Signes






vol. 51, no 3
avril - juin 2016


 
liminaire
En lien avec cet article : Dicernement spirituel

Diane POIRIER
(Article paru dans la revue Signes, vol. 51, no 3)
   
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Le piège du silence
  
Yves RACICOT
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 51, no 3)
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Amoureux du Christ

Hélène CAMPEAU
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 51, no 3)
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Miséricordieux comme le Père
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 51, no 3)
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Le Sacré-Coeur, océan de bonté
    
Ludger BRIEN, S.J.
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 51, no 3)
   
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La musique d'orgue au service de la liturgie
Supplément à cet article

Benoît Marineau

Quel est le rôle de l'organiste ? Pourquoi est-il important qu'il y ait des organistes dans les églises ?

Quelqu'un me demandait l'autre jour : « Pourriez-vous me dire pourquoi il y a un miroir à l'orgue ? » J'ai répondu : « Parce qu'il faut que je voie tout ce qui se passe à l'avant. C'est moi, en définitive, qui décide quand la messe va commencer. C'est moi qui décide quand, tout à coup, je vais intervenir pour introduire le psaume, l'acclamation à l'Évangile, l'offertoire. Je ne joue pas un solo : j'accompagne un rite, j'accompagne un moment. Je dois être continuellement collé à l'action qui se passe en bas. L'organiste idéal, c'est celui qui s'implique, qui s'intéresse à la liturgie.
»

Je suis allé quelque part remplacer l'organiste pour des funérailles. L'animateur de liturgie chante les funérailles. C'est un chanteur professionnel, très belle voix, un garçon qui a étudié le chant. Son répertoire ne convient absolument pas ! Je lui ai dit : « Est-ce que tu aimerais ça, si je reviens remplacer un jour, que je t'apporte du répertoire ? Aimerais-tu que je fasse le programme, la prochaine fois ? » - « Ah oui ! », a-t-il répondu. Il y a donc de l'espoir avec lui !


Hélène Dugal

Pendant combien de temps avez-vous vécu en Europe ?

En 1972, après avoir terminé mes études au Conservatoire de musique de Montréal, j'ai passé une année académique en Suisse pour étudier l'orgue au conservatoire de musique de Genève. Quelques années plus tard, en 1977, j'ai vécu une année et demie à Paris.

Vous donniez des concerts ?

Oui, bien sûr. Déjà au début des années 1970 pendant mes études à Montréal, je voyageais tous les ans pour participer à des académies d'été en Europe. J'ai bénéficié de classes de maîtres avec Anton Heiler (Autriche), Michel Chapuis (France) et Luigi Ferdinando Tagliavini (Italie). En 1974, j'avais obtenu des autorisations pour visiter et jouer plusieurs instruments historiques à Paris et dans le Sud de la France. Durant mon année parisienne (1977-1978), j'ai joué beaucoup en concert, notamment en Belgique, en Autriche, en Suisse, en Allemagne et en France. Quand on est basé en Europe, c'est tellement plus facile de jouer ! C'était la période de ma vingtaine, c'était l'époque où je pensais surtout à me tailler une carrière de concertiste.

Vous avez joué en beaucoup d'endroits. Où avez-vous aimé le plus jouer ?

Il est difficile de répondre à une telle question, parce que l'orgue est un instrument multiforme et qu'il y en a un grand nombre de styles différents, tous plus magnifiques les uns que les autres. L'histoire de l'orgue s'inscrit dans la culture de pays divers, et à diverses époques.

À titre d'exemple, je dirais qu'un orgue français du XVIIIe siècle ne parle pas du tout comme un orgue allemand de la même époque. Je dis parle parce que la musique est un langage et que l'instrument de musique parle le langage de la musique. Grosso modo, on peut dire que les timbres de l'orgue classique français sont très colorés, les tailles des tuyaux assez larges : ce sont des orgues conçus pour servir les grands mélanges bien ronds à la française et surtout les mélodies accompagnées qui pullulent dans la musique française ; tandis que les instruments allemands sont plus incisifs : les tailles des tuyaux sont plus étroites, les sonorités plus pointues. Ils sont structurés de manière à servir la musique polyphonique allemande. Même du point de vue visuel, le buffet d'un orgue italien, par exemple, diffère de l'allure du buffet qui contient un orgue espagnol ou un orgue allemand. Quand on est un peu aguerri à ces questions, on peut reconnaître dans bien des cas le style d'un orgue historique par l'allure générale de son buffet et la disposition particulière des tuyaux de façade.

Pour tenter de répondre à votre question, je peux tout de même dire que j'ai eu un immense plaisir à jouer les instruments flamands du XVIIIe siècle et surtout celui de Saint-Bavon, à Haarlem, aux Pays-Bas. En Hollande, les instruments sont extraordinairement somptueux ; la raison en est que ce ne sont pas les églises qui paient pour les orgues, là-bas, ce sont les municipalités. Avec plus de moyens, donc, on peut y mettre plus de claviers, plus de jeux, plus d'éléments décoratifs magnifiques !

J'ai aussi éprouvé beaucoup de plaisir à jouer quelques instruments au Danemark. Là-bas, ce sont surtout des instruments modernes que j'ai eu l'occasion de toucher, notamment du grand facteur d'orgues Marcussen. Quant aux orgues français de facture classique, ils m'émeuvent aux larmes encore maintenant avec leurs cornets enchanteurs, leurs grands mélanges de jeux de fonds et leurs pleins-jeux majestueux. Je pense à l'orgue de Saint-Maximin-en Provence, à celui de Saint - Bertrand - de - Comminges, dans les Pyrennées, à celui de Saint-Séverin, à Paris, qui m'ont particulièrement marquée.

Je ne veux pas oublier non plus les orgues italiens et espagnols qui m'ont séduite au plus haut point, et plus particulièrement celui de Tolède, en Espagne, avec ses trompettes en chamade éclatantes. J'ai par ailleurs vécu une expérience musicale très forte et inoubliable quand, au grand orgue romantique de l'église Saint-Sernin de Toulouse, en France, j'ai eu le privilège de jouer en concert des oeuvres de César Franck. C'est seulement quand j'ai entendu les sonorités larges et suaves des grands choeurs d'anches de cet orgue que j'ai compris comment il fallait interpréter cette musique romantique. C'est souvent comme ça : c'est l'instrument lui-même qui vous enseigne comment jouer les musiques pour lesquelles il a été fait !


P
ierre Grandmaison


Comment les enfants réagissent-ils à la musique d'orgue ?

Moi, je n'ai pas d'
enfants. Je ne suis pas marié, mais je me sens proche des enfants. Le secret pour se mettre à leur niveau, c'est de devenir enfant avec eux. C'est-à-dire qu'il faut perdre son sentiment d'adulte et s'émerveiller avec eux. Cela signifie aussi savoir remarquer le côté cocasse des situations.

Je peux vous raconter une anecdote : Une de mes nièces - qui est maintenant
mariée et a elle-même trois enfants - avait 4 ou 5 ans à l'époque. Elle était venue me voir jouer, à la  Basilique Notre-Dame. J'étais en pleine exécution de la Toccata et fugue en ré mineur de Bach, quand ma petite nièce est venue juste à côté de moi. Tout à coup, elle s'est mise debout sur le pédalier. Ça a fait un cafouillis dans l'église... mais c'était tellement sympathique ! C'est ça, la spontanéité d'une enfant. Elle se sentait vraiment en confiance. J'adore les enfants ! La personne humaine en général, c'est sacré. Mais un enfant, c'est le nec plus ultra de tout ce qu'il y a de plus sacré sur la terre.

Pour les profanes comme moi, il est bon de savoir comment ça se passe, dans la tête d'un musicien. En me nommant des pièces, est-ce que vous entendez la musique ?

Oui. Par exemple, le final de la symphonie Résurrection compte peut-être 500 exécutants. J'entends la globalité du son. Nous, les organistes, nous avons une « écoute globale
». Nous pouvons avoir ce qu'on appelle « une écoute horizontale », c'est-à-dire entendre toute la musique, qui est linéaire, et nous pouvons avoir aussi ‹ l'écoute harmonique », c'est-à-dire entendre la musique « verticale ». Comme je suis compositeur, quand je fais de l'orchestration - j'adore ça -, j'entends tout ce que j'ai dans ma tête. Je n'ai pas besoin d'un clavier. J'entends l'amalgame de sons que j'écris à l'orchestre. Il faut que je me convertisse à écrire à l'ordinateur ; quand j'écris, c'est toujours à la main, parce que j'ai besoin de sculpter le son.


En lien avec cet article : Prière ; Familles ; Vocations

Diane POIRIER
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 51, no 3)
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Laissons-nous irradier : c'est payant !
En lien avec cet article : Prière ; Parents ; Enfants ; Consacrés
 
Anne-Marie DUPONT
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 51, no 3)
   
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Accrochez-vous au Seigneur !
En lien avec cet article : Famille ; Couples ; Enfants ; Adolescents ; Prière
 
Léonor DA SILVA
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 51, no 3)
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