Signes






vol. 46, no 4
juillet - septembre 2011


    
   
Liminaire
Le chemin de l’amour
 

Sur le chemin de l’amour, bien des obstacles entravent notre mar­che : difficultés de relations, incompatibilités de caractère, in­compréhensions, agressivité, jalousie, égoïsme, exploitation des personnes, et j’en passe ! Notre monde est le théâtre de toutes les mauvaises manières de traiter avec les gens : meurtres, guerres, violences, vengeances, accusations, etc., et on en goûte chaque jour les fruits amers. Comme il serait bon de constater que rien de tout cela n’est le fait de chrétiens ! Après tout, l’Évangile prescrit sans équivo­que l’attitude à tenir envers ceux qui nous font du mal : Mais toi, ne riposte pas au méchant... (cf. Mt 5, 38-48). Quelle exigence !

À l’évidence, nul n’est plus exigeant que le Christ, l’Amour en per­sonne. Et celui qui parle nous connaît (cf. p. 197s) ; il sait combien nous sommes radicalement incapables de vivre un tel oubli de nous-mêmes, lui qui a affirmé : Sans moi, vous ne pouvez rien faire (Jn 15, 5). Pourtant, il nous invite quand même à marcher sur le chemin de l’amour inconditionnel, en nous assurant son secours : Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit. Ainsi, vous serez pour moi des disciples. » (Jn 15, 7-8). Oui, nous voulons être de vrais disciples du Christ, conquis par lui et brûlants de lui amener nos frères et soeurs (cf. p. 185s).

Mais comment, réalistement, devenir si rayonnant du Christ que chacun de ceux qui nous rencontrent devienne meilleur ? Il est un moyen presque infaillible, quelles que soient les circonstances : la patience (cf. p. 230s). La miséricordieuse patience, l’humble pa­tience, la douce patience, en effet, vient à bout de tout.

Dans sa bonté, Dieu met sur notre route des témoins, comme autant de bornes indicatrices nous montrant dans quelle direction aller. Benoît XVI est l’un de ces témoins, lui qui explique avec patience ses prises de position et s’accuse volontiers d’avoir été maladroit, qui se montre toujours disposé au dialogue (cf. p. 194s). Au chapitre des papes, Jean-Paul II, béatifié il y a quelques mois, et Jean XXIII en l’an 2000, ont montré jusqu’où pouvaient aller la douceur et la patience ; il en est ainsi de tous les saints. Chacun à sa manière nous enseigne que nous pouvons tous imiter le Christ, au point où nous en sommes (cf. p. 236s). Nourrissons-nous de leurs enseignements, regardons-les vivre. Ils nous montrent comment nous adapter aux situations pour être vraiment des gens de notre époque (cf. p. 225s), attentifs aux signes des temps (cf. p. 192s).

Certes, marcher sur la route de l’amour restera toujours difficile, et parfois même périlleux. Mais comme le paysage est beau ! Chaque détour du chemin nous réserve des surprises. Assurément, à celui qui s’engage avec confiance et joyeusement dans cette voie, est promis un bonheur profond, même lorsqu’il devra passer par des endroits moins agréables. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. Ton bâton me guide et me rassure. (Ps 22, 4) Comme les disciples envoyés deux par deux pour proclamer le Royaume, Jésus nous envoie tous dire à nos frères et soeurs qu’il marche au milieu d’eux, et qu’il les aime. Allons-y !


Diane POIRIER
(Article paru dans la revue Signes, vol. 46, no 4)
   
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La contemplation assidue du mystère de Marie

Couronement de Marie, vitrail, paroisse Notre-Dame-de-Grâce, Montréal (cf. www.eglisendg.com)
 

[...] Mieux que les écrits des saints, c’est l’onction de la prière qui nous introduira dans l’intimité avec Marie. Comme le recommande l’Église, le saint Rosaire, avec la contem­plation enrichissante de ses mystères, de l’Annonciation au Couronnement de Marie, demeure, aux yeux mêmes des papes, la meilleure école de croissance spirituelle, aposto­lique et humaine, voire de formation sociale. En effet, par la mémoire et le coeur, le saint Rosaire nous apprend à revivre tous les moments divins, voire les attitudes et les senti­ments mêmes que vécurent ici-bas notre Sauveur bien-aimé et son incomparable Mère, devenue aussi la nôtre par choix et don divin. [...]

Contempler assi­dû­ment le mystère de Marie, c’est aussi la regarder « tout faire avec calme, avec soin, avec joie, par amour », en union avec son Fils, souverain Seigneur et Sau­veur des hommes.

Contempler assidûment le mystère de Marie, c’est se plaire à vivre caché en elle comme l’Enfant-Dieu qu’elle porta du­rant neuf mois, ou encore comme l’Adolescent divin qui se laissa former par cette Édu­catrice sans égale, ce « moule » ou cette « matrice » de Dieu, comme des saints ont pu l’ap­peler. [...]


28 mai 1994
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 4)
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Un homme pour le Christ


 
Théologien de réputation internationale, le Père Latourelle a consacré sa vie à l’enseignement, en personne et par la plume. Encore aujourd’hui, cet apôtre ardent continue d’écrire, malgré un âge avancé, dans le seul but d’aider ses lecteurs à se rapprocher du Christ. Né de parents fervents en 1918, « avec le dernier coup de canon de la guerre », comme il le dit lui-même, René Latourelle est l’aîné de six en­fants : trois garçons et trois fil­les. [...] L’appel à donner sa vie au Christ, il le voit éclore durant ses études au Collège Sainte-Marie [...] : « Tous les professeurs étaient jésuites. Or il ne s’agissait pas de simples maîtres, c’étaient des témoins d’un dévouement extraordi­naire ! C’en était émouvant ! Inutile de les interroger sur le sens de la vie ; le sens de la vie, littéralement, était devant moi ! » Et le jeune René est pro­gressivement conquis par ces hommes, et, à travers eux, par Jésus Christ : « En eux, et par eux, le Christ prenait chair pour moi. On ne résiste pas à pareille attraction. Peu à peu, une certitude a surgi en moi : je serai-avec-le-Christ, ou je ne serai pas. Seule sa Personne pourra combler ma vie et devenir plénitude de mon être. » (Seigneur, montre-nous ton visage, p. 20) Voici quelques extraits inédits de l’entrevue que le Père Latourelle a accordés à Signes.


Vous êtes historien, théologien et écrivain. Qu’est-ce qui, d’abord, vous a poussé à vous intéresser à l’histoire ? Et cela vous a-t-il conduit ?
 
M
on intérêt pour l’histoire re­monte aussi loin que mes étu­des. Déjà, étudiant au Collège Sainte-Marie, j’étais un fan de l’abbé Groulx 1 : j’ai assisté à toutes ses conférences et lu tous ses volumes. En somme, le sort de notre petit peuple, ça m’inté­ressait déjà. Et puis, une autre chose m’intéressait aussi : c’était les origines du christianisme. À l’épo­que, au Collège, il y avait bien plus de questions que de réponses ! Mais, quand même, je me rappelle avoir lu les huit volu­mes que le Père Pinard de la Boul­laye, prédicateur à Notre-Dame de Paris, avait écrit sur le « phéno­mène Jésus », et ses critères de crédi­bi­lité. Simple collégien, j’ai dévoré ces huit volu­mes de théologie !
Père René Latourelle, S.J.

L’histoire a continué de me passionner une fois entré dans la Compagnie de Jésus. Pendant ma régence 2, j’ai enseigné l’histoire du Canada en rhétorique, quand monsieur Guy Frévost, un professeur d’histoire m’a dit : Pourquoi ne poursuivez-vous pas vos études jusqu’au doctorat ? J’avais déjà une maîtrise en histoire. J’ai alors opté pour mener de front la poursuite des deux de­grés univer­sitaires : un doc­torat en histoire et une li­cence en théo­logie. J’ai pris un gros risque, mais j’ai réussi.

En somme, quand je repense à mon passé, j’ai l’impression que, sans le savoir, je me suis préparé à enseigner la théologie fonda­mentale. Parce que cette disci­pline exige qu’on ait le sens de la littérature, pour connaître l’homme qui est appelé à la foi, l’homme contemporain. Or, j’ai enseigné cinq ans la littérature ; vraiment, les auteurs contem­po­rains, je les ai tous étudiés. En­suite, j’ai fait un doctorat en his­toire. J’ai suivi des cours d’exé­gèse à l’Institut biblique pendant mon doctorat. Et, évidemment, il y avait aussi, la théologie fonda­mentale ! Donc, sans le savoir, je m’étais préparé. Au­jourd’hui, si quelqu’un me de­man­dait : Comment se pré­parer ? Je lui dirais : Littérature, exé­gèse, his­toire, théologie fonda­mentale.


La théologie fondamentale, qu’est-ce qu’elle a à apporter aux chrétiens, au­jourd’hui ?

La théologie fondamentale étudie les bases du christianisme, ses fonde­ments. En d’au­tres termes, il s’agit de ce que j’ai écrit dans mon cahier À la rencontre de Jésus 3 destiné aux catéchètes et aux parents, c’est-à-dire la Révélation, la valeur des Évan­giles pour rejoindre l’homme d’aujourd’hui et des questions comme : Qui est Jésus Christ ? A-t-il voulu fonder une Église ? Quels critères avons-nous ? Ce sont des questions de base. La théologie fondamentale suppose la foi et joue sur deux plans : sur le plan de l’histoire (l’authenticité des Évangiles) et sur le plan dogma­tique, par exemple en précisant ce qu’est un miracle.


Et la théologie dogmatique ?

Au fond, c’est tout Vatican II ! Le concile Vatican II, c’était de la théologie dogmatique. Remarquez bien que, quand Jean XXIII a décidé de faire un nouveau concile, il a dit : Je ne veux pas un concile pure­ment théolo­gique. Je veux un concile dogmatique et pastoral, pour rejoindre les hommes de notre temps. Donc, je dirais que même la théologie fondamentale était déjà en recul ; l’accent était surtout le mystère ! La théologie dogmatique, c’est toujours pertinent, plus que ja­mais !


Vous parlez de Jean XXIII. Pendant les années où vous viviez à Rome, avez-vous eu l’occasion de rencontrer les Papes ? Si oui, quelle a été votre impression ? Et qu’est-ce qui, en l’un ou l’autre, vous a paru le plus remarquable ?

J’en ai rencontré trois, mais je ne les ai pas tous connus de la même façon. Jean XXIII, je l’ai rencontré à l’occasion d’un petit incident : il était venu à la Grégorienne, et tous ceux qui avaient publié des ouvrages allaient les lui présenter. Moi, je lui ai présenté ma thèse. Je venais de la finir, elle était reliée avec un beau papier. Je me rappelle encore son : Bene ! Bene ! avec un beau sourire sympathique ! C’est le souvenir que j’ai gardé de Jean XXIII.

Paul VI, tout le monde le re­con­naît, c’est l’artisan du con­cile, celui qui a pro­cédé à son ac­tua­lisation ! Jean XXIII a voulu faire en­trer l’Église en dialogue avec le monde con­temporain, et la faire comprendre avec un lan­gage nou­veau, mais il est  mort en 1963. C’est Paul VI qui a repris la charge. À mon avis, sans lui, le concile était un échec. C’était un homme d’une intelli­gence vrai­ment profonde, d’un idéalisme religieux très beau... et d’une piété de saint ! Mais en même temps, quand il s’agissait de dis­cussions, il avait le sens du compro­mis, un véritable esprit de conci­lia­tion ! Quand « la gau­che » ou « la droite » ex­cé­daient, il les ra­me­nait douce­ment. Grâce à lui, Vatican II a produit des fruits extra­ordinai­res !

J’ai connu Karol Wojtyla parce que je me suis oc­cupé, à la Grégorienne, des prêtres po­lonais inscrits au doc­torat. Alors, nous sommes deve­nus amis. Il est venu chez moi en 1977, peu avant son élec­tion, pour parler de ses étu­diants au doctorat. Je le revois, dans une chaise berçante. Il se sentait vraiment chez lui. Mon amitié avec les prêtres polonais a en­traîné une amitié avec lui.

Ma deuxième rencontre, c’est au moment de l’élection du Pape. J’étais sur la place Saint-Pierre, et là, j’entends : Nous avons un Pape : le cardinal Wojtyla ! Je ne sais pas si vous imaginez le choc ! C’est celui que j’ai bien connu, c’est vraiment lui ! Et dès le lendemain matin, il a dit : Ouvrez ! Ouvrez grandes les portes pour accueillir le Christ. Je me souviens, c’était comme une décharge électrique, sur la place Saint-Pierre ! Vraiment, Jésus Christ a été son thème dominant. D’ailleurs, il a écrit l’encyclique Redemptor Hominis (Le Christ, Sauveur du monde).

Il aimait taquiner. Quand il me voyait, il me de­mandait : Comment va la Fon­damen­tale 4 ? Donc, ça a été vraiment une grande amitié. Je suis allé dans son pays pour donner des conférences. Avant de partir, je lui ai dit : Saint Père, je vais ap­pren­dre beaucoup de choses sur votre jeunesse. Il m’a dit : Vas-y, ça va te faire du bien ! J’y vais. Peu de temps après, je le rencontre de nou­veau. Et puis, dans ton voyage, qu’est-ce que tu as appris ? - Ne m’en parlez pas, Saint-Père ! Je n’ai rien appris ! - Ça t’ap­pren­dra !

Une autre chose m’a frappé, chez lui, c’est la symbo­li­que du geste. Il savait trouver le geste qui allait parler. À mon avis, s­on geste pontifical le plus beau, il l’a fait un jour qu’on avait amené des malades au Vatican. Des centaines de civiè­res emplissaient la grande nef, et on avait mis, près du Pape, UN ma­lade. Les gens se sont dit : Il va s’occuper du malade... Non. À la surprise générale, il a quitté l’autel et est allé parler avec CHACUN d’entre eux. Ça a duré une heure, deux heures..., on ne sait pas ! Il a parlé avec chacun ! Ça, c’est rare ! Une autre chose a été très belle aussi : c’est lorsqu’il a suscité la réunion de tous les chefs reli­gieux du monde, à Assise, pour la paix. Oui, la sym­bolique du geste, il l’avait !

  1. L’abbé Lionel Groulx (1878-1967) est un historien qui a enseigné à l’Uni­versité de Montréal. Il a donné des confé­rences partout en Amé­rique fran­çaise. Son œuvre écrite est imposante.
  2. Période entre la philosophie et la théologie.
  3. Montréal, Guérin, 2009, 149 p.
  4. Théologie fondamentale

Propos recueillis par Diane POIRIER
(D'autres extraits de cet entrevue sont paruent dans la revue Signes, vol. 46, no 4)
   
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L’écologie, un souci universel


Citoyens à part entière, les chrétiens portent le souci de l’écologie. Dans le contexte des avancées technologiques, du dé­veloppement urbain et des be­soins croissants en énergie, des problèmes d’ordre économique et des habitudes de consom­mation de la population occiden­tale, comment protéger l’envi­ronnement ? (Cf. Signes, vol. 43 no 1) [...]

Qu’est-ce que la foi chrétienne apporte aux débats sur ces su­jets épineux ? D’abord, elle pro­pose une ré­flexion sereine, qui considère le dessein originel de Dieu. De plus, elle constitue un atout, car elle invite chacun à prendre une certaine distance par rapport à ses intérêts per­sonnels pour envisager les cho­ses au point de vue du bien des personnes et de la race hu­maine­. Enfin, l’Église catho­li­que offre la richesse de son expé­rience bimillénaire en hu­manité, de la Parole de Dieu, source de lumière et de force, et de la Tra­dition, qui veut protéger les êtres humains - à commencer par les plus faibles - et leurs milieux de vie. [...]

Ces dernières années, des mou­vements ou organismes ont surgi (www.gardienscreation.org ; www.egliseverte.ca ; http://www.oikoumene.org), qui visent à protéger l’en­vironnement et à promouvoir des valeurs écologiques. Moder­nes dans leurs méthodes de travail, ils ont été fondés par des laïcs ou par des organismes chrétiens. Ils se veulent rassem­bleurs, sont souvent oecumé­niques et même plus larges en­core, réunissant « tous les hom­mes de bonne volonté ». [...]


Diane POIRIER
(Article paru dans la revue Signes, vol. 46, no 4)
   
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Lumière du monde
Un volume apprécié !


Étant déjà allée à Castel Gandolfo, il a été facile de m’imaginer sur place lors des entretiens de Peter Seewald avec le Saint-Père. Oui, j’ai vraiment apprécié lire ce volume (Montréal, Novalis, 2011, 270 pages) ! Dès les débuts de ma lecture, j’ai été touchée par cet aveu : Je ne suis pas un mystique. Mais il est exact qu’en tant que pape, on a encore plus d’occasions de prier et de s’en remettre entièrement à Dieu. Car je vois bien que presque tout ce que je dois faire, je ne suis personnellement pas capable de le faire. Ne serait-ce que pour cette raison, je suis forcé de me mettre dans les mains du Seigneur. (p. 34) Cette parole m’inspire person­nellement ; elle me dit comment porter les responsabilités qui me dé­passent. [...]


Une mosaïque de regards

[...] J’ai aussi admiré la pertinence et la forme des questions apportées par le journaliste Peter Seewald, qui n’a pas craint d’aborder des points chauds auxquels notre Église se voit confrontée. [...] (André LAVOIE)

[...] Presque chaque ré­ponse de Benoît XVI est remplie d’une humilité déconcertante, et d’une profonde douceur aussi ! Ce Pape suscite l’espérance, même par rapport aux questions environnementales ; il n’y a rien d’alar­miste dans ses propos. À lire absolument ! (Françoise CHAPLEAU)

Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on peut ouvrir ce volume à n’importe quel chapitre, ou choisir simplement une question qui nous intéresse. [...] (Suzanne BARRETTE)

Il se lit facilement et très rapidement, comme un roman. Je l’ai aimé ; le pape Benoît XVI parle avec beaucoup d’assurance et de force. [...] Il est très pédagogue. (Kesner DIMANCHE)

Ce qui m’a le plus frappée, c’est qu’on découvre Joseph Ratzinguer, l’homme : sa façon d’être, de penser, de réagir par rapport aux évé­nements et aux personnes, comment il voit les situations dans toute leur complexité et tente toujours d’avancer avec l’Esprit Saint, sans jamais émettre de critique contre qui que ce soit. (Monique VIAU) [...]


Hélène CAMPEAU
(Article paru dans la revue Signes, vol. 46, no 4)
   
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Vérité, annonce et authenticité de vie à l’ère du numérique


Dans son message pour la 45e Journée mondiale des communications sociales (5 juin 2011), le Pape pour­suit sa réflexion, amorcée l’an dernier, sur la pré­sence chrétienne dans le monde numérique. [...]

Signes a récemment offert, dans le cadre de la chronique Inter­naute ET chrétien (vol. 45 nos 2-4 et vol. 46 no 1), une réflexion con­crète sur la manière d’agir en chrétien dans le monde numérique. Le lecteur intéressé pourrait y référer à la lumière de cet enseigne­ment du Saint-Père. [...]


Christine GÉDÉON
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 4)
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La patience au volant... de ma vie


La rage au volant, ça existe ! Et les querelles qui se terminent dans la violence font les manchettes des journaux. Même si des événements de ce genre sont absents de ma vie, puis-je affirmer ne jamais perdre le contrôle de mes paroles ou de mes gestes ?


Prise de conscience

Une foule de choses peuvent ébranler notre système nerveux et atteindre nos points vulnérables : telle répartie m’amuse, mais fait grimper l’autre dans les rideaux, le bruit m’énerve, alors que mon voisin en produit sans cesse... et la liste pourrait s’allonger. Au fond, chacun de nous est unique, et nos seuils de tolé­rance le sont aussi. Je n’ai pas à porter ces limites en victime, mais plutôt à cher­cher comment améliorer mes réactions. Pour y arriver, il me sera utile d’observer les occasions qui me font exploser. [...]

Si je notais, pendant un mois, ce qui m’impatiente, j’au­rais probablement des surprises : trop souvent, ce sont des insigni­fiances. Et, la plupart du temps, j’ai des réactions démesurées. Or, elles risquent de s’aggraver si je ne prends pas de moyen concret pour me libérer de leur emprise. Un constant effort de maîtrise de moi-même est donc nécessaire. Il y a des « plis » de personnalité à défaire, des manières de voir, de penser, de juger ou de réagir à mo­difier. Comment y travailler ? [...]
Un gentilhomme du voisinage de saint François de Sales, qui lui en voulait pour je ne sais quelle raison, vint un jour de grand matin, faire aboyer sa meute et sonner du cor sous les fenêtres du saint. L’Évêque s’éveille. Le fu­rieux force l’en­trée du palais et accable le prélat des injures les plus vio­lentes. Saint François ne dit rien et tient les yeux baissés. - Mais, Monseigneur, lui de­mandait-on après le départ de l’éner­gumène, com­ment avez-vous fait pour ne pas vous mettre en colère ? - J’ai fait un pacte avec ma langue, répondit le saint, c’est qu’elle ne devrait rien dire tant que mon coeur serait ému.
 
(Jean Vieujean, L’autre toi-même, p. 148)


Monique VIAU
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« Selon le point où l’on en est... »


Dans ses conseils pour mieux faire les Exercices, une expression revient souvent sous la plume de saint Ignace : « ... selon le point où l’on en est ». Cette orientation démontre une sagesse remarquable chez le converti de Loyola. Il sait d’expérience que le cheminement de chacun est unique, et que ce qui convient à l’un nuira peut-être à l’autre. En plus de considérer comment le retraitant pourra avan­tageusement appliquer cette consigne, voyons comment, dans la vie de tous les jours, il est utile de s’ajuster « selon le point où l’on en est ».


Durant la retraite...

Ce point où l’on en est dont parle Ignace, c’est l’étape où j’en suis dans la retraite, avec le fruit que j’ai à obtenir 1 ; c’est aussi l’endroit où je suis rendu dans la séquence des oraisons ; par exemple, est-ce que je viens de contempler Jésus dans le tu­multe joyeux des noces de Cana ou de méditer son dialogue tou­chant avec la Samaritaine ?

Mais, le point où j’en suis, c’est encore l’état d’âme qui est le mien à tel moment de l’expé­rience en cours : joie ou tris­tesse, courage ou abattement, certitude ou perplexité. Cet état intérieur, et les autres éléments déjà mentionnés, conditionnent les choix que je dois faire. [...]


Dans la vie de tous les jours...

[...] La pertinence de la recomman­dation de saint Ignace ressort quand j’examine un peu la di­versité de mes états intérieurs. Si je suis triste ou agité, joyeux ou perplexe, je vais écouter des pièces musicales très différentes. Suis-je souffrant ou fatigué ? Je devrai opter pour un sujet d’oraison et une méthode de prière qui exigent peu de con­centration. [...]

Dans ma vie de tous les jours, une foule de choix sont condi­tionnés par le point où j’en suis : l’usage ou non de la télévision, l’exercice physique, le temps à investir sur les réseaux sociaux, l’inscription ou non à des cours, le magasinage, etc. Si je n’y prends garde (si je ne réfléchis pas avant d’agir), ces petites dé­cisions quotidiennes peuvent m’entraîner vers des attitudes ou des comportements indésira­bles [...] Donc, si je veux prendre des décisions judi­cieuses, je ne peux me dispen­ser du discernement. Or, discerner spirituellement implique la consultation du Seigneur, car lui seul, sait ce qui est bon pour l’homme (Qo 6, 12). [...]


Inspiré d’un texte de Lise RACICOT
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 4)
   
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