois, je suis une maman com­blée. Lorsque le médecin m’a proposé un test d’amniosynthèse pour savoir si la petite était at­teinte de trisomie, ou d’une autre maladie grave, je lui ai répondu : « J’ai décidé d’avoir un enfant, peu importe. C’est un être hu­main, et je vais l’aimer. » J’avais surtout peur d’être une mauvaise mère. J’en ai parlé avec la ma­man adoptive de ma première fille, qui m’a rassurée : « Ne t’en fais pas ! Tu es pleine d’amour. Il n’y aura aucun problème. Le geste que tu as fait prouve que tu n’es pas une mauvaise mère, au contraire, tu voulais le bien-être de ton enfant. Alors, ima­gine comment Alexia va être gâ­tée ! » Quand même, il me restait une crainte : « Est-ce que je vais être capable de m’attacher à elle ? » Tout s’est bien passé ! J’ai de la chance !

 
(Marie-Andrée HAMEL, Signes vol. 46, no 2, pp. 48-50)
 
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Joie nouvelle

Francis Stanley
Les Fraternités Foi et Vie rassemblent des croyants qui partagent le même désir  : vivre leur foi avec ferveur, une foi bien incarnée dans les multiples engagements de la vie, une foi qui se veut disponible au service de l'Église et du monde. Francis Stanley témoigne pour nous de son cheminement de foi qui l'a mené à se joindre à la Fraternité Notre - Dame - de - la - Joie.
 
Comment décrire ma rencontre avec Dieu ? Je ne le peux que par une description brève en quatre formulations, qui sont en osmose avec les phases de ma vie. La première étant celle se rapportant à l’enfance, d’une famille unie judéo-chrétienne pratiquante, qui permit d’ouvrir mon cœur à la douceur d’un espace spirituel, celle de mes premières rencontres avec mon Dieu d’amour. Ma jeunesse protégée, par mon innocence face aux tentations, mon cœur pur fut alors disponible à recevoir les grâces provenant de l’amour de Dieu. Ce fut la grande joie de mon enfance, à travers une multitude d’expériences et de rencontres de témoins de Jésus-Christ.

Puis vint cette deuxième étape de l’existence, celle de l’âge du jeune homme adulte, du réactionnaire qui, avec son esprit de raison ou de déraison, au gré des âges de la première jeunesse est peu enclin au plan divin qui se présente  à lui. Nous ne sommes que trop souvent entraînés à suivre et à vivre des expériences dans l’esprit du temps et les désirs de ce monde bien matérialiste, éphémère, sans Dieu au milieu de nos vies ; y défigurant le message évangélique et nous faisant perdre de vue, le projet de Dieu pour notre vie.

Puis, il y a l’âge de l’adulte, l’âge de la raison ou de la somme des expériences, des bilans de mi-parcours, cet homme nommé Francis qui est maintenant disponible à recevoir, redécouvrir, comprendre et accepter par la grâce de l’Esprit Saint, les dons nécessaires pour enfin lâcher prise à l’esprit de ce monde, pour enfin accepter Dieu dans sa vie, suite à un discernement sérieux et réfléchi dans ses joies, ses mystères, ses responsabilités, ses souffrances, mais surtout par l’amour pour notre prochain qui est présence créatrice de Dieu. Cette union que tout chrétien approfondit à travers des rencontres ou dans les sacrements de sa foi, se réalisant dans la confiance et la joie dans son Église vivante et toujours renouvelée par son Esprit Saint.

Ce renouvellement, cette nouvelle joie pascale dans ma vie, qui est le résultat de cette union intime, aimante, presque envahissante et absolue avec celui qui Est, l’amour même. Alors comment refuser ce baptême renouvelé aux sources jaillissantes afin d’y puiser les forces et consolations nécessaires à cette union mystique avec mon Créateur. Je suis rempli de louange devant la divine providence, qui établit sur nos routes des groupes de femmes et d’hommes chrétiens qui sont remplis de bonne volonté, en recherche constante ou dans un élan de partage comme furent de tout temps, les missionnaires de la Bonne Nouvelle. Et cela sous l’égide et la protection de notre Église catholique et de son digne représentant, le pape Benoît.

Mais aussi par la création de regroupement telles des Fraternités de laïcs sous le patronage de saint Ignace de Loyola et de notre bonne Mère du ciel, la bienheureuse Vierge Marie. Pour moi, la Fraternité Foi et Vie de mon quartier, au nom évocateur de Notre - Dame - de - la - Joie est un pur bonheur de la sainte présence de Dieu. Cette nouvelle évangélisation qui fut inspirée par un noble esprit, le bon Père Ludger  Brien, S.J., à qui Dieu a procuré une âme d’exception afin d’aider à notre salut, en ce temps présent, pour la plus grande gloire de Dieu.

Je constate avec les années et les chemins empruntés au cours de ma vie, que tout fut voulu, désiré et rendu nécessaire par le Tout-Puissant, afin de me sanctifier dans l’objectif ultime et préétabli de me préparer à cette rencontre avec notre Créateur, trois fois saint, Père, Fils et le Saint-Esprit, qui ne sont qu’amour, miséricorde et charité. Dieu étant l’alpha et l’oméga de toute vie, de toute création. Nous sommes créés d’amour, fait pour l’amour et nous y sommes conviés à retourner à cette source d’amour inconditionnel et absolu au moment de notre mort, qui est source d’espoir et d’espérance pour nous chrétiens car les joies de l’éternité s’accompliront et notre foi sera  récompensée.

La quatrième étape est celle de notre prise de conscience que nous ne sommes ici-bas qu’en voyage, une forme de grand pèlerinage en ce monde et que notre temps est précieux, que la vie a pour but de rendre témoignage de la grandeur de Dieu pour le salut du monde. Et cela en devenant, nous-mêmes des témoins vivants de la parole de Dieu, tels des missionnaires de la Bonne Nouvelle, des apôtres de la nouvelle évangélisation, qui amènent à Dieu tous ses enfants dispersés, perdus ou ne le connaissant simplement pas ou mal, et qui ne souhaitent que trouver ou retrouver un sens véritable et des assises solides à leur édification et sanctification spirituelle, de par un projet de vie constructif et durable, étant réalisé en étroite collaboration avec le plan divin que Dieu nous réserve.

Car Dieu est là, toujours et partout. Il nous attend tout simplement, afin de nous accueillir fraternellement à sa table, comme le sont les Fraternités Foi et Vie.
 


(Francis STANLEY)

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D'autres témoignages
  • De tout mon cœur ! - Professeure de féminisme chrétien dans un collège universitaire de Tokyo, Setsuko s’emploie notamment à améliorer les relations chez les couples et les familles.
 
Source
    http://www.leunis.org/cg/famillemc_temoignages.htm

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