Signes






vol. 46, no 2
janvier - mars 2011


    
   
Liminaire
Bien peser nos décisions...
 
 
Se regarder en face, sans masque ni faux-fuyant, nécessite un certain courage, de la lucidité (cf. p. 77s) et, bien souvent, une bonne dose d’humilité. Pourtant, cet exercice peut être une véritable source de lumière et de force, comme l’a découvert Marie-Josée (cf. p. 111s). Comment faire des choix judicieux, autrement? Or, des choix, nos vies en sont pleines (cf. p. 108s), et tous impliquent leur lot de conséquences, petites ou grandes, qu’il faut savoir peser soigneusement. Marie-Andrée l’a fait, il y a 10 ans, et elle ne l’a pas regretté (cf. p. 62s).

La Vierge Marie a eu la bonne attitude : celle d’une confiance absolue dans le Seigneur, qui l’invitait à collaborer avec lui (cf. p. 108s). En nous confiant l’univers, le Créateur a sollicité notre contribution à son œuvre. Quelle est notre réponse ? Comme la terre et ses habitants se porteraient mieux si chacun de nous, et les grands de ce monde, pesaient devant Dieu les répercussions de leurs décisions ! Assurément, les ressources de notre planète seraient mieux gérées et davantage partagées, ses richesses naturelles, mieux réparties et exploitées dans le respect et la prudence, comme l’Église encourage à le faire (cf. p. 72s).

De la naissance à la mort (cf. p. 116s), quelle tâche d’un tant soit peu d’importance peut se passer de planification et de réflexion? Ils en savent quelque chose, les pasteurs du diocèse ! Qu’il s’agisse des documents à rédiger ou des consultations qui abondent, Monseigneur Parent prend toujours le temps d’écouter longuement, de prier et de réfléchir, avant de donner une réponse : et il est prodigue en paroles d’encouragement et de réconfort (cf. p. 65s). Au contraire, certains regrettent sûrement des paroles, échappées dans un moment de colère (cf. p. 107). C’est qu’une parole peut tuer ou faire grandir, blesser à tout jamais ou guérir. Seigneur, inspire nos paroles et nos actes, pour que notre témoignage chrétien soit fécond !


Diane POIRIER
(Article paru dans la revue Signes, vol. 46, no 2)
   
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Pourquoi pas l’adoption ?

 
Marie-Andrée Hamel, animatrice à Rythme FM nous fait part de ce qu’elle a vécu, à 17 ans, lorsqu’une grossesse imprévue l’a amenée à confier son enfant à une famille adoptive. Puisse cette expérience ouvrir à d’autres ce chemin de vie pour les enfants à naître.
 

Une décision importante

J’étudiais en Ontario lorsque je suis tombée enceinte ; j’avais 17 ans. J’ai considéré l’avortement, mais les circonstances m’ont plutôt fait opter pour garder l’enfant. [...]

« O.K., me suis-je dit, il va falloir trouver un emploi. Je n’ai pas tellement d’expérience, ce sera un petit emploi au salaire minimum. Il faudra que je travaille beaucoup, donc la faire garder. Pour subvenir à ses besoins, je ne passerai pas beaucoup de temps avec elle... Je vais en arracher, et elle aussi, parce qu’elle va passer plus de temps avec ses gardiennes qu’avec moi. Ça va me faire de la peine et, en plus, comme la maturité émotionnelle d’un enfant commence dès les premiers instants... »


À la recherche d’une famille

Ma mère m’a parlé de l’adoption mais, pour moi, il n’en était pas question. Pourtant, après mûre réflexion, j’ai finalement décidé de m’orienter dans cette direction-là. Nous sommes allées à la DPJ (la Direction de la protection de la jeunesse est en contact avec des couples prêts à adopter un enfant) pour savoir si je pouvais choisir des parents. Ils m’ont dit : « Oui, il y a des parents qui attendent depuis huit ans pour adopter ! » Alors, j’ai fait une liste de mes critères et de mes valeurs, de tout ce qui correspondait à l’éducation que j’aurais voulu donner à l’enfant. [...] La rencontre a été un vrai coup de foudre ! [...] Je voulais que ma fille ait une bonne base, au niveau de l’amour et des valeurs, qu’elle soit ancrée sur le roc. Or, c’est ce que je vois. Elle est épanouie, et ça me rend heureuse. C’est vraiment une belle histoire ; voilà pourquoi je la raconte. [...]


Marie-Andrée HAMEL
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 2)
   
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Fils dans LE Fils


Certaines personnes aiment ajouter une devise à leur correspondance, soit en exergue, soit après le texte de leur message. Monseigneur Parent le fait depuis longtemps, mais ce qu’il ajoute ainsi, au bas de la page, a varié au long des années. Nous pouvons sans nul doute affirmer que ce qu’il ajoute-là, c’est « ce qui déborde du cœur » ! N.D.L.R.
 
 
« Ce qui déborde du cœur »


Après son­­­ ordi­nation, l’abbé Parent prend l’habitude d’ajou­ter « T.A.S. » après sa signature. Il indique ainsi sa conviction qu’avec le temps, l’amour et un sourire, on peut tout ob­tenir. Le temps : mon expérience m’a appris que le temps est néces­saire. L’amour : avec l’amour, toutes les person­nes sentent que nos interven­tions et nos interpel­lations à la conversion, à l’amour de Dieu sont faites par amour. La porte du cœur est alors ouverte pour que les paroles qui viennent de l’Évan­gile, du bap­tême, en­trent. Le sourire : quel­qu’un qui a tou­jours l’air mécon­tent ne peut pas donner le goût de sui­vre le Christ.
Mgr Michel Parent

Ensuite, pendant longtemps, il a signé « en Église », puis : « Pax et Bonum ». Pax : c’est la paix, qui nous vient d’une intimité plus grande avec le Sei­gneur. Le pro­phète Jérémie uti­lise une belle compa­raison lors­qu’il parle de ces citer­nes lézar­dées qui lais­sent perdre l’eau. Le péché vient lézarder la citerne de notre eau baptismale. Et c’est pourquoi, quand on de­meure dans le péché, quand on refuse la con­version, l’eau du baptême s’égoutte par ces lézar­des ; on de­vient as­séché, sclé­rosé. Tandis que les fruits de l’Esprit Saint viennent col­mater les lé­zardes, pour que l’eau de notre baptême jaillisse en fon­taine, non seule­ment pour irri­guer notre vie, mais aussi celle des autres. Bonum : c’est le bien, la présence de Dieu dans ta vie ; c’est ton insertion signi­fiante dans la vie de l’Église, de la com­mu­nauté.

Récemment, monseigneur Parent s’est mis à utiliser :­ « Gloria Dei », parce que je travaille pour la gloire de Dieu. C’est telle­ment important ! À chaque fois qu’on célèbre l’eu­charistie, le prê­tre dit : « Prions ensem­ble, au mo­ment d’offrir le sacrifice de toute l’Église. » Et la commu­nauté ré­pond : « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde. » J’aime à croire que la gloire de Dieu, c’est le salut du monde ! Alors, quand on travaille au salut du monde, pour inviter à la con­ver­sion, à la perfection, on mani­feste la gloire de Dieu.
 

Propos recueillis par Diane POIRIER
(Complément d'un article paru dans la revue Signes, vol. 46, no 2)
   
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Sables bitumineux : oui ou non ?
 
 
Certains croient que l’Église devrait se cantonner à l’intérieur des lieux de culte et ne pas se mêler de notre vie sociale ou politique. Pourtant, comme personne morale, elle a le droit - et le devoir - de se prononcer sur les réalités qui touchent les personnes et leur milieu de vie : la terre. Qui oserait, après avoir lu la lettre pastorale de Monseigneur Bouchard sur les sables bitumineux, dire que l’Église ne sait pas de quoi elle parle ? Lucie Riendeau, spécialisée en protection de l’environnement, a accepté de nous présenter ce document éclairant et de le commenter pour nous.
   
 
[...] C’est après l’annonce d’investissements majeurs pour le développement des sables bitumineux dans une municipalité de son diocèse que Mgr Bouchard décide de ne pas ignorer le problème moral que cette annonce provoque. Il précise que les points critiques de sa lettre s’adressent aux directeurs des compagnies pétrolières à Calgary et à Houston, aux chefs de gouvernements à Edmonton et à Ottawa et au grand public d’une société de consommation excessive, qui fait monter en flèche la demande de pétrole. [...]

Pour l’Église, la question environnementale revêt tellement d’importance qu’on peut affirmer que : Abuser de la création constitue un manque de foi, une forme de désespoir et peut-être même un blasphème. Même dans les cas où les risques ne semblent pas évidents, elle prône la prudence. [...]

Pour bien informer ses fidèles, Mgr Bouchard met en lumière plusieurs faits indiscutables, même par l’industrie, sur l’extraction des sables bitumineux et sur la transformation de ceux-ci en pétrole utilisable. Voyons de quoi il retourne : [...]
 
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Lucie RIENDEAU
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 2)
  
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Qui suis-je ?
 
 
Quand j’ai à me présenter, je commence par me nommer, parfois même en donnant seulement mon prénom. Mais ce renseignement ne sert qu’à m’identifier ; il ne dévoile rien de moi. Qui suis-je vraiment ?

 
Aux yeux du monde

Si je veux me révéler un peu plus, j’ajouterai quelques détails : ma profession si elle a un certain poids social, ma situation familiale si elle est heureuse, des projets intéressants que j’ai en vue ou que je viens de réaliser. Tout dépend de mon interlocuteur. Spontanément, je vais probablement essayer de bien paraître. [...]
 
  
À mes yeux

Mais si, seul avec moi-même, je me demande ce que je vaux, que penserai-je ? [...]
 
 
Aux yeux de Dieu

La science me dit que je suis absolument unique. Et la foi me révèle que, plus profondément encore, je suis l’enfant bien-aimé du Père. Cette réalité extraordinaire et sûre me montre l’importance que j’ai aux yeux du Seigneur. Ma valeur tient à l’amour unique, éternel, qu’il a pour moi. Alors, que vaut l’appréciation des autres, ou la mienne, devant cet amour inconditionnel ? [...]
 
 
Qu’est-ce que ça change ?

Pour résister aux séductions d’un monde qui sollicite sans cesse mon argent, mon temps, mes énergies, je dois m’arrêter chaque jour pour écouter la douce voix qui me redit : « Tu es mon bien-aimé, je mets en toi toute ma joie. » Chaque fois que je reviens à ce centre de ma vie, mes horizons s’élargissent au-delà des attentes et des frustrations humaines.  [...] Dire oui à l’amour éternel de Dieu pour moi, c’est devenir libre face à l’éphémère, qui me déçoit toujours tôt ou tard. [...]


Monique VIAU
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 2)
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« Tu as du prix à mes yeux, et moi je t’aime ! »
 
 
C
’est jour de réunion pour l’Équipe Pierres Vivantes. Une vingtaine d’adolescents échangent sur une question sérieuse : l’avortement. [...]
 
Les opinions devenant petit à petit confidences, Sandrine, toute compatissante à la peine d’un compagnon de classe, nous raconte le dialogue abrupt et malheureux qu’il a eu avec sa mère lors d’une dispute. La querelle s’est terminée sur cette phrase : « Ton père et moi ne t’avons jamais désiré et je voudrais que tu ne sois jamais né ! Tu es un accident de parcours ! »

Silence consterné dans le local. Puis Benoît, inspiré par l’Esprit d’amour, prend la parole : « Tu pourras dire à ton ami que si ses parents ne l’ont pas désiré, Dieu, lui, l’a voulu et aimé ! »
  
bébé
 
Jocelyne RICHARD
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 2)
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Vitrail de l'Annonciation  
[...] Si nous avons la foi, nous croirons, comme Marie, qu’à Dieu rien n’est impossible. Et si nous sommes humbles, nous nous inclinerons comme elle en nous proclamant serviteurs: « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi comme tu viens de le dire. » Ce n’est pas là simple acquiescement, Marie ne donne pas seulement son accord ; elle ajoute une prière et formule le vœu que le désir de Dieu s’accomplisse en elle parfaitement. [...]

C’est aussi un mystère que Dieu lui-même soit le premier des humbles. Au fond, c’est Dieu qui est le plus humble de tous les êtres, comme il est aussi le plus obéissant. Imaginez le Créateur qui vient obéir à Quirinius, à Hérode, à Ponce-Pilate, aux pharisiens, aux contraintes de la culture en laquelle il est né. [...]

Élevons nos yeux. Ce petit enfant qui va naître, l’ange le dit, c’est le Messie, le Sauveur. C’est le Libérateur que les hommes ont attendu pendant des siècles. C’est Celui qui est placé au centre de toute l’histoire et qui en illumine les deux versants : l’Ancien Testament et le Nouveau. Alors, disons donc comme saint Paul : Je sais en qui j’ai mis ma foi (2 Tm 1, 12). Ô Jésus, sois mon espérance et mon amour ! Viens, Seigneur Jésus !
 
 
24 décembre 1972
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 2)
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P
rovidentielles concordances
  
Ignace de Loyola
 
 
Dans l’article précédent sur saint Ignace (cf. Signes volume 46, no 1), on pouvait lire : Ignace « calculait le profit qu’allaient retirer les âmes de ses moindres paroles et actions ». Il ne pouvait toutefois imaginer combien sa propre vie allait constituer une inspiration pour bien des âmes, au-delà du temps et de l’espace. En voici un exemple, qui montre que le Seigneur lui a donné une étonnante descendance spirituelle.
 

 
Marie-Josée Harvey
À mesure que je connais mieux saint Ignace et que je découvre les péripéties de sa vie, l’étonnement croît en moi : tant de points de son expérience me font comprendre la mienne. Comment rester indifférente devant des analogies qui s’additionnent ! [...]
 
 

Marie-Josée HARVEY
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 2)
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Vers le dernier repos

 
Dernier de trois articles visant l’aide aux personnes âgées et/ou gravement malades, le présent texte s’adresse à ceux qui sont confrontés à l’imminence de la mort, ou du décès d’un de leurs proches.


D’abord, précisons un point très important : une personne majeure peut régler ses funérailles et le mode de disposition de son corps. Or, si elle n’a pas exprimé ses volontés, les autorités s’en remettront à la décision de ses héritiers. Il vaut toujours mieux prévoir soi-même ce qui concerne sa mort : testament (cf. article précédent, dans Signes, vol. 46, no 1), arrangements funéraires, funérailles, etc. [...]

Si, au lieu de laisser des instructions détaillées, on préfère tout régler soi-même à l’avance, les pré-arrangements sont une option intéressante. Ils permettent de planifier soi-même ses funérailles, s’assurant ainsi du respect de ses dernières volontés, tout en tenant compte de son budget, de ses valeurs et ses croyances. [...]

Aujourd’hui, une grande partie de la population des villes refuse de vivre la souffrance liée au deuil et souhaite que tout se fasse d’une façon expéditive. [...] Est-il sage de procéder ainsi ? Pour ma part, j’estime que cela entraîne de graves conséquences : le processus de deuil est escamoté, les proches n’ont pas fait leurs adieux au défunt et, bien souvent, des difficultés d’ordre psychologique surgissent : culpabilité, sentiment d’inutilité, colère, dépression, etc.

Faire son deuil est un long processus, et l’exposition comme les funérailles font partie de ce processus. Elles sont l’occasion, pour les proches, d’exprimer leur peine, d’apprivoiser la douleur de la perte qu’ils vivent, d’exprimer au défunt les sentiments qui les habitent devant cette épreuve. Ils peuvent, dans un moment d’intimité, lui demander et/ou accorder les pardons qui n’ont pas été exprimés avant le décès. De plus, ces moments suscitent souvent des retrouvailles et le rassemblement de personnes qui apportent aux familles éprouvées, en ce temps difficile, le soutien et le secours de leur sollicitude, voire leur tendresse, et parfois même une aide très concrète.  [...]

Le gouvernement du Québec publie chaque année une brochure Que faire lors d’un décès. Elle est disponible dans toutes les maisons funéraires. [...]
 
 
Francine TREMBLAY
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 2)
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