« Vous êtes le corps du Christ, ... | ... et chacun pour sa part » (1 Co 12, 27) |
 | Hélène répond ici à quelques
questions sur sa mission de consacrée au sein du corps du Christ. Hélène a 30 ans. Elle chemine dans la Société du
Christ Seigneur
depuis 5 ans. |
En tant que consacrée, que crois-tu pouvoir offrir au monde d'aujourd'hui ?
« Oui, la vie s'est manifestée, nous l'avons contemplée, et nous portons témoignage. [...] Ce que nous avons entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi. » (1 Jn 1, 2.3).
Pour moi, cette phrase résume bien ce qu'une personne ayant
consacré sa vie à l'Amour, peut offrir de plus
précieux au monde. Être pour les autres celle qui a
expérimenté la vérité de l'Amour, de ses
enseignements et commandements, le bonheur d'une vie à la suite
du Christ et d'un coeur comblé par une relation personnelle avec
le Seigneur. Bref, être un témoin de la joie de vivre en
enfant de Dieu. En tant que consacrée, j'offre aussi au
monde le témoignage de la disponibilité, de la
gratuité et de l'accueil, qui sont des denrées
plutôt rares dans notre société. En tant que membre
d'une communauté, ma vie
fraternelle peut aussi être signe de joyeuse communion, dans un
monde souvent marqué par l'individualisme et la division. Peux-tu nous partager une décision
importante que as-tu prise par rapport à la façon dont tu désires vivre ta vocation ? Quels obstacles as-tu
rencontrés et quelles grâces as-tu reçues ?
Pour moi, la plus grande décision que j'ai prise est celle de m'engager, puis celle de rester fidèle et cohérente avec ce choix, qui est une réponse à l'appel du Seigneur. Au
début de mon cheminement dans la vie consacrée, je me
suis rapidement rendue compte à quel point j'étais
blessée par la société de désengagement
dans laquelle nous vivons. À cause de mes difficultés
à vivre certaines dimensions de ma vocation, j'avais peur de me
tromper, peur de ne pas être assez protégée pour
vivre ma consécration, peur d'être un obstacle au
rayonnement de ma communauté,
peur des renoncements qu'exigent la chasteté, la pauvreté
et l'obéissance, en doutant de la joie et du bonheur auxquels
peut me mener ce chemin... Peur enfin du choix définitif. Cependant,
dans la prière, le Seigneur m'apaisait par des lumières
et des grâces beaucoup plus fortes que mes craintes. Il
enracinait ma foi et mon espérance en lui, et surtout, il faisait
grandir mon amour pour lui et pour les âmes. Au fil du quotidien,
combien de fois j'ai goûté une joie profonde, toujours
nouvelle, de percevoir que la Seigneurie du Christ se répandait dans
les coeurs. Mon désir se faisait alors ardent de consacrer ma
vie à son avènement. Très souvent aussi, une
action de grâce pour ma communauté
montait en moi, devant la valeur de ses membres et la pertinence des moyens
qu'elle propose pour croître dans notre relation avec le Seigneur et collaborer à son oeuvre. Au terme de mes trois ans
de probation, lorsque ma demande de consécration a
été accueillie au nom de l'Église, par la
Responsable de ma communauté,
j'ai senti une très grande force dans ma décision :
l'assurance de faire la volonté de Dieu. Cette force me permet
maintenant d'avancer résolument, avec la grâce, sur le
chemin de la vie consacrée.
Chacun, à sa façon, est appelé à être visage du Christ. Quelle est ta manière propre de le refléter ?
Dans les Constitutions de mon Institut, il y a une phrase qui résume bien le visage du Christ que j'ai le plus à coeur de refléter : « Témoigner de l'amour de Dieu pour les hommes et aider les hommes à accueillir cet amour ». Au quotidien, j'aime penser que je n'ai rien de mieux à faire qu'aimer ! Comment
puis-je manifester de l'amour aux personnes ? Lorsque je prie un
passage de l'Évangile, je demande à Jésus de me
révéler les sentiments qui l'habitent alors qu'il
s'entretient avec telle personne ou lorsqu'il est témoin de
telle situation. Puis, je lui demande la grâce d'unir mon coeur
au sien pour pouvoir exprimer son amour, par la qualité de ma
présence, par mon regard et mon sourire, à ceux
et celles qu'il met sur ma route. Une autre façon d'aimer
est de rechercher le meilleur pour l'autre, ce qui l'aidera le plus
à accueillir l'Amour dans sa vie ou y reconnaître sa
présence. Alors, je suis un peu comme un guide touristique,
aidant les voyageurs de cette vie à ne pas passer à
côté de la plus grande merveille de leur périple
sur terre : l'Amour.
En tant que consacrée, quel est ton rôle personnel et unique au sein du corps du Christ ? Selon Vatican II, la mission des consacrés est de faire « comprendre la nature intime de la vocation chrétienne » et la tension de toute l'Église-Épouse vers l'unique Époux. Dans son exhortation apostolique, Sacramentum Caritatis, Benoît XVI reprend la même idée, lorsqu'il dit de la vie consacrée qu' « elle
est expression du don exclusif de l'Église au Christ, qu'elle
accueille comme son Époux avec une fidélité
radicale et féconde ». Ce rôle, l'Église compte sur moi pour le réaliser selon le charisme propre de ma communauté. Il se résume dans une petite prière enseignée par notre Fondateur, le Père Ludger Brien, S.J. : « Seigneur
Jésus, apprend-moi à tout faire avec calme, avec soin,
avec joie, par amour, en union avec Marie, ta Mère et la mienne
». Vivre vraiment cette petite prière m'assure d'être
en constante union avec le Seigneur, d'entrer dans son Alliance. Le
bonheur de vivre cette Alliance invitera les autres chrétiens,
j'espère, à ouvrir leur coeur et leur vie au Seigneur, qui
désire vivre en union intime avec eux. C'est ainsi que chaque
baptisé pourra vraiment dire avec saint Paul : « Ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20) et que nous ne formerons qu' « un seul corps » (1 Co 12, 20).
Concrètement,
comment ta mission au sein du corps du Christ rayonne-t-elle dans le
monde, dans ton milieu de travail et dans la société
en général ? En
tant que laïque consacrée, je vis, comme tout le monde, dans un logement loué. Je fais
l'épicerie, je prends le métro, je visite famille et amis,
etc. C'est par le témoignage de l'être
que je cherche à répandre l'amour du Seigneur dans la
société en général et, en particulier,
auprès des personnes avec lesquelles j'entre en contact. Par
exemple, en souriant et montrant de la compréhension envers une
caissière fatiguée ou, lors d'une conversation, en
cherchant à entraîner une personne sur un plan plus profond ou
spirituel. Au Centre Leunis, maison de ressourcement où je travaille, je cherche à favoriser le recueillement en m'appliquant à vivre la petite prière
dans toutes mes tâches. Par exemple, le fait que le repas soit
bien présenté et prêt à temps, les chambres
propres et accueillantes, etc., aide les retraitants à demeurer en
présence du Seigneur, et leur témoigne qu'ils ont du prix
à ses yeux. J'étends aussi mon action dans le monde en aidant les jeunes adultes du groupe de cheminement que j'anime, et ceux que j'accompagne spirituellement,
à devenir de meilleurs humains, des chrétiens rayonnants
et engagés dans leurs milieux de vie et dans l'Église.
Eux-même aideront d'autres personnes et ainsi de suite...
~oOo~
La conversion par Internet
| Qui n'a pas entendu parler de la conversion de Saul de Tarse,
saisi par le Seigneur Jésus, alors qu'il se rendait à Damas pour
arrêter et emprisonner les adeptes du Christ ? Ou encore celle d'Iñigo
de Loyola, militaire terrassé par un boulet de canon et qui, dans sa
longue convalescence, fut séduit par le Christ en lisant sa vie et la
Légende dorée des saints ? Mais qui pourrait croire que « dans les
profondeurs d'Internet » (Jean-Paul II, Internet : un nouveau carrefour
pour l'annonce de l'Évangile, 24 janvier 2002), une conversion causée
par la rencontre du Seigneur ressuscité puisse s'opérer ? David, 25
ans, témoigne pour nous de la grâce reçue. |
Sous l'emprise du dieu Richesse
Depuis
l'âge de douze ans, où il commence à travailler pour s'acheter un
scooter, la vie de David est conditionnée par la passion de
l'argent. Dans son esprit, richesse = autonomie, bonheur,
réussite. Son ambition : être riche et bien vu, être hot, avoir
une maison, un chalet, un quatre roues... avoir du prestige, être
indépendant. À quinze ans, il travaille chez un marchand de fruits
et légumes et peut ainsi se procurer ce que tant d'ados prisent... « J'étais toujours à la mode, et populaire. Mais, peu à peu, j'ai commencé à délaisser la prière et la pratique religieuse. » Puis, il entreprend ses études en marketing, « pour faire beaucoup d'argent, bien entendu ! Peu importait ce que je faisais pourvu que cela paye ! » Chaque
semaine, il consacre une quarantaine d'heures à ses cours et quarante
autres au travail. Les femmes prennent de plus en plus de place
dans sa vie. À la fin de ses études, il est déjà propriétaire
d'une belle maison !
Une brèche ouverte
Un
accident de moto l'arrête et l'immobilise en août 2001. Au cours de
cette épreuve, il connaît de longues périodes de solitude, et les
graves blessures de sa jambe gauche le laissent désemparé. Un soir
qu'il était ainsi en proie au découragement, il est réconforté
intérieurement par une parole : « Garde ta foi, David !
» Cette pensée l'apaise mais reste malheureusement sans
lendemain.n vendredi soir d'octobre 2002, alors qu'il fête avec des
amis, l'un
d'eux propose une séance d'occultisme. David hésite, car il
connaît les
influences néfastes de ces jeux diaboliques. Pour tenter de
dissuader
son copain, il lui propose de visiter un site au nom de la bête
: Satan. À l'ordinateur, il clique au hasard sur un titre,
sans
réaliser qu'il s'agit d'un réseau biblique.
Ils commencent à
lire. Au début, il est bien question de Satan, mais peu à peu, c'est
Jésus Sauveur qui est présenté. L'ami de David perd vite son intérêt,
mais ce dernier, laissé seul devant l'écran, poursuit sa lecture,
malgré une forte incitation intérieure à quitter le site. Puis,
apparaît à l'écran le message suivant : « Jésus
vous aime. Voulez-vous rencontrer Jésus-Christ ? Si vous le
voulez, mettez-vous à genoux et récitez cette prière... » David
est touché, mais ne le montre surtout pas et n'en dit mot à ses amis.
Il imprime furtivement le texte de la prière (cf. encadré ci-contre) et
l'apporte chez lui.
Des ténèbres à la Lumière | Cher Jésus, je suis un pécheur. Je crois que tu es le Fils de Dieu, que tu es mort pour mes péchés sur la croix.
Pardonne-moi
tous mes péchés, Jésus, je les regrette. Je te demande d'avoir pitié de
moi, pécheur, et je te demande de venir dans ma vie.
Donne-moi
ton Esprit et ta force. Aide-moi à obéir à tes commandements et à vivre
pour toi. Jésus, je te donne ma vie, merci d'entendre ma prière, merci
de venir dans ma vie.
Père, je te le demande par le Nom de mon Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ.
Amen.
|
| De retour à la maison, David reprend la prière et, suivant le conseil qui l'accompagne : « Ne faites pas que réciter cette prière, mais dites-la de tout votre cœur », il s'agenouille et prie intensément.
Une
fois couché, il est content d'avoir pu dire sincèrement cette prière et
en remercie le Seigneur. Il se sent alors envahi d'une Présence et
des sentiments nouveaux montent en lui. Il lui semble entendre
Jésus parler à son cœur et ouvrir ses yeux à la Lumière.
« Ton
problème avec l'argent, David, ta crainte d'avoir à dépendre de qui ou
de quoi que ce soit, ton besoin d'indépendance, je t'en dégage. Te
rends-tu compte que tu es déjà riche ? Des milliards d'êtres
en ce monde n'ont pas de quoi manger ? ni d'eau potable à boire ? ...
» Comprenant que le Seigneur veut le guérir de son esprit
matérialiste, de sa maladive ambition de vouloir toujours plus de
richesses, David fond en larmes. Puis, de nouveau, Jésus fait la
lumière en lui : « Te rends-tu compte que je t'ai tout donné : ce que tu es, ce que tu possèdes, et Line, ton épouse ? » Dans l'action de grâces, David sent que le Seigneur efface de sa mémoire les images pornographiques qui le souillent.
À l'école de la Parole
Il
se sent invité à lire la Bible pour trouver réponse à « sa question
». En effet, depuis longtemps, il se demandait quelle était la
vraie religion. « J'avais déjà
longuement réfléchi à ce sujet, échangé avec des jeunes de diverses
confessions, sans avoir la certitude que la religion catholique était
bien celle à adopter. »
David entreprend de lire les
quatre Évangiles. Il plonge dans celui de Jean, puis de Matthieu,
de Marc et finit par celui de Luc. Sa réponse, il la trouve dans
le passage synthèse de saint Luc (Lc 16, 16-18).
Il y découvre que Jésus achève l'ancienne Alliance (religion juive) ;
qu'il inaugure la loi nouvelle du Royaume de Dieu (religion catholique)
et affirme que pas un « i » ne passera de cette loi. Enfin, le
dernier verset, sur l'adultère, David le reçoit en plein cœur : « celui qui répudie sa femme » — pour lui : celui qui répudie sa religion — est adultère » ! « J'avais
enfin ma réponse ! Et c'était très clair... Jésus voulait que je
vive ma religion catholique et que je m'insère, ici, dans son Église. »
De pécheur à disciple
Un
dimanche, alors qu'il se trouvait à la messe avec son épouse et ses
parents, il ose à peine chanter et proclamer ainsi sa foi en
Jésus. De nouveau, il reçoit une lumière intérieure : « David, tu
me connais, tu sais que je suis dans l'hostie et pourtant tu as honte
de chanter par crainte de ce que les gens vont penser de toi. » Il
revoit alors son passé : que de fautes commises à cause du respect
humain. Il réalise que seule l'opinion de Dieu
compte. Soulagé d'un immense fardeau, il renonce à se préoccuper
de l'opinion
des autres. Au moment de la consécration, deux suggestions
s'opposent, dans son esprit : « Vas-y, mets-toi à genoux, proclame ta
foi » et « De quoi auras-tu l'air ? » (il s'agissait d'une messe en plein
air, sur un terrain asphalté et tout le monde était assis). « Je
m'agenouille enfin, remerciant le Seigneur, pleurant d'amour et de
joie. Mon épouse s'agenouille à son tour. Après la messe,
sur la route du retour à la maison, pris d'émotion, nous nous arrêtons
au bord du chemin pour pleurer. »
Témoin d'espérance
Bientôt,
la mission de David va se préciser... celle d'être témoin de
Jésus. Avec un groupe de jeunes de l'après-JMJ, il participe à un
jeu spirituel pendant lequel il reçoit ce billet : « Tu es entre les
mains de l'Enfant-Jésus... tu passeras tes courses à faire du bien aux
démunis... Tu seras messager d'espérance... ».
L'animateur demande qui veut communiquer aux autres
le contenu de son billet. Dans le cœur de David, un grand combat
fait rage : « Lis ton billet » et « N'en fais rien car si tu le lis, tu vas
te mettre à pleurer devant tout le monde
». David choisit de lire
le billet reçu et, effectivement, ses larmes se mettent à
couler. On l'invite à livrer son témoignage, ce qu'il
fait. C'est le
début d'une nouvelle vie. Son premier témoignage sera suivi de
plusieurs autres à divers groupes de jeunes, à des détenus...
Il est le Maître, il est Seigneur !
David
est l'un de ces graciés de l'Amour rejoints par le moyen
d'Internet. Dans sa miséricorde, le Seigneur ne désire que nous
combler, mais chacun reste libre d'accueillir ou de repousser cet
amour. Pour sa part, David l'a bien compris. | Internet fait
apparaître des milliards d'images sur des millions d'écrans
d'ordinateurs partout dans le monde. De cette galaxie d'image et
de son, le visage du Christ ressortira-t-il et la voix du Christ
sera-t-elle entendue ? Car ce n'est que lorsque son visage sera
contemplé et sa voix entendue que le monde connaîtra la bonne nouvelle
de notre rédemption. Tel est le but de l'évangélisation. (Jean-Paul II, Internet, un nouveau carrefour pour l'annonce de
l'Évangile, no 6) |
|
Peu
de temps après sa conversion, une nuit, David rêve que le Seigneur lui
demande de le regarder. Il s'éveille et, voyant l'image de la
Sainte-Face de Jésus qui orne sa chambre, il prie, de son lit. Après
une demi-heure de présence au Seigneur, il se rendort. Le
lendemain matin, une prière monte en lui comme un flot de
lumière. David l'écrit, en l'attribuant à l'Esprit Saint. En
effet, dit-il, « de toute ma vie je n'ai jamais rédigé une seule prière ! » En voici le texte :
Je ne veux que t'aimer Je t'ai créé libre, à mon image. Je ne veux pas t'obliger à m'aimer, mais de mon amour, tu vis. Attendras-tu d'être au bout du rouleau, dans les ténèbres jusqu'au cou, avec l'alcool, la drogue ou l'argent, comme seules sources de bonheur ? Ce n'est pas ce que je veux. Ce que je veux, moi, c'est t'aimer. N'attends pas d'être rendu là! Tu dois m'ouvrir ton cœur, toi seul peux le faire... Toi seul es maître de ton cœur. Plusieurs fois, j'ai frappé à la porte de ton cœur, mais toi, tu n'étais pas prêt à m'ouvrir. Plusieurs fois, j'ai essayé de t'aimer, mais toi, tu m'as repoussé. Aujourd'hui, me laisseras-tu entrer ? Je brûle d'envie de t'aimer ! Peu importe toutes tes révoltes, peu importe qui tu es aux yeux des hommes, quels péchés tu as commis... Si tu m'en demandes pardon, je te pardonnerai. Tu dois savoir que personne n'est digne de recevoir mon amour. Je le donne à qui le veut, à qui le demande. Si quelqu'un te juge, c'est qu'il ne m'a pas rencontré. Moi, je connais ton cœur, ton passé, tes blessures. Aujourd'hui, c'est le temps de changer. Laisse-moi entrer, faire le ménage, guérir tes blessures, ouvrir les yeux de ton cœur, et tu verras comme je t'aime ! Tu ne seras plus jamais seul, je te remplirai de mon amour. Tu changeras de vie, tu feras la paix avec ton passé. Tu verras combien mon amour est fidèle, pas comme celui des hommes ! Tu verras combien mon amour est loyal et vrai, pas comme celui des hommes ! Tu découvriras que mon amour est éternel. Et si, en retour, tu veux m'aimer : aime ton prochain comme toi-même, pardonne à ceux qui t'offensent, aime ceux qui ne sont pas aimés, aide ceux qui ont besoin de toi. Quand tu donnes, c'est à moi que tu donnes. Tu verras, c'est facile, je te guiderai. Avec moi, tu seras gagnant, jamais perdant, je te donnerai mille fois plus qu'espéré. Mais, d'abord, tu le sais, c'est à toi de choisir. Tu n'es pas obligé d'attendre de souffrir pour m'offrir ton cœur. Fais-le donc, maintenant, n'attends plus, je brûle d'envie de t'aimer ! |
(Diane CHAGNON, Signes
vol. 39,
no 1, pp. 11-16)
~oOo~
Mission Nazareth
 | De juin 2006 à juin 2007, j'ai vécu une expérience d'immersion dans un
Institut de vie consacrée. J'avais pour but de mieux comprendre ce que
pouvait signifier donner sa vie à Dieu pour toujours, se consacrer à
Lui. Voici le bilan de mon année à « Nazareth ». |
Un appel insistant
D'abord, pourquoi ai-je accepté de participer au projet Mission Nazareth
? Depuis toujours, le Seigneur m'appelle... Il y a quelques
années, j'ai tendu l'oreille à une ènième
invitation... Doucement, patiemment, Il m'a attirée vers Lui, a
fait naître dans mon cœur le désir de Le
connaître et chercher le projet d'amour qu'Il a pour moi.
Jusqu'alors, j'avais mené ma barque sans Lui et... sans trop de
succès. À 35 ans, je pouvais dire que j'avais eu
une existence riche en expériences mais vide de sens. J'avais
goûté à tous les plaisirs de la vie, mais je me
sentais si vide à l'intérieur... J'éprouvais un
besoin urgent de sortir de moi-même, de me donner à une
cause... J'ai toujours ressenti un attrait pour les exclus : sans-abri,
déficients intellectuels, marginaux, mais je me sentais si
impuissante et la peur du rejet m'empêchait de faire des pas vers
eux. Je ne connaissais pas encore l'arme la plus puissante qui soit (et
gratuite en plus !) : l'AMOUR.
Un rendez-vous d'amour... transformant
Ma première expérience des Exercices spirituels
de saint Ignace a été déterminante dans mon
cheminement de foi. Cette retraite fut l'occasion d'une
véritable rencontre personnelle avec le Seigneur, qui m'a fait
la grâce de goûter son amour, sa tendresse, sa
miséricorde... Je me sentais alors invitée à un
premier pas, qui consistait à me libérer de biens
matériels qui encombraient mon existence. J'avais tant de joie
à me départir de mes biens ! J'avais un réel
désir de tout ramener à l'essentiel. Je me disais
même : « Je serais heureuse d'habiter une chambre aussi petite que celle de ma retraite de huit jours.
» Serait-ce une invitation du Seigneur à la vie
consacrée ? Cette idée me faisait sourire et trembler
à la fois. Je la gardai donc dans un tiroir de ma
mémoire, bien enfouie.
Un attrait qui se précise
Après
cette fameuse retraite, je me sentais portée par l'Esprit Saint
à de grands dépassements. Je me suis engagée dans
ma paroisse à l'enseignement de la catéchèse aux
enfants ; j'étais plus attentive aux souffrances et besoins des
gens qui m'entourent et je m'ouvrais comme une fleur au soleil ! Mon
travail dans le domaine médical ne me satisfaisait plus.
J'aurais voulu faire du bénévolat à temps plein,
m'engager davantage en Église... Je voulais répondre
à l'amour de Dieu en faisant du bien autour de moi, bien
simplement...
Et hop, on saute !
Je
me sentais de plus en plus interpellée par la vie
consacrée, mais je n'avais aucune idée de ce que
signifiait donner sa vie à Dieu... Et voilà qu'au Centre
Leunis où je cheminais depuis deux ans, on m'offre de vivre Mission Nazareth
justement pour en faire l'expérience concrète en
partageant le quotidien et l'apostolat d'une famille de laïcs
consacrés. Les circonstances du moment étant favorables,
je me suis lancée dans cette aventure pour une année. Il
m'aura fallu quelques mois d'adaptation à cette nouvelle
discipline de vie pour en goûter toute la saveur. Ce qui m'a
aidée dans les moments difficiles, c'est bien sûr
l'accompagnement spirituel, mais aussi le sentiment profond
d'être aimée par les membres de la communauté et
soutenue par leurs prières. J'ai senti le Seigneur tellement
présent dans chaque personne qui, au quotidien, avec patience et
délicatesse, m'a accueillie, souri, encouragée,
écoutée... L'enseignement le plus précieux, je
l'ai reçu en regardant ces gens vivre avec le souci de mettre
l'Évangile et la petite prière du Père Ludger Brien, S.J. au
cœur de leur vie.
Toute une expérience !
Je
rends grâce au Seigneur pour cette expérience de vie qui
fut exigeante, mais combien comblante ! À travers la formation
reçue, j'ai appris à mieux me connaître et à
discerner ce qui me rapproche ou m'éloigne de Dieu. J'ai
découvert les renoncements auxquels j'étais
appelée si je voulais donner au Seigneur la place qui Lui
revient dans ma vie, etc... J'ai aussi vécu de très beaux moments en Église : Semaine sainte, Procession de la Fête-Dieu, Montée Jeunesse 2007, Pèlerinage ignatien.
Ces occasions de rassemblements chrétiens ont grandement
fortifié ma foi, en plus d'être l'occasion de rencontres
extraordinaires !
Du temps pour discerner
Au
terme de mon année de discernement, j'avais bien
progressé, mais je ne me sentais pas du tout prête
à faire un choix. J'avais remis ma profession entre les mains du
Seigneur, me sentant appelée à servir dans
l'Église. Je sentais le besoin d'être encadrée pour
persévérer dans ma vie de prière et je
désirais explorer d'autres vocations religieuses... Il ne me restait qu'une chose à faire pour démêler tout cela : une retraite des Exercices
pour livrer à Dieu tous mes désirs, mes rêves, mes
peurs et Lui demander ce qu'Il attend de moi pour la suite. Durant ces
huit jours, Il m'a ouvert délicatement les yeux pour me faire
voir qu'Il me voulait là où j'avais fait mon année de discernement, c'est-à-dire dans la Société du Christ Seigneur !
En avant !
J'ai
répondu oui à son appel, confiante qu'Il me donnera les
grâces dont j'aurai besoin pour bien vivre cet engagement de don
total au service de l'Église, pour sa plus grande Gloire et le
salut des âmes. La grande aventure est commencée. Que la
Vierge Marie me soit en aide !
(Brigitte MASSICOTTE, Signes
vol. 43,
no 3, pp. 169-172)
~oOo~
D'autres
témoignages
- De tout mon cœur ! - Professeure
de
féminisme chrétien dans un collège universitaire
de Tokyo, Setsuko
s’emploie notamment à améliorer les relations chez les
couples et les
familles.
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