Signes






vol. 47, no 1
octobre - décembre 2011




Liminaire
S’élever vers Dieu
 
    
Couronement de Marie, vitrail, paroisse Notre-Dame-de-Grâce, Montréal (cf. www.eglisendg.com)
 
En août dernier, nous avons célébré la belle fête de l’Assomption. L’entrée de la Vierge Marie dans le Royaume revêt une grande importance pour chacun de nous. En effet, si Marie a rejoint son Fils, cela signifie que l’accès auprès de Dieu nous a bel et bien été ouvert par la mort et la résurrection du Christ, qu’il est possible de se tourner vers le Seigneur et de s’élever jusqu’à lui, au beau milieu de nos vies ordinaires.

Car, même si la mission de la Vierge était tout à fait unique, sa vie, à bien des égards, ressemble à nos existences : vie de famille, travail, entretien de notre domicile, jardinage, quelques loisirs, vie spirituelle, implication sociale...

Et c’est ainsi que, la plupart du temps, se forgent les saints : à même la vie ordinaire, d’abord par une croissance en maturité humaine et spirituelle (cf. p.14s) puis par l’oubli de soi (cf. p.16s) et la solidarité (cf. p.56s), par des choix éthiques et moraux responsables (cf. p.59s). Tout cela sert de préparation, proche ou lointaine, aux plus grands sacrifices.

Il y a bien des manières de donner sa vie. Le martyre en est une, bien sûr, mais le dévouement et le soutien de ceux qui souffrent en est une autre (cf. p.45s), comme aussi l’entrée dans un Institut religieux pour témoigner du Royaume en servant ses frères et soeurs (cf. p.3s et p.11s). L’important est d’être, là où Dieu nous a placés, lumière, sel, levain, chemin vers le Seigneur.

Écrire tout cela est relativement facile, le proclamer à haute voix aussi, mais le vivre, au jour le jour... C’est une autre affaire ! Se dépouiller silencieusement du « vieil homme » chaque matin, renoncer à ce que « le monde » estime légitime : confort maximal en toute chose, plaisir recherché par tous les moyens, réussite sociale à n’importe quel prix, poursuite de la renommée et des honneurs, accumulation de richesses, centrement sur ses propres besoins, ses goûts, ses désirs, ses préférences et caprices... Voilà qui devient sérieux, exigeant, voire un discret martyre, celui de la fidélité à l’esprit des Béatitudes.

Celui qui perdra sa vie à cause de moi la gardera (Mt 10, 39), a promis Jésus sur la montagne. Seulement, tout cela reste difficile, voire impossible sans la grâce. C’est ici qu’interviennent les saints, qui ont tracé pour nous des routes, nous ont fourni des moyens concrets particulièrement utiles, comme les Exercices spirituels de saint Ignace (cf. p.49s). La vie de prière n’est pas facultative à celui qui veut servir le Christ et agir en véritable disciple du Seigneur, pas plus que l’attachement à l’enseignement des Apôtres et de leurs successeurs (cf. p.53). Sans une relation personnelle nourrissante avec Jésus Christ, nul ne peut rester fidèle. Si vous ne tenez pas à moi, vous ne pourrez pas tenir (Is 7, 9), disait déjà Dieu au peuple juif. Cette affirmation est encore valable aujourd’hui.

C’est dans la mesure où chaque chrétien prendra les moyens pour rester bien attaché au Christ qu’il sera la pierre vivante (cf. p.54s) que Dieu a choisie et placée à tel endroit. Là, il sera utile et fécond, un véritable appui pour ses concitoyens.


Diane POIRIER
(Article paru dans la revue Signes, vol. 47, no 1)
   
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« Je me suis fait tout à tous » (1 Co 9, 22)


Un après-midi du début de l’hiver, Louis Legaré, missionnaire dans le Grand Nord, décide d’aller rendre visite à des Inuit, partis chasser. Prenant son véhicule tout terrain, il part en direction du campement. Sans s’en rendre compte, il dévie de sa destination. Comment va-t-il se retrouver, dans ce décor tout blanc ?

 
U
n p’tit gars de Québec

 
Dernier d’une famille de six enfants, Louis Legaré a trois soeurs et deux frères. Son père tient un modeste bureau de poste avec un petit dépanneur sur une rue assez achalandée de Québec. Nous avions une belle vie de famille parce que mon père était avec nous, son magasin étant situé là où nous vivions. Malheureusement, monsieur Legaré meurt alors que Louis a 10 ans à peine, et son frère 16. [...]

Suit, pour Louis, une jeunesse assez mouvementée. Je ne pensais pas du tout à devenir prêtre, c’est venu beaucoup plus tard. Quand il nous appelle, le bon Dieu est patient. [...]
 
Louis Legaré, o.m.i.
 
 La vie de missionnaire
 
Grand nord
 
À travers les années, il va deux fois en Amérique latine : J’ai eu de très belles expériences : deux ans en Bolivie et trois au Guatemala. Par la suite, il n’hésite pas à se porter volontaire pour aller vraiment loin, jusqu’en... Chine ! On demandait un compagnon pour un Oblat qui enseignait l’anglais en Chine. J’ai donc vécu deux ans dans ce pays. [...]
Dès son entrée chez les Oblats de Marie Immaculée, Louis Legaré se sent appelé à aller au loin. Il est attiré par la mission chez les Inuit. J’ai vécu 16 ans dans le Grand Nord, mais je n’ai pas pu rester car j’avais de la difficulté avec le climat. C’est ainsi qu’on rencontre ses propres limites. Quand même, il n’hésite pas à y retourner chaque fois qu’on a besoin de lui pour un remplacement.

Amérique latine
 
Être missionnaire dans un milieu complètement étranger comporte un certain nombre de dangers. Cela requiert, de la part de celui qui choisit de vivre ailleurs, une certaine dose d’humour et un tempérament qui sait prendre les choses avec philosophie, sans dramatiser. J’ai eu quelques aventures. [...]

Son message pour les jeunes générations : Ouvrez votre coeur à l’amour de Dieu manifesté en Jésus, et n’ayez pas peur, si le Seigneur vous appelle à sa suite dans une vocation spéciale ; répondez avec générosité. C’est ainsi qu’on peut s’épanouir véritablement. Si on répond à l’appel du Seigneur, on peut être profondément heureux, parce qu’on est fait pour ça. Mais on est libre de dire « oui » ou « non ».

Et la mission peut être ici. À mon avis, les gens qui vivent au pays sont aussi des missionnaires. Moi, j’avais de l’attrait pour aller ailleurs, ça fait partie de ma personnalité. Vous êtes autant missionnaires, peut-être plus que moi, en évangélisant ici, à Montréal. C’est parfois même plus difficile ici, parce que les gens croient savoir ce qu’on a à offrir. Ils pensent connaître le message et ils le considèrent sans intérêt. Maintenant, la mission est ici !


Propos recueillis par Diane POIRIER
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 47, no 1)
   
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Petit frère Van


J’ai grande envie de vous partager mon engouement pour un jeune saint en devenir : Marcel Van, chez nous quasi inconnu. Sa cause de béatification est en marche depuis le 26 mars 1997. C’est un ami spirituel intime de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, avec laquelle il s’entretenait fréquemment, comme si c’était la chose la plus normale et naturelle. [...]

À cette époque, le Vietnam est sous domination française après avoir été longtemps sous le joug chinois. Notre futur saint naît en 1928, à Ngam Gio, dans une famille pauvre, catholique et très pratiquante. D’après le témoignage de sa jeune soeur, qui deviendra religieuse, le petit Marcel, dès l’âge de trois ou quatre ans, proclamait à qui voulait entendre, qu’il désirait devenir un saint, et demandait à sa maman ce qu’il devait faire pour y parvenir. Elle lui expliquait patiemment qu’il était trop jeune, et qu’il devait attendre d’être plus grand pour que Jésus l’invite à devenir saint. [...]

Sa mère décide de lui assurer une éducation chrétienne solide. Cependant, l’argent manquant, elle l’envoie d’abord à une cure où, tout en enseignant la Parole de Dieu aux jeunes apprentis, on leur fait effectuer des travaux dépassant leurs forces. Résultat : Marcel est épuisé.

Sa mère opte alors pour la cure de Hunn-Bang où une bonne préparation au sacerdoce, auquel il aspire ardemment, doit lui être dispensée. Or, comme il est vraiment pieux et très bon élève, les catéchètes qui, manifestement, ont toute autorité, sont jaloux de lui et le maltraitent. [...] Il finit par être chassé de la cure avec quelques autres élèves et catéchistes. Il fonde alors une troupe de jeunes catéchistes pour combattre le mal. Suit alors pour lui une longue période de difficultés et de souffrances : inondations, famine, et puis la douleur de voir sa famille tomber dans la misère. [...]

Malgré cela, Marcel a la chance de poursuivre ses études à la paroisse Sainte - Thérèse - de - l’Enfant - Jésus, et c’est là qu’il découvre l’autobiographie de la sainte. Ce livre est une pure révélation pour lui ! La spiritualité de la petite Thérèse le rejoint profondément, si bien qu’il la choisit comme sa soeur spirituelle. De son côté, Thérèse lui parle. Elle lui apprend à prier, à devenir un saint... [...]

Il a aussi une vision de saint Alphonse de Liguori, fondateur des Rédemptoristes, mais il ne le reconnaît pas à ce moment-là. En 1944, il est reçu dans cet ordre religieux et il entre au noviciat le 17 octobre. Commencent alors ses dialogues avec Jésus, qui lui demande de noter toutes leurs conversations. Par obéissance, il écrit donc le récit de son enfance et ses colloques avec Jésus, Marie et sainte Thérèse. Quel sort enviable, ne trouvez-vous pas ?

DVD
  • Le DVD Marcel Van, apôtre caché de l’amour coûte 20 $. On peut le commander en ligne à la boutique de Télévision Sel + Lumière : www.seletlumieretv.org
  • Association des Amis de Van : www.amisdevan.org
  • On peut trouver les écrits de Marcel Van au Monastère des Rédemptoristines, à Sainte-Thérèse (Québec), où vit sa soeur Anne-Marie.


Marie LEE
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 47, no 1)
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Vers une plus grande maturité


À quel âge devient-on un adulte mûr ? Bien difficile de chiffrer exactement ! Un jeune peut se comporter d’une façon plus mature qu’un adulte réagissant comme un adolescent. Aussi, une personne peut être très mature dans son travail professionnel et, en même temps, plutôt immature affectivement.


[...] On dit d’un fruit qu’il est mûr quand sa croissance l’a amené à son plein développement. De même, la maturité est un épanouissement personnel qui s’acquiert peu à peu, comme par étapes. On progresse chaque fois qu’ayant dominé ses peurs ou ses limites, on assume son existence avec plus de réalisme. C’est à travers les difficultés de la vie qu’on forge sa personnalité. Mais il faut être patient, car un degré de maturation doit être atteint pour passer à un autre. De victoire en victoire, on en arrive à relever de plus en plus aisément les défis de l’existence. On assume ainsi davantage la pleine responsabilité de ses actes, avec une joie et une confiance vraies, réalistes, tonifiantes. [...]


Monique VIAU
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Construire l’Église


Dans le contexte des fermetures d’églises et des réaménagements pastoraux, l’homélie suivante de monsieur l’abbé Claude Fournier est propre à soutenir, éclairer et stimuler les paroissiens éprouvés. [...]


L’édifice, la bâtisse, l’église avec un petit « e », doit favoriser la vie de la communauté chrétienne. Les problèmes financiers que nous avons avec la bâtisse ne doivent pas nous faire oublier que le plus important, c’est la communauté, c’est l’Église avec un « E » majuscule. Sans négliger la bâtisse, ce qui est le plus important, le plus urgent, c’est de construire, de former une communauté vivante, responsable, accueillante et fraternelle.
 
 
Le temple de Dieu, c’est nous
 
Jésus s’est présenté comme le nouveau Temple de Dieu, le lieu de la présence de Dieu. Et saint Paul, comme on l’a vu dans la 2e lecture (1 Co 3, 9-17), a précisé que tous ceux et celles qui sont unis à Jésus forment aussi le Temple de Dieu. Il disait aux Corinthiens : Le temple de Dieu est sacré et ce temple, c’est vous (1 Co 3, 16).

En faisant de la communauté chrétienne son temple et sa maison, Dieu nous fait honneur, et il nous confie une grande responsabilité. Notre communauté doit être un signe de la présence de Dieu. Sommes-nous une maison fermée ou accueillante ? Sommes-nous une maison remplie de lumière ou sombre ? Sommes-nous un lieu de paix ou un lieu de chicanes ?

Avec Jésus, Dieu n’a pas voulu être lié à un édifice, mais à la communauté des croyants. Cette communauté est la maison de Dieu, mais une maison encore en construction. [...] Il faut d’abord bâtir sur du solide. Paul affirme que les seules fondations, c’est Jésus Christ (1 Co 3, 11). La communauté chrétienne n’est pas une simple organisation, ou un mouvement pour promouvoir la religion et la morale. Elle est d’abord le rassemblement de ceux et celles qui ont mis leur confiance en Jésus, qui veulent marcher à sa suite et vivre de son Évangile. Jésus est la base solide sur laquelle repose la communauté. [...]

Chacun, chacune, a un rôle à jouer dans la communauté, selon les dons reçus et les responsabilités qui nous ont été confiées. [...] On ne peut pas construire la communauté sans donner de son temps, sans y mettre beaucoup de patience et de respect des personnes, sans supporter les difficultés et les échecs. Il faut accepter de mettre ses ambitions personnelles de côté, d’être oublié à l’occasion, de ne pas toujours recevoir des remerciements, et même d’être  parfois critiqué. Que de services discrets et inconnus sont nécessaires pour la vie de la communauté ! Oui, ça prend tout cela pour construire solidement ! [...]

Demandons-nous : « Qu’est-ce que je peux faire pour être une pierre vivante de mon Église ? de ma communauté ? » [...]
 
clocher


Claude FOURNIER, ptre
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Mourir vite ? ou vivre sa mort ?


Un diagnostic médical bouleverse le quotidien de Louise. Douleurs et souffrances intérieures règnent en elle, jusqu’au moment où l’accompagnement, humain et spirituel, apaisent son âme. S’installent alors réconfort et confiance... qui la conduisent au 7 septembre 2010, jour du passage vers l’au-delà. Voici une histoire d’amour !

Louise
 
[...] À cause du type de cancer dont elle est atteinte, impossible de procéder à des traitements de chimiothérapie ou de radiothérapie. [...] Dès le début de son hospitalisation, elle demande à toute personne qui l’approche, (et surtout à Michèle, mon épouse) d’intervenir auprès des médecins pour qu’ils mettent fin à sa souffrance, c’est-à-dire à sa vie. [...]

Confrontés à une souffrance que nous paraissons impuissants à soulager, nos valeurs sont mises à rude épreuve. Ce sont des moments intenses, parfois sources de tensions et de déchirements intérieurs, surtout quand Louise insiste pour que l’on mette fin à ses jours. Finalement, Michèle met les choses au clair. Elle lui dit d’une façon catégorique qu’elle l’aime et ne veut pas la voir souffrir, mais que jamais elle ne se résoudra à faire cette démarche auprès des médecins, parce que c’est contre ses valeurs.

Cette prise de position ferme sur le sujet très délicat qu’est l’euthanasie devient un élément rassembleur pour toute la famille. Cela a solidifié les liens qui nous unissaient. En somme, le Seigneur s’est servi de cette situation terrible pour nous rapprocher les uns des autres, afin que l’on puisse mieux accompagner Louise dans son cheminement.

Aujourd’hui, je m’en rends compte, lorsque Louise réclamait la mort, c’était surtout un cri du coeur qui nous demandait de combler le manque d’amour et de compréhension dont elle avait souffert tout au long de sa vie.

On ne parvient pas toujours à interpréter ce genre d’appel. Si nous y avions cédé, nous aurions privé Louise de moments de bonheur vécus avec sa famille durant les derniers temps de son existence. Nous l’aurions peut-être aussi privée d’un rapprochement avec le Seigneur (car elle a vécu tout un cheminement spirituel). [...]

Je suis toujours surpris de constater combien l’amour est fort lorsqu’on aime quelqu’un. Les gens seuls et malades, comme Louise, sont vulnérables. Ni la morphine ni les techniques les plus performantes ne peuvent tout faire ; elles ne peuvent rien sans un surplus d’amour. Cet amour devient porteur d’une grande richesse intérieure et il nous conduit non pas à une résignation qui baisse les bras, mais à l’acceptation, accompagnée d’un profond sentiment de paix, tant pour la personne souffrante que pour ses proches. Cet amour, il revient à la famille tout entière de le donner, par sa présence, par son écoute, par son affection et ses prières. [...]


Yves CHAPLEAU
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Les Exercices spirituels, pour aujourd’hui ?

Saint Ignace
 
[...] Quand nous lisons l’histoire de l’Église, nous rencontrons des personnes qui ont vécu des expériences d’intimité très grande avec le Seigneur. Ces gens continuent, aujourd’hui encore, de nous inspirer dans notre recherche de Dieu. Parmi elles, saint Ignace de Loyola a vécu une rencontre exceptionnelle avec le Seigneur. Il a écrit sa propre expérience, et il l’a structurée pour la rendre utilisable par ses concitoyens.

Très tôt après leur rédaction, l’Église a approuvé les Exercices spirituels de saint Ignace, et elle a encouragé les chrétiens et chrétiennes à les vivre. Cette forme de « retraite » est connue dans le monde entier, et le petit livre des Exercices spirituels a été traduit en de multiples langues. Pourquoi ne pas profiter de l’expérience d’Ignace pour éclairer notre propre route vers le Seigneur et avec Lui ? [...]
 
Celui ou celle qui veut découvrir le véritable esprit qui conduit au Père, celui ou celle qui se demande comment identifier ce qui le détourne de ce chemin trouvera réponse à ces désirs dans les Exercices spirituels de saint Ignace. L’aide d’un guide spirituel expérimenté lui permettra d’analyser et discerner ce qui se passe en son coeur, et l’aidera à trouver comment mieux s’ajuster aux desseins de Dieu sur lui ou sur elle. [...]


Pierre CÔTÉ, S.J.
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Tous appelés à la sainteté


La paix, secret de sainteté

Dans le psaume (Ps 18, 8-10), nous avons redit plusieurs fois : Les décisions du Seigneur sont loyales et pleinement justes. Cela nous fait penser aux choeurs grecs où les choristes répétaient ainsi des sentences pour permettre à l’auditoire de s’en nourrir.  Les psaumes sont comme de grands chorals où le prophète nous fait répéter des paroles bonnes à redire. Si, dans nos moments de difficultés, nous répétions quelques-unes de ces phrases ! Aujourd’hui, nous en répétons une. Un autre jour, nous en prenons une autre. Elles nous feraient toujours du bien. Elles nous calmeraient. [...] Rien ne sert de nous agiter. Ce qui est important, dit saint Ignace, c’est de goûter, de goûter Dieu, de le goûter dans la paix. [...]


Maria Goretti

Une petite sainte est placée devant nos yeux : sainte Maria Goretti. Cette enfant était inconnue. Elle vivait dans un village à quelques milles de Rome. Elle habitait une maison très modeste. Elle accomplissait des tâches ordinaires. Elle avait 13 ans. Cette petite fille est canonisée. Le matin, quand elle s’était levée, elle ne pensait pas que le soir même elle serait une sainte. Ça s’est fait aussi vite que cela. Le matin, elle a fait son lit, un simple grabat. Elle a probablement balayé la maison et lavé la vaisselle et le soir, tout était décidé. Elle était mûre pour les autels. Qu’avait-elle fait avant cette action si courageuse de résister au mal jusqu’à la mort ? Des choses ordinaires. Mais le bon Dieu est allé la saisir là, derrière son balai, derrière son plat de vaisselle.


Et nous ?

C’est tous les jours que le bon Dieu nous interpelle devant ou derrière quelque chose. Il nous dit : Laisse. Va. Vends. Viens. Que répondons-nous ? Si nous sommes toujours là, à nous tâter le pouls, à nous examiner le blanc des yeux, à nous regarder le teint, à nous comparer, c’est clair que nous ne serons pas dans le catalogue des saints. Si nous vivons au jour le jour notre petite vie quotidienne, dans la grisaille, mais avec calme, avec joie, par amour, nous y serons. Pas nécessairement dans le martyrologe romain ; nous n’entendrons peut-être pas notre nom publié solennellement devant la Gloire du Bernin [à Saint-Pierre-de-Rome], mais cela, c’est bien secondaire ! [...] Nous aurons notre fête à la Toussaint. C’est cela qui est important. [...]


19 juillet 1972
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Audacieuse solidarité


Setsuko Hirata Nagashima enseigne le féminisme chrétien à l’Université Sophia de Tokyo. Récemment, elle a organisé une expérience de volontariat dans un des villages dévastés par le tremblement de terre et le tsunami de mars 2011.

Setsuko et ses étudiantes  
[...] Les champs dévastés dégagent une odeur de mer, sans parler des fortes senteurs de pourriture. Dans bien des cas, seules les fondations restent des habitations. Les habitants de la région paraissent encore sous le coup de la terrible épreuve qui a ravagé leur vie. Accablés de désespoir, ils ont d’abord été encouragés par l’immensité de l’aide reçue de toutes les parties du monde, mais leur rétablissement n’est pas pour demain, et guérir reste un long processus.

Quand même, ils sont soutenus, spirituellement, par la prière ardente et incessante de tous les croyants. C’est sans doute pourquoi ces survivants démontrent une grande patience et beaucoup de dignité [...]

Notre tâche était éreintante : retirer du sol des maisons à moitié détruites, ou des fondations restées sur place, la terre souillée et puante apportée par le tsunami. Autrement, même les gens dont les maisons sont restées debout vaille que vaille ne pourraient revenir y vivre sans risquer de tomber gravement malade à cause des bactéries qui se développent dans de telles conditions. [...] Nous avons sorti 70 sacs de boue d’une minuscule maison. Incroyable ! [...]

Setsuko et ses étudiantes au travail

Cette expérience a été très enrichissante pour les trois étudiantes. Après notre dur labeur, comme elles étaient heureuses de voir les regards reconnaissants des gens qu’elles ont pu aider ! Elles ont été touchées par la gratitude d’hommes et de femmes qui ont tout perdu, et qui n’ont pas encore trouvé comment se relever. [...] S’il vous plaît, continuez de prier pour eux, car ils en ont grand besoin !


Propos recueillis et traduits de l’anglais par Diane POIRIER
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Donner... autrement !


Noël ! D’un côté, on retrouve un humble nouveau-né dans une mangeoire, la simplicité de bergers et Marie, qui médite ces événements dans son coeur. De l’autre, la montagne de cadeaux sous le sapin, le banquet de nourriture... gaspillée ensuite, et les sacs de déchets après le dépouillement de l’arbre. Que reste-t-il du sens spirituel de Noël ? Où se trouve Jésus dans cette surconsommation ?


[...] Être éco-chrétien, c’est réfléchir sur nos dépenses non écologiques. Nous avons de nouvelles habitudes à prendre. Nous devons apprendre à donner autrement, réfléchir au sens de la naissance du Christ, qui s’est quelque peu perdu dans notre société. Nous devons reconnaître la différence entre nos désirs et nos besoins ; être à l’écoute de soi et des autres, mais surtout, nous mettre à l’écoute des paroles du Christ. La simplicité volontaire (c’est-à-dire réduire volontairement notre consommation) peut être une solution envisageable. Cette réduction prend tout son sens dans la préparation de la venue du Sauveur. [...]

Lors d’un achat, nous devrions nous poser les questions suivantes : « En ai-je vraiment besoin ? », « La personne à qui je vais offrir ce cadeau en a-t-elle besoin ? » Pourquoi ne pas réduire le nombre de cadeaux, lorsque c’est possible, et moins dépenser pour les acheter, tout en choisissant ce qui est significatif ? [...]

Boutiques
Une famille de notre entourage est débordée avec ses enfants ? Offrons-lui une soirée de gardiennage! Une autre manque de temps? Pourquoi ne pas préparer pour elle un repas de la semaine? Des vêtements dorment dans notre penderie? Allons les porter dans une friperie, car Noël n’est pas seulement pour nos proches; c’est Noël pour tous !
 
P.S. Ceux qui désirent pousser plus loin la réflexion apprécieront le volume : Les pages vertes de la Bible de David Fines et Norman Lévesque, paru aux éditions Novalis.


(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 47, no 1)
   
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