La Roselière






Complément à Signes vol. 42, no 3
avril - juin 2007

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Organisme communautaire
Service d’accueil, d’écoute et d’information

Grossesse et deuil post-avortement

Présentation sommaire de l’œuvre sociale
La Roselière


L’historique

N
otre oeuvre sociale est née le mercredi, 8 décembre 2004, en la fête de l’Immaculée Conception, à la suite d’une journée de réflexion communautaire sur la vie, et tout particulièrement sur la question du traumatisme post-avortement, qui réunissait 18 personnes. Les deux années qui ont suivi ont été consacrées à la prière, à la formation et au discernement communautaire.

2004
constitution d’un noyau pluridisciplinaire de quatorze membres actifs ;
2005
réflexion, discernement, prière, formation et perfectionnement ;
2006
choix du nom, constitution de la corporation, constitution d’un C.A., demande de numéro d’entreprise en tant qu’organisme de bienfaisance, publicité.


L’inspiration spirituelle

Notre mission puise son inspiration dans la contemplation de la maternité spirituelle de Marie aux noces de Cana. À son exemple, notre fécondité spirituelle et apostolique sera le fruit de deux proximités : intimité avec le Christ par l’accueil du don de Dieu dans la sainte eucharistie et proximité avec la vie humaine par l’accueil des personnes en détresse face à une grossesse imprévue ou à la suite d’un avortement. Notre œuvre de miséricorde désire promouvoir la vie en abondance : Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance (Jn 10, 10). Nous avons choisi de nous mettre sous la protection de Notre Dame de Guadalupe dont nous avons distribué près de mille images-prière.


Notre mission

Les services que nous offrons depuis deux ans sont gratuits et confidentiels. Les membres actifs travaillent bénévolement. Nos deux objectifs se définissent comme suit :
  1. Aider la femme qui vit une grossesse non désirée à prendre une décision éclairée ;
  2. Aider la femme qui a subi un avortement à faire son deuil.

Les moyens de diffusion

Notre publicité se fait au moyen de :
  • signets et dépliants d’information largement diffusés,
  • communiqués dans les feuillets paroissiaux,
  • un article qui fait suite à une entrevue réalisée par la revue de Signes (Montréal) et qui sera publié dans le numéro d’avril-juin 2007 (vol. 42 no 3).

Nos partenaires

Des communautés religieuses et des particuliers nous donnent leur appui.
  • La communauté des religieuses du Bon-Pasteur nous accueille depuis le début pour nos réunions régulières ; trois religieuses font partie de notre groupe.
  • Un bureau de consultation nous est prêté par les religieuses Augustines de la Miséricorde de Jésus pour accueillir les personnes en détresse.
  • Des contributions financières de la part de personnes sensibles à notre projet nous ont permis de défrayer les coûts de la publicité et des documents officiels requis pour la constitution de la Corporation.
Pour rejoindre les destinataires de notre service, nous privilégions les rencontres personnelles avec les responsables des institutions suivantes, dont la majorité nous ont déjà accordé leur confiance :
  • le réseau communautaire des CLSC ; 
  • des centres de pastorale : la Maison Jésus-Ouvrier, le Montmartre, le Pavillon St-Rédempteur, la Villa des Jeunes, le Centre Agapè, le Centre marianiste ;
  • la Clarté-Dieu ;
  • le sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré ;
  • le service de pastorale et le service de « counseling » de l’Université Laval ; 
  • deux cégeps (rencontre prévue pour février 2007) ;
  • plusieurs paroisses de la rive nord du diocèse ;
  • plusieurs communautés religieuses.
Notre organisme figure au Registre des ressources disponibles dans les CSSS de la région de la Vieille Capitale : http://www.csssvc.qc.ca/ressources.


Les réalisations
  1. Aide aux femmes enceintes : nous avons accueilli, encouragé et informé 12 jeunes femmes qui étaient démunies face à une grossesse non désirée. Selon nos informations, deux ont choisi l’avortement. Les autres ont mené à terme leur grossesse avec l’aide de personnes dans leur milieu de vie.
  2. Aide au deuil post-avortement : nous avons fait de l’écoute et de la relation d’aide avec 5 femmes dans leur deuil post-avortement. Trois poursuivent présentement leur processus de guérison.
  3. Une missionnaire de la rue, membre de notre groupe, rencontre régulièrement des jeunes filles enceintes et les encourage à mener à terme leur grossesse.

Notre rêve

Nous souhaitons avoir un jour pignon sur rue pour accueillir des femmes dans un lieu d’humanité où elles pourraient se donner le temps d’un choix libre et éclairé face à la vie qu’elles portent en elles. Nous souhaitons disposer d’une petite chapelle d’adoration placée sous la protection de Notre Dame de Guadalupe.


Louise CARON-GIGUÈRE
Coordonnatrice et présidente du Conseil d’administration
Le 27 janvier 2007



Pour informations

Lise Lamontagne
[HAUT]
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La Roselière

  1. Pourrais-tu nous dire comment a commencé à germer dans ton cœur ce projet d'assistance pour les  fem­mes aux prises avec une grossesse non désirée ou ayant déjà subi le traumatisme d'un avor­te­ment ?
Janvier et février 2004 : Naissance du projet 
 
P
lusieurs facteurs ont contribué à la germination de ce projet. Avec le recul des années, je puis dire que le projet est d'abord le fruit d'une première décision de prendre une année sabbatique après 20 années en pastorale. La pratique du discernement proposé par Ignace de Loyola m'avait fait voir qu'il fallait m'arrêter et  prendre une distance avec mes engagements apostoliques. Durant trois années, de juin 2002 à juin 2005, j'ai approfondi la mystique ignatienne de l'Incarnation pour écrire mon mémoire de maîtrise sur La connaissance intérieure du Verbe fait chair. Ce temps d'arrêt, de prière, de réflexion et d'études m'a permis de retrouver une préoccupation intérieure qui a ressurgi tout particulièrement durant ma retraite ignatienne 2003 et s'est éclaircie à la lecture du message pastoral de Jean-Paul II pour le Carême 2004 ayant pour thème le respect de l'enfant.
 
Je dirais donc que l'une des sources dont est issu ce projet est mon expérience de la spiritualité ignatienne : la pratique du discernement et la contemplation des mystères évangéliques dans les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Mes recherches pour la rédaction de mon mémoire m'amenaient à faire de la contemplation du mystère de l'incarnation mon pain quotidien. Je voyais la dignité extraordinaire de chaque petit être dans le sein de sa mère en contemplant Jésus dans le sein de la Vierge. Je n'avais cependant pas la moindre intention de mettre sur pied un quelconque projet à cette époque.

Tout se déclenche en février 2004 lorsque je lis un article paru dans le journal faisant état des statistiques québécoises et canadiennes concernant les taux de natalité et d’avortement. Je lis qu’une grossesse sur trois se termine par un avortement, qu’il y a 100 000 avortements par année au Canada et 30 000 au Québec. Je réalise tout à coup l’ampleur du désastre : cela représente environ 100 avortements par jour au Québec. Dès lors je ne réussis plus à m’endormir le soir sans penser aux enfants qui manquent, aux mamans traumatisées, à la société en déclin. Je suis déchirée devant mon impuissance face à cette réalité et je me demande ce que je peux faire. Si seulement 1% de ces « embryons » pouvaient avoir le bonheur de voir le jour, déjà nous aurions 300 nouveaux citoyens de plus l’an prochain. Un autre article dans le même quotidien m’interpelle : notre société est l’une des plus vieillissantes au monde et notre population ne se renouvelle que tous les 100 ans. C’était en février 2004 (depuis, il semble y avoir un commencement de baby boum).

Cette problématique me permettait de prendre conscience de ma propre expérience de la maternité. Si elle fut heureuse, ce fut, pour une large part, parce qu'elle a été entourée de l'affection et de la tendresse de mes proches. J'ai pris une vive conscience que l'individualisme de notre société n'encourage pas assez l'accueil de l'enfant qui est fait pour être « porté », non seulement par la mère et par une famille, mais par une communauté de personnes, voire la société tout entière. Comment humaniser notre monde, me demandais-je, et tout spécialement ce qui entoure la vie et la maternité ? La première chose à faire était de devenir de plus en plus accueillante à toute vie et à toute détresse humaine.

  1. Qu'est-ce qui, peu à peu, a confirmé cette inspiration ou t'a fait sentir qu'il s'agissait bien d'une volonté du Seigneur à réaliser pour ses enfants ?
2004 : des personnes signifiantes et des actions

Une rencontre déterminante, celle de Pierre Charette, psychologue à la retraite, en mars 2004. Je me rappelle avoir déjà parlé de cette problématique avec lui. Quelle n’est  pas ma surprise de voir qu’il a déjà monté tout un dossier sur le sujet, dossier qui était en attente de quelqu’un pour s’en occuper. À partir de ce moment, je crois que le Seigneur me demande de m’engager à approfondir la question et à me fier aux signes qu’il me donnera tout au cours du chemin. De nombreux documents me sont désormais accessibles pour m’aider à étudier davantage le traumatisme post-avortement. Je deviens plus objective et moins émotive. Pierre m’apprend que Notre Dame de Guadalupe est la patronne des enfants à naître. Une découverte qui va tout révolutionner puisque, par le biais de l’Université, je viens de découvrir la place de Notre Dame de Guadalupe dans la nouvelle évangélisation. Et si la nouvelle évangélisation passait par l’attention aux plus petits… ?

Ma première action sera de commander des images-prières de Notre Dame de Guadalupe. Je commence à les distribuer à des personnes de mon entourage à qui je demande de porter dans la prière un projet pour la vie, sans savoir au juste ce qui va en ressortir. Jusqu’à maintenant (janvier 2007), j’ai distribué plus de 1000 images-prière « Pour les enfants à naître » à des personnes, des communautés religieuses, des retraitants, etc.

À partir de ce moment, je continue d'écrire mon mémoire mais je consacre une journée par semaine à ce projet. Je commence une vaste « enquête » auprès de personnes triées sur le volet qui peuvent m'orienter et m'éclairer sur une possible action pour la vie. Les premières consultées sont des religieuses du Bon-Pasteur, à cause du charisme fondateur de leur communauté, puis mon accompagnatrice spirituelle, des prêtres accompagnateurs spirituels, des confesseurs, des prêtres en paroisse, des infirmières, des membres de ma Fraternité, des animateurs de pastorale, des professeurs, des laïcs engagés. Je cherche à savoir s'il est plus pertinent de monter un projet d'écoute pour les femmes ayant subi un avortement ou un projet d'aide pour les femmes qui font face à une grossesse imprévue. Tous m’indiquent que la première option leur semble la plus urgente sans toutefois m’inciter à laisser tomber la deuxième. Au contact de toutes les personnes rencontrées, je vois que derrière la triste réalité des statistiques sur l’avortement se joue un grand drame dans le coeur de beaucoup de femmes qui ne réussissent pas à faire leur deuil de leur enfant avorté.

Printemps et été 2004 : des signes importants

J'apprends avec joie que ma belle-fille est enceinte de son 2e enfant. Il naîtra en octobre. J'apprends que ma belle-sœur à la santé fragile est enceinte de son 9e enfant et je lui envoie tout de suite une image-prière de Notre Dame de Guadalupe lui recommandant le projet pour la vie. Plus tard, j'apprends qu'elle connaissait déjà Notre Dame et qu'elle s'était réfugiée auprès d'elle dès qu'elle sut que sa grossesse était à haut risque. Son enfant est attendu pour juillet. J'apprends qu'une jeune femme ayant déjà subi un avortement est enceinte et qu'elle veut garder son bébé. Je décide d'adopter spirituellement cet enfant et cette maman que je ne connais pas. Son enfant naîtra en mars prochain. Je reçois une lettre très touchante et encourageante de mon frère.

J'écris aux autorités diocésaines pour leur faire part de ce projet qui m'habite et je reçois une réponse m’invitant à poursuivre dans ce sens. Je décide d'organiser un pèlerinage à Sainte-Anne-de-Beaupré le 29 juillet ayant pour thème Pèlerins pour la vie et auquel participent 18 personnes venant de diverses Fraternités Foi et Vie et de mon milieu. Notre thème est la protection de la vie. Notre chemin de croix dans la colline fut une expérience inoubliable de prière commune. Ce nom Pèlerins pour la vie demeurera celui du premier groupe que nous formerons à compter de décembre 2004. Le pèlerinage auprès de la grand-maman de Jésus fut un point déterminant pour me soutenir dans l'action. La flamme intérieure avait besoin d'être sans cesse renouvelée, car la lassitude guettera toujours l'ouvrière que je suis.

Une religieuse du Bon-Pasteur devient pour moi une confidente, une proche collaboratrice à cause d'un mémoire qu'elle a déjà présenté à sa communauté en novembre 2003 en vue d'une action auprès des femmes ayant déjà subi un avortement. Elle portait dans son coeur ce projet depuis longtemps et ce fut pour moi un réel réconfort de la rencontrer. Elle et moi avions le même souci avec l'assurance que si Dieu le veut, le projet se réalisera. Nous échangeons régulièrement sur le sujet et nous nous encourageons mutuellement. Je prends rendez-vous avec la responsable des engagements sociaux de sa communauté.

Un  prêtre me remet l'image de sainte Louise de Marillac ainsi que sa biographie. Je décide de lire sa vie et de la prier plus souvent. Elle m'inspire énormément. Je décide que, lorsque je serai à Paris pour la naissance de notre 2e petit-fils en novembre 2004, j'irai prier près de son tombeau au sanctuaire de la Médaille miraculeuse, rue Du Bac.

J'écris de nouveau aux autorités diocésaines pour les tenir au courant de mes démarches. Je reçois une réponse encourageante.

Automne 2004 : un projet qui prend forme

Je présente mon projet écrit intitulé Un lieu pour la vie et le résultat de mes recherches à la communauté du Bon-Pasteur et à plusieurs autres communautés dont les Augustines de la Miséricorde de Jésus. Je ne me ferme à aucune autre proposition de collaboration. Plusieurs personnes s'intéressent à ce projet et j'essaie de les mettre en réseau.

Pour cela j'invite plusieurs personnes intéressées à une journée de prière le 8 décembre 2004, date qui coïncide avec la récollection communautaire de la Fraternité Foi et Vie à Québec. Le programme de cette journée comprend l'eucharistie, la méditation silencieuse de deux textes : Se rendre petit (Récollection communautaire Mater Christi 2004), et Les leçons de Notre Dame de Guadalupe (Pillet, 1992, documents du Centre Leunis). Au terme de cette journée, les participants suggèrent de nous revoir le mois prochain pour partager sur le sujet de la protection de la vie. C'est ainsi que démarre le projet. Des réunions auront lieu désormais tous les mois, toujours avec un thème spirituel comme inspiration de base, dont le premier sera Ils n'ont plus de vin, du Père Ludger Brien, S.J. (homélie du 11 février 1992).

Le texte fondateur de ma réflexion devient le récit des Noces de Cana, car j'y vois la maternité spirituelle de Marie s'exercer de manière discrète et humble.

  1. Quelles ont été les étapes successives de la mise en œuvre de ce service ? Qu'est-ce qui s'est fait au départ ? Comment as-tu fait pour y intéresser d'autres personnes ? Quels moyens as-tu pris pour progressivement sensibiliser d'autres personnes à un tel service ?
2005 : notre groupe se forme

La Providence a permis que je réunisse autour de la même table de nombreuses personnes de mouvements pour la promotion de la vie. Durant mes entrevues en 2004, j’avais rencontré des personnes impliquées dans deux mouvements en faveur de la vie à Québec. J’avais même participé à quelques rencontres de l’un de ces mouvements avec le désir d’en savoir plus sur les objectifs poursuivis. Cependant, peu à peu, je discernais que ces groupes ne rejoignaient pas l’objectif de la compassion pour le traumatisme post-avortement qui m’était indiqué clairement comme étant primordial lors des entrevues que j’avais effectuées sur le terrain. Mon mari partageait cette intuition et me suggérait de ne pas m’engager dans ces deux mouvements.

Le groupe Pèlerins pour la vie s'est donc formé le 8 décembre 2004 de personnes venues des deux autres groupes en question, de religieuses du Bon-Pasteur et de membres de ma Fraternité. Un même objectif se dessinait dans la ligne du charisme du Bon-Pasteur.

Les réunions mensuelles avaient comme objectif premier de prier ensemble et de discerner ce que le Seigneur attend de nous à la lumière d'une Parole de Dieu ou d'un texte spirituel, pontifical ou autre. Nous avions un deuxième objectif, celui de nous transmettre mutuellement les informations que chacune avait pu trouver sur le sujet. Notre troisième but était de nous donner de la formation sur le deuil, sur l'écoute, sur l'accompagnement, et ce, à coût modique, en allant chercher des ressources du milieu qui acceptaient de le faire bénévolement. Nous avons eu accès à des témoignages de personnes ayant vécu un avortement.

Nous réalisons que notre groupe est pluridisciplinaire : divers dons et compétences s’y manifestent. Des membres du groupe essaient de proposer notre service dans les milieux hospitaliers, mais sans succès. Nous avons une meilleure réponse dans le milieu de la pastorale universitaire et au service du « counseling » universitaire. Plusieurs prêtres connaissent notre œuvre naissante.

Des signes

Des signes nous sont donnés : un appel d'une jeune fille à rencontrer qui doit décider si elle se fait avorter ou non : nous devons nous rendre disponibles le jour suivant. Deux personnes du groupe décident d’aller ensemble rencontrer le tout jeune couple. Un autre appel d’une jeune fille qui voudrait avoir de l’aide car elle veut garder son bébé et n’est pas encouragée par le milieu familial. Elle veut se marier. Nous devons la conseiller par téléphone.

Une jeune fille qui est engagée dans la pastorale de rue se joint à notre groupe. Elle rapporte de son voyage au Mexique une affiche de Notre Dame de Guadalupe que je fais encadrer. Un évêque auxiliaire qui a été mandaté par l'archevêque pour veiller sur les groupes et mouvements du diocèse est invité à l'une de nos réunions régulières. Il accepte de participer à la rencontre d'octobre 2005 qui se termine par l'eucharistie au cours de laquelle il bénit l'image encadrée de la Vierge. Nous vivons un moment de grâce ce jour-là et une sorte de confirmation.

Je suis invitée à venir parler de notre projet à des retraitants lors d'une retraite prêchée à l'Île d'Orléans qui avait pour thème Marie, chemin vers Dieu. Tous les retraitants ont reçu l'image-prière et deux personnes m'offrent une aide financière pour démarrer le projet.

Les religieuses Augustines de la Miséricorde de Jésus nous prêtent un bureau de consultation pour nos rencontres éventuelles avec des personnes désirant faire leur deuil post-avortement.

2006 : la mise en œuvre de la corporation

Nous prions et réfléchissons quelques mois sur le nom à donner à notre groupe jusque là appelé PÈLERINS POUR LA VIE. Nous nous arrêtons sur LA ROSELIÈRE  à cause de la symbolique et de la féminité du nom.

Nous faisons des recherches pour savoir comment procéder à l'enregistrement de la corporation ; nous recevons l'aide bénévole d'un avocat pour nous éclairer sur la manière de mettre sur pied la corporation. Nous mettons beaucoup de temps sur la demande d'enregistrement du nom et la constitution de la corporation. L'étape de structuration de la corporation fut la plus difficile pour moi. Elle demande des compétences administratives que je n'ai pas. Deux membres du groupe s'acquittent très bien de cette tâche.

Nous faisons imprimer 1000 dépliants et des signets. Nous distribuons les feuillets. Nous écrivons un texte publicitaire et nous ouvrons une adresse de courriel. Nous avons trois téléphones cellulaires disponibles en permanence.

Une personne du groupe élabore un programme de relation d’aide. Elle prépare une feuille de route pour chaque membre qui est tenu d’indiquer toutes les heures travaillées bénévolement pour l’oeuvre.

D'autres signes

Pendant ce temps, des prêtres sont mis au courant de notre œuvre et nous réfèrent des femmes en difficulté. Nous passons beaucoup de temps à nous faire connaître par des rencontres individuelles.

Une journée de prière est vécue par le groupe la veille de la fête de l'Annonciation. Un entretien très éclairant avec un religieux nous encourage dans notre voie. Je suis très consolée durant cette journée.

Un encouragement particulier d'un prêtre qui voit dans ce projet une manière de travailler à la nouvelle évangélisation. Il me propose la lecture d'un texte de Benoît XVI sur la nouvelle évangélisation, que j'offre à la méditation de tous les membres.

Nous recevons quelques dons qui nous permettent de payer tous nos frais.

Deux agentes de pastorale se sont montrées vivement intéressées à publiciser notre œuvre. Plusieurs équipes pastorales ont reçu l’information et une publicité pour le feuillet paroissial.

Cinq appels pour des deuils post-avortement ont reçu et reçoivent un suivi. De l’aide leur est offerte.

  1. Présentement, en quoi consiste le service mis sur pied ? Qui y coopère ? Qui rejoint-il ? Peux-tu apporter, ici, des exemples concrets d'aide et d'assistance rendus possible à ce jour (bienfaits prodigués par ce service) ?
Présentement, chaque membre a un rôle précis dans notre groupe. Nous avons un CA (présidente, vice-présidente, secrétaire-trésorière, conseillères). Chaque service est sous la responsabilité d’une équipe : le service de relation d’aide, le support informatique, le programme de marrainage, les communications avec les milieux scolaires et de la santé. Une personne est responsable de la bibliothèque, une autre du secrétariat et des finances, une autre de la coordination d’ensemble. Plusieurs religieuses nous offrent l’appui de leurs prières et de leurs conseils, et un prêtre religieux soutient spirituellement le groupe.

Cinq femmes en post-avortement ont bénéficié ou bénéficient actuellement de rencontres régulières gratuites avec l’une des membres habilitée à faire de la relation d’aide. Chaque intervenante est tenue à la confidentialité mais tient un journal de bord.

Une douzaine de personnes ont fait appel à nous dans l’interrogation face à la grossesse. Nous recevons des nouvelles des jeunes filles qui ont eu leur bébé, par l’entremise de notre travailleuse missionnaire de rue. Le plus souvent, elles ont trouvé de l’aide auprès de leur famille. Notre rôle est de les encourager et de les orienter par téléphone vers des ressources disponibles.

  1. Y a-t-il d'autres développements entrevus pour cette œuvre ?
Prochaines étapes :
  • Recevoir du gouvernement la possibilité d'émettre des reçus pour déductions pour fins d'impôt (nous attendons notre numéro pour le printemps 2007).
  • Offrir notre service bénévole via le service de santé (CLSC, hôpitaux, cliniques) (nous figurons depuis le 1er janvier au Répertoire des ressources disponibles des CSSS).
  • Pouvoir ouvrir un lieu de silence où les personnes pourraient faire leur deuil à la suite d'un avortement.
  • Pouvoir offrir la possibilité à la femme qui est en décision d'avorter de prendre quelques heures ou quelques jours de répit dans un lieu d'accueil inconditionnel où elle pourrait recevoir écoute, information et soutien à la maternité. Pouvoir annoncer ce lieu dans les milieux hospitaliers.
  • Écrire un article sur notre service dans des revues de pastorale ou autres.
  • Pouvoir ouvrir une petite chapelle d’adoration.

  1. Quels sont tes sentiments intérieurs face à cette réalisation et au fait que tu en aies été l'instrument ? Quel mot d'encouragement ou quelle interpellation adresserais-tu aux chrétiens et chrétiennes qui veulent répondre aux appels de l'Esprit mais qui se sentent si petits face aux défis de l'évangélisation et de la mise en œuvre de la charité, aujourd'hui ?
Sentiments :

Pauvreté, fragilité et action de grâce. J'ai le sentiment d'avoir été un instrument et que rien n'aurait pu voir le jour sans Marie qui fait toute chose humblement et discrètement. Dieu pourvoit à tout. J'ai le sentiment que le discernement ignatien m'a conduite là où je n'avais pas prévu aller et que j'aurais pu passer à côté de cette expérience si je n'avais pas décidé de prendre une distance avec mes engagements antérieurs. Tout remettre à la Vierge constamment m'a permis de revenir au feu intérieur qui m'habitait au début du projet. J'ai le sentiment d'exercer une maternité spirituelle avec Marie. J'ai le sentiment qu'il faut être des agents de communion et bâtir des projets avec d'autres pour humaniser notre monde.

Encouragements :

Consulter
Prendre le temps d'écouter intérieurement la voix du Seigneur. Mettre la Vierge « dans le coup ». Ne pas avoir peur de demander des conseils à des personnes de confiance. Multiplier les rencontres avec des personnes compétentes qui peuvent nous « donner l'heure juste » sur la problématique. Aller voir ailleurs ce qui se fait dans d'autres organismes. Ne pas brûler les étapes ni passer à l'action trop vite. Demander conseil. Avoir un bon guide spirituel.

Travailler
Passer à l'action. Garder les pieds sur terre, être réaliste : tout projet pour se réaliser demande des efforts, et des efforts constants. Si Dieu pourvoit à tout, il n'aime pas travailler seul : il préfère compter sur nous. Être disponible et renoncer souvent à des loisirs agréables pour mener à bien le projet. Être fidèle à nos objectifs. Travailler en équipe et susciter des collaborations. Faire confiance aux autres.

Espérer
Ne pas se décourager lorsque les déserts se pointent, lorsque la morosité veut s'installer ou que nos efforts semblent ne pas donner de résultats. Faire confiance : si c'est l'œuvre de Dieu, il y aura des signes à chaque étape. Dieu envoie toujours les bonnes personnes au bon moment, mais il faut aiguiser son regard parfois pour les reconnaître comme des envoyés. Recourir à la prière et à la Parole de Dieu pour renouveler l'espérance et être réceptifs à la grâce.

Vivre dans la sainte indifférence
Savoir tout remettre à Dieu et se détacher de son projet.




ANNEXE


Bibliographie
  • Carretto, Carlo, Né pour l'Éternité, Montréal/Paris, 1987, Médiaspaul, 159 p.
  • Jean-Paul II, L'Évangile de la Vie, Montréal, 1995, Médiaspaul, 206 p.
  • Jean-Paul II, Vocation et mission des laïcs, Montréal, 1989, Éditions Paulines, 183 p.
  • Jean-Paul II, Message pour le Carême 2004, Vatican, 8 décembre 2003.
  • De Cathelineau, Philippe, Quand Rachel pleure ses enfants – Les lendemains douloureux de l'avortement, Paris, 2003, CLD. Éditions, 128 p.
  • Lejeune, Jérôme et Poullot, Geneviève, Maternité sans frontières, Paris, 1986, Éditions V.A.L., 140 p.
  • Ganne, Pierre, L'Évangile et le mal, Québec, 1999, Anne Sigier, 150 p.
  • Stanford, Suzanne, Une femme blessée, Paris, Fayard, 1986.
  • Divers articles sur l'avortement parus dans des revues médicales.
  • Les données statistiques (Canada et Québec) sur la démographie et la natalité sur internet.
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« Celui qui se fera petit comme cet enfant,
c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux
»
(Mt 18,4)

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