Signes






vol. 46, no 1
octobre - décembre 2010


     
   
Liminaire
Se donner le droit de réfléchir
 
 
Dans un monde passionné par l’apparence et si facilement influençable, il convient parfois - et même souvent - de prendre le temps d’étudier les situations, de comparer les sources, de peser les arguments, d’approfondir, de comprendre (cf. p. 53s) et de réfléchir, car certaines de nos décisions comportent des enjeux considérables, qui vont souvent bien au-delà du prévisible.

Lorsque, par exemple, nous devons choisir ce qui convient à une personne devenue inapte à prendre des décisions, à s’occuper d’elle-même et parfois même à donner un accord qui aboutira à sa vie ou à sa mort, comme nous sommes heureux si nous disposons de documents comportant ses volontés (cf. p. 45s) ! Quelle reconnaissance aurons-nous envers elle pour une prévoyance aussi pacifiante ! Les documents écrits sont tellement précieux ! Ils témoignent parfois plus fidèlement que nos mémoires.

Ignace de Loyola
Ignacio Tellechea Idigoras, historien basque, le savait ; c’est pourquoi, en guise de sources pour sa biographie de saint Ignace, il a choisi de puiser aux plus anciens auteurs. Ainsi, il s’appuie sur le récit du Père Ribadeneira qui vit, toucha, entendit, accompagna, observa, nota les dires et les gestes... Il préfère le regard admiratif du fils aux insultes qui sont plus l’écran ou le miroir de la subjectivité que de l’objectivité, et représentent plus un jugement de valeur qu’une information. Que reprochait-on à saint Ignace ? Idigoras est clair : Quand ils ne le haïssent pas, ce ne sont que des curieux indifférents. Pour certains, c’est un psychologue génial... quand ce n’est pas un diplomate intrigant et astucieux,... un génie organisateur, un militaire et un général... incapable de se réjouir ou de s’attrister avec les siens.
 
De toujours, les saints ont été persécutés. S’il est hors de ma portée de détruire complètement des préjugés coriaces, il me paraît nécessaire de signaler à nos lecteurs (cf. p. 16s) des éléments - puisés aux écrits de jésuites des premiers temps - qui tendent à prouver qu’au contraire, Ignace était doté d’une grande délicatesse et d’une personnalité sensible et nuancée, finalement bien loin des masques dont l’ignorance et la jalousie l’ont affublé. Voilà un tribut rendu à la vérité.

Notre mission de prophètes du Dieu vivant comporte des responsabilités qui s’étendent à toutes les sphères de la vie, y compris la navigation sur la Toile (cf. p. 11s), le témoignage de foi dans nos conversations (cf. p. 15s) ou la manière de vivre notre existence de tous les jours. Car la fidélité quotidienne à notre devoir d’état et notre réponse généreuse aux invitations de la grâce peuvent avoir un impact réel sur notre entourage, par exemple sur la vocation des jeunes qui nous côtoient, comme le démontre le témoignage de l’abbé François Charette (cf. p. 3s).

Certes, la constance dans un agir conforme à notre identité d’enfants de Dieu constitue une exigence à laquelle il est difficile d’atteindre sans le secours de la grâce divine. L’attirance du plus facile et la tendance de la nature au relâchement vont toujours mettre nos efforts en danger. Mais le Christ s’est voulu Dieu-avec-nous (cf. p. 57s) pour nous garantir le secours de sa présence. Avançons avec courage.
François Charette
  
  
Diane POIRIER
(Article paru dans la revue Signes, vol. 46, no 1)
   
[HAUT]
~oOo~
 
 
Dans l’intimité avec le Christ
 
 
Ordonné prêtre le 11 décembre 2009, François Charette est membre de la Société du Christ Seigneur, au sein de laquelle il a prononcé sa consécration perpétuelle le 2 février dernier. En cette première année de son sacerdoce, il a accepté de répondre à nos questions. N.D.L.R.
 
 
Ordination presbytérale de François
 
Signes : Aujourd’hui, il faut avoir une bonne dose de courage et d’espérance pour choisir le sacerdoce.
 
Dans un monde qui oublie les réalités spirituelles, qui vit au jour le jour, et qui se contente souvent de ce qui est visible ; dans un monde qui oublie que Dieu existe, qu’il nous aime et qu‘il nous appelle à le connaître, être simplement chrétien demande du courage et de l’espérance. [...] 
 
Signes : Qu’est-ce qui aide le plus un candidat au sacerdoce à persévérer courageusement ?

Ce qui aide le plus à persévérer, c’est sans contredit la prière, et plus spécialement la prière de la Parole de Dieu. Il faut avoir une relation d’intimité avec Dieu ; c’est là qu’on trouve la lumière et la force pour avancer dans les moments difficiles. [...] Pour des prêtres, j’ajouterais aussi : le lien de fraternité entre confrères. Si on s’isole des autres séminaristes, si on n’est pas assez attentif à fraterniser avec eux, il y a des risques que l’on se sente seul. [...]
 
Ordination presbytérale de François
Mgr Jean-Claude Turcotte et François
 

 
Signes :
Qu’est-ce qui vous a poussé à opter pour la prêtrise ?


Pour moi, être prêtre, c’est répondre à l’appel que j’ai ressenti dans mon cœur, que j’ai entendu : Jésus m’a appelé à le servir, voilà le sens profond de ma vocation. J’avais 18 ans et j’étais un chrétien fervent : j’allais à la messe et je priais le chapelet tous les jours. J’aimais beaucoup le Seigneur, je lisais la Parole de Dieu et cela me faisait du bien. Je découvrais à quel point Jésus est source de vie et de paix, comment il transformait ma vie et pouvait aussi transformer le monde. Je me rendais compte que c’était vraiment lui, le Sauveur !
 
À travers tout cela, un appel du Seigneur est monté en moi : « Est-ce que ce ne serait pas ma place de devenir prêtre, de passer ma vie à annoncer la Bonne Nouvelle, d’annoncer que Jésus est vivant et qu’il nous appelle à la Vie avec lui ? » C’est donc l’appel de Jésus et mon amour pour lui qui sont venus à bout de toutes mes résistances. [...]

C’est ainsi que j’ai commencé à me préparer au sacerdoce, et je suis très heureux. En fait, ce qui me rend heureux, c’est de faire la volonté de Dieu : savoir que je suis là où il veut que je sois, et servir l’Église, être au service de la rencontre avec le Christ. Je donne ma vie pour que le plus de gens possible rencontrent le Christ et trouvent en lui le vrai bonheur, celui auquel nous sommes tous appelés. [...]
 

Propos recueillis par Diane POIRIER
(Article paru dans la revue Signes, vol. 46, no 1)
   
[HAUT]
~oOo~
 
 
Un nouveau prophétisme sur la « Toile »
 
 
La participation à l’office prophétique du Christ habilite et engage les fidèles laïcs à recevoir l’Évangile dans la foi, et à l’annoncer par la parole et par les actes, sans hésiter à dénoncer courageusement le mal. (Christifideles laici, n° 14)
 
 
La présence chrétienne sur le Net est de deux ordres : d’une part, il y a la présence d’Église, à travers les sites qui se réclament d’elle d’une manière ou de l’autre (sites officiels ou sites mis sur pied par des laïcs, agissant seuls ou en collaboration). De l’autre, il y a le simple laïc, utilisateur du Web. En chacun de ces modes de présence, le baptisé est appelé à être prophète. [...] Les occasions en sont sans nombre. En voici quelques-unes qui me viennent spontanément à l’esprit.
 
 
Charité
 
[...] Le monde interactif des blogues, des forums et des communautés virtuelles (Facebook, My Space, etc.). Or, le climat des échanges d’opinions n’y est pas toujours serein, les propos y sont parfois acerbes pour ne pas dire acrimonieux, l’humour blessant, ironique ou cinglant... Interviendrai-je sur le même ton ? Bondirai-je « au secours de la veuve et de l’orphelin »... mais au risque d’écorcher vif tous ceux qui pensent différemment ? [...]
 
 
Vérité
 
Être prophète, c’est aussi être témoin de la vérité. Or, quelle que soit la nature de mes recherches (spirituelles, professionnelles ou pratiques), je me rappellerai que vrai et faux peuvent être mêlés sur Internet, de plus, qu’aucune autorité ne contrôle ou ne garantit le contenu des sites et qu’enfin, il n’est souvent pas possible de vérifier si un site est bien ce qu’il prétend être.

Par souci de justice, je prendrai donc soin, avant de les utiliser ou de les transmettre à d’autres, de contre-vérifier les informations que j’y glane afin de m’assurer de leur véracité, surtout si je ne m’y connais pas du tout sur le sujet : [...]
 
 
Justice
 
La justice est un autre prophétisme qui s’offre à l’internaute. En effet, une fois trouvées les réponses recherchées, si je dois m’en servir, il me faudra citer correctement le texte et signaler toutes les sources auxquelles j’ai puisé. Pour du texte ou de la photo, je devrai m’assurer de respecter les droits d’auteur, et s’il s’agit d’un logiciel, la licence d’utilisation qui m’est accordée. [...]
 
 
Christine GÉDÉON
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 1)
Je veux lire cet article en entier ? Cliquer ici.
Je veux me procurer Signes ? Cliquer ici.
 
[HAUT]
~oOo~
  
 
 

Dans une société portée à endosser sans plus de réflexion les idées véhiculées par la majorité (tout le monde le pense, pense-le donc !), comment se faire une opinion juste et essayer de la faire comprendre ou apprécier par son entourage ? Voici quelques domaines où nous pourrions nous exercer à améliorer nos interventions.
  • Ne pas reprendre à mon compte des généralités hâtives et superficielles. [...]
  • Avoir le courage de formuler une opinion différente de celle prônée par les journalistes ou les politiciens. [...]
  • Affronter le « politiquement correct ». [...]
  • Oser remettre en question la crédibilité de certains films qui, supplantant la réalité des faits, obtiennent une cote de popularité excessive. [...]
  • Renoncer à réduire au minimum les valeurs éthiques ou morales sous prétexte de viser une meilleure cohésion sociale. [...]
  • Ne pas emboîter le pas à la culture occidentale, qui favorise la promotion de nouveaux « droits » en les séparant de la morale chrétienne et même de la loi naturelle. [...]
Témoigner aujourd’hui n’est pas facile, mais l’était-ce plus dans les débuts du christianisme ? Demandons à Jésus sa lumière et sa force pour être mieux en mesure de faire connaître et apprécier la richesse de son Évangile, dont nous sommes les dépositaires.
 
 
Monique VIAU
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 1)
Je veux me procurer Signes ? Cliquer ici.

   
[HAUT]
~oOo~
 
 
Ignace de Loyola, ce méconnu !
 
 
Simple laïc désireux de suivre le Christ et d’aider les âmes, saint Ignace s’est voulu l’humble serviteur de tous ! Et effectivement, depuis le jour de sa conversion jusqu’à sa mort (en 1556), il s’est mis au service des déshérités, de ses compagnons jésuites et de toute l’Église. Bien loin du Supérieur autoritaire qui agit en potentat, le premier Préposé général de la Compagnie de Jésus était connu comme enjoué et de conversation agréable. Mais les préjugés ont la vie dure (cf. Liminaire) ! Aujourd’hui encore, des mythes circulent au sujet d’Ignace de Loyola. Qu’en est-il exactement? [...]
 
 
Diane POIRIER
(Article paru dans la revue Signes, vol. 46, no 1)
   
[HAUT]
~oOo~
 
 
Trois documents importants
 
 
Dans le numéro précédent de Signes, Francine Tremblay a abordé la question du « placement » de personnes en perte d’autonomie dans un centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD). Cette fois, elle traite des mesures de protections auxquelles il importe de penser sérieusement : la procuration, le mandat en cas d’inaptitude et le testament. Toute personne mérite d’être traitée avec dignité, et ce, jusqu’à la fin de sa vie. Aujourd’hui plus que jamais, la prévoyance et la lucidité sont nécessaires pour assurer ce droit et pour faire en sorte que des volontés aussi capitales soient entièrement respectées.
  
 
La procuration, une délégation de pouvoirs

La procuration est un document par lequel nous autorisons quelqu’un à agir à notre place, habituellement dans le domaine administratif et/ou financier. [...] Par exemple, si on ne peut se déplacer, on peut désigner quelqu’un en qui nous avons pleine confiance, pour effectuer des dépôts et des retraits à la banque à notre place. La plupart des institutions bancaires fournissent sur demande des formulaires-types. De plus, leur personnel peut nous assister ou répondre à nos questions.
 
 
Le mandat en cas d’inaptitude, une précaution nécessaire

Depuis une vingtaine d’années, le Code civil du Québec reconnaît à tout individu apte (personne majeure et en pleine possession de ses moyens, c’est-à-dire qu’elle a toute sa lucidité et qu’elle est en mesure de prendre des décisions libres) le droit de désigner la personne de son choix pour prendre soin de lui et de ses biens advenant qu’il devienne inapte. Cela signifie que cette personne est mandatée pour prendre toutes les décisions le concernant, tant au plan matériel, que de santé ou financier. Cette désignation se fait au moyen d’un mandat en cas d’inaptitude, qui peut être notarié, ou rédigé en présence de deux témoins qui ne sont pas concernés par l’acte. [...]
 
 
Le Testament, dernier messager

Pourquoi un testament ? Que nous ayons peu ou beaucoup de biens, faire un testament n’est pas une démarche inutile. En effet, autrement, comment se passera le tri et la répartition de nos biens, objets, mobilier, souvenirs de famille ? [...]

Le testament est le document où nos proches trouveront aussi énoncées nos dernières volontés concernant nos funérailles (le prochain numéro de Signes en traitera spécifiquement) et notre sépulture, etc. Rien ne nous empêche d’y joindre un message à nos proches : remerciement, désir d’une réconciliation, demande de pardon, paroles d’espérance, etc. [...]
 
 
Francine TREMBLAY
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 1)
Je veux me procurer Signes ? Cliquer ici.

   
[HAUT]
~oOo~
 
 
Des temps et des couleurs
 
 
Pour le troisième d’une série d’articles portant sur la messe (cf. Vol. 44 no 3 et vol. 45 no 2), nous avons voulu démystifier ce qui demeure pour certains assez énigmatique : les temps liturgiques et le choix des couleurs dans la liturgie. N.D.L.R.
 
 
Le temps, lieu de rencontre entre Dieu et l’humain, est liturgie : « passé, présent et avenir s’interpénètrent et touchent l’éternité » (cardinal Joseph Ratzinger, L’esprit de la liturgie. Genève, Ad solem, 2002). Dans son inépuisable amour, Dieu me convie, année après année, à entrer de plus en plus dans son alliance, en revivant en Église les grands événements du salut apporté par Jésus Christ. À travers ces temps de préparation (Avent, Carême), ces temps de fête (Noël, Pâques), ces temps où je m’imprègne du mystère (temps ordinaire), l’année liturgique est bien plus que le récit par épisodes d’une seule grande histoire et de ses personnages. Elle me trace un itinéraire spirituel où je marche avec Jésus, où je vais toujours plus loin avec lui, où je vis avec lui dans le temps. Permettant cette contemporanéité intérieure entre moi et le Christ, la liturgie m’entraîne dans une transformation de mon existence en sa direction. [...]

La liturgie chrétienne a toujours été considérée comme une action des personnes tout entières, corps, âme et esprit. Ainsi elle agit par des symboles qui, rejoignant les sens, sont porteurs d’une richesse et d’une signification que n’épuise pas leur efficacité immédiate. Ils actualisent des réalités d’ordre spirituel.

Du blanc, du vert, du rouge, du violet, du rose même... Que signifient ces différentes couleurs des vêtements liturgiques ? [...]
 
 
Hélène CHAYER
(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 1)
Je veux me procurer Signes ? Cliquer ici.

   
[HAUT]
~oOo~
 
 
« Dieu-avec-nous »
 
 
[...] À ce Fils, qui nous est annoncé, Dieu donne toujours, selon la coutume juive, des noms de nature. On l’appelle Jésus, c’est-à-dire « le Seigneur sauve », Emmanuel, ou « Dieu-avec-nous ». [...] Le prophète Jérémie l’annonce comme un Germe juste : il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice, il libérera les gens, les sauvera, les maintiendra dans la sécurité. Ce sont toutes là des notions contenues dans le nom de Jésus. Pour nous, Jésus devrait donc être tout. [...]

Demandons à Notre Seigneur ces qualités humaines qui étaient siennes, puisqu’il les a revêtues pour nous les donner. On dit ici qu’il a jugé avec discernement : nous avons besoin de discernement dans un monde aussi échevelé et énervant, qui nous confronte tous les jours à des choix très délicats, à faire souvent très rapidement, et qui engagent pour longtemps sinon pour toujours et qui peuvent changer toute l’orientation de notre existence.

Demandons à Jésus son discernement. Comme il est aussi roi, demandons-lui de régner en nous. Il faut qu’il soit vraiment notre souverain. Si nous voulons toujours garder tout en main, décider par nous-mêmes, sauvegarder ou récupérer notre autonomie, est-il vraiment notre roi ? [...]

Nous avons tout. Que nous manque-t-il ? Seulement de nous décider, mais cela demande une grâce, qui nous est offerte, et que Dieu nous apporte tous les jours dans son Eucharistie. [...] Demandons avec confiance, avec foi ; et que notre prière s’achève en un vrai fiat.
Vitrail de la Nativité

(L'article complet est dans la revue Signes, vol. 46, no 1)
Je veux me procurer Signes ? Cliquer ici.
HAUT