Signes






vol. 48, no 2
janvier - mars 2013


 
liminaire
En lien avec cet article : Relation personnelle avec Dieu ; Vie consacrée

Diane POIRIER
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 48, no 2)
   
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Monique VIAU
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La foi, c'est...
  
Ludger BRIEN, S.J.
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 48, no 2)
   
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Les sourires de Kateri
En lien avec cet article :  Prière

  Diane POIRIER et Christine GÉDÉON
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Regard mohawk sur Kateri
En lien avec cet article : Volonté de Dieu ; Prière ; Vocation ; Sainteté

Propos recueillis par Hélène CHAYER
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Du baptême à la vie consacrée
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In memoriam Père Bogdan Gawot, o.f.m. conv.
En lien avec cet article : Vocations ; Prière
  
Marie LEE
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 48, no 2)
   
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L'application des sens, un don de Dieu
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La « petite Sainte Vierge »

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« Heureux les artisans de paix »
En lien avec cet article : Prière


Propos recueillis par Diane POIRIER
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 48, no2)
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Complément à cet article


Le calumet de paix

À l'occasion de la Crise d'Oka, en 1990, Monsieur Quevillon, a puisé dans ses propres deniers pour faire sculpter un calumet de paix 1. En bois très léger, le calumet a été sculpté à la main, d'une seule pièce, par feu Jean-Marc Côté 2, de Thetford Mines.

La cheminée de ce calumet représente la tête d'un indien d'Amérique. De chaque côté, le calumet est couvert de sculptures représentant les Mères de clans 3. Attaché en dessous, il y a un petit réservoir en bois (de la forme d'une sorte de baril, qui a été scellé). Il contient de la terre provenant de l'endroit où il a été sculpté : à Saint - Joseph - de - Coleraine. Cela représente la Mère-Terre. Au bout, il porte une  plume de pélican 4.

Le calumet de paix n'a jamais été utilisé, car la Crise d'Oka ne s'est pas soldée par le règlement des revendications territoriales des Mohwaks de Kanesatake. Certains auraient voulu qu'il soit utilisé à d'autres occasions, mais monsieur Quevillon a refusé. Il le réserve pour le jour où son Peuple aura obtenu du gouvernement canadien une entente satisfaisante concernant ses revendications sur l'ancienne Seigneurie du Lac - des - Deux - Montagnes.

« Quand je voudrai, je le fumerai avec eux. Oui, j'ai l'espoir que ces revendications, qui n'avancent pas beaucoup en ce moment, seront satisfaites un jour. Alors, nous nous asseoirons en cercle pour fumer le calumet de paix 5 avec toutes les parties concernées. »

 
1
 
Pipe amérindienne qui est utilisée pour conclure officiellement la paix lorsqu'un conflit est réglé par des négociations.



2

Ami des autochtones, monsieur Côté a toujours travaillé pour eux.



3

Autrefois, ce sont les Mères de clans qui élisaient les chefs. Ce sont elles qui prenaient en charge tout le territoire, tous les membres de la bande (enfants et adultes), qui géraient la nourriture et prenaient les décisions. (Les hommes étant souvent à la chasse (tout l'hiver, par exemple), ce sont les Mères de clans qui s'occupaient de tout. Les Mères de clans provenaient des grandes familles, et chacune était élue par les membres de sa famille élargie (le clan) pour les représenter. Elle choisissait un symbole, qui devenait l'emblème du clan : le clan du renard, de la tortue, etc. Le clan de la tortue, dont fait partie monsieur Quevillon et soeur Marie-Laure, est aussi celui sainte Kateri Tekakwitha !



4

Un jour, pendant que Monsieur Côté travaillait sur le calumet, un pélican l'a survolé. L'oiseau a été attaqué et est tombé pas très loin. Le sculpteur est allé voir ; le pélican n'a pas tardé à mourir. Il a pris quelques-unes de ses plumes et l'a enterré, par respect pour l'animal. Une de ses plumes orne le calumet de paix. Elle représente le règne animal.



5

Lorsque les Mohawks qui négocient pour régler un conflit se rencontrent, ils sont assis en cercle, en face les uns des autres. Quand la discussion est finie, les participants se passent le calumet de paix pour y fumer à tour de rôle.

 
Propos recueillis par Diane POIRIER


Prière aux quatre directions Prière aux quatre directions
Un 17 avril, lors de la fête de Kateri à l'église d'Oka, Philippe Quevillon faisant la prière aux quatre directions, accompagné d'un autochtone Montagnais. Assis à la gauche de Mgr Gilles Cazabon, alors Évêque du diocèse de Saint-Jérôme, le Pasteur de l'Église Pentecôtiste et un aîné de l'Église Unie de Kanesatake.


La prière aux quatre directions
 
D
ire que le nord, le sud, l’est et l’ouest sont les quatre points cardinaux, pour nous, les autochtones, ça n’a pas de sens. Un point, c’est stagnant, ça ne bouge pas alors que nous
nous déplaçons, nous bougeons lorsque nous faisons ce que nous appelons la prière ou la louange au Seigneur aux quatre directions de la terre. D’abord, nous allons vers l’est. Puis nous nous déplaçons pour aller vers le sud, c’est une direction. Ainsi, nous nous di­rigeons vers les quatre coins.

L'Est, c'est pour moi le matin, la direction où le jour se lève. D’abord, il faut remercier le Créateur de nous avoir donné cette journée. Il n’était pas obligé de nous la donner. Par un cadeau, un don gratuit, il nous a donné le jour. Chaque jour est un jour nouveau « à chaque jour suffit sa peine » (Mt 6, 34).
Alors nous demandons au Seigneur la force d’accepter les imprévus, les dérangements et tout ce qui peut nous arriver. Quand j’étais jeune, je ne comprenais pas ça. Quand il arrivait des imprévus, je me fâchais parfois, et je me demandais : « Pourquoi ? ». Aujourd’hui, je ne m’interroge pas. Je me dis : « J’y vais, le Seigneur me le demande. » Parfois, je ris avec le Seigneur et je lui dis : « Là, tu veux me faire choquer ! » Je lui dis toutes sortes de choses, mais j’y vais avec joie, parce que je lui en ai demandé la grâce, le matin. Chaque jour, c’est un jour du Seigneur.

Après ça, quand je me dirige vers le Sud, je dis au Seigneur : « Je te remercie pour le beau soleil, pour la pluie que tu donnes à notre Mère la terre pour qu’elle produise la nourriture néces­saire. » Anciennement, il n’y avait pas d’argent, mais on ne manquait pas du nécessaire, parce qu’on savait le trouver dans la nature. Je remercie le Seigneur de nous avoir donné l’instinct de trouver ce qui est bon dans la nature, pour nous nourrir. Alors ça, c’est un grand remer­ciement encore.

Là, je suis rendue à l’Ouest. Le soir, quand j’étais jeune, mon père nous amusait pour que ma mère puisse travailler. Et après, il disait : « C’est l’heure de se coucher ». Alors, il s’en allait dans le coin ouest. Je lui ai demandé pourquoi. Il m’a dit : « C’est le temps de rendre compte au Grand Créateur de ma journée : si j’ai des pardons à donner, ou si j’ai des pardons à recevoir. Le soleil se couche, et il revient. Et le jour finit et l’autre va commencer. Quand le soleil se couche, ça me fait penser à la mort. Un jour, nous nous coucherons pour l’éternité. Il faut demander d’être prêt, un jour, à entrer dans la gloire du Seigneur. »

­Le Nord, c’est la saison froide, ça nous donne de la vigueur, du « pushing » pour traverser tous les événements de la vie. Et nous pensons aussi à nos ancêtres, aux cheveux blancs, à la belle neige qui tombe... Tout ça nous raffermit dans nos pensées, notre foi et nos croyances.

Et il ne faut pas oublier que nous prions pour toutes les Nations : à l'Est, la race jaune ; au Sud, la race rouge ; à l'Ouest, la race noire et au Nord, la race blanche. La prière aux quatre directions nous fait vivre les événements avec l’aide du Grand Créateur. Ça, ce sont toutes des choses que j’ai apprises dans ma spiritualité. À l’école, on ne nous enseignait pas cette spiritualité. C’est mon père qui nous l’apprenait, à la maison, et quand j’ai grandi, je l’ai fait fructifier, cette spiritualité-là.

Le cercle

Le cercle, c’est notre vie. On peut observer que les autochtones sont « circulaires » alors que les québécois sont « linéaires » ; ils font tout en ligne. Ma mère faisait son jardin en cercle. Nous, quand nous attendons l’autobus, nous sommes en cercle et nous jasons. Pour nous, la vie est un cercle. On vient au monde, on est adolescent, on re­tourne... c’est un cercle. Un proverbe amérindien dit : « Tu retournes toujours d’où tu viens. » Dans la réserve, il n’y a pas beaucoup d’emplois. Nous sommes obligés de nous émanciper pour gagner notre vie. Mais après, à l’heure de la retraite, on retourne toujours d’où l'on vient.
 

Marie-Laure SIMON, c.n.d.

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« C'est le moment, c'est vrai ! »
En lien avec cet article : Prière ; Homélie de la canonisation de Kateri
 
Propos recueillis par Hélène CHAYER
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