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En tant que consacrée, que crois-tu pouvoir offrir au monde d'aujourd'hui ? Oui, la vie s'est manifestée, nous l'avons contemplée, et nous portons témoignage. [...] Ce que nous avons entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi (1 Jn 1, 2.3). Pour moi, cette parole résume bien ce qu'une personne ayant consacré sa vie à l'Amour, peut offrir de plus précieux au monde. Être pour les autres celle qui a expérimenté la vérité de l'Amour, de ses enseignements et commandements, le bonheur d'une vie à la suite du Christ et d'un cœur comblé par une relation personnelle avec le Seigneur. Bref, être un témoin de la joie de vivre en enfant de Dieu. En tant que consacrée, j'offre aussi au monde le témoignage de la disponibilité, de la gratuité et de l'accueil, qui sont des denrées plutôt rares dans notre société. En tant que membre d'une communauté, ma vie fraternelle peut aussi être signe de joyeuse communion, dans un monde souvent marqué par l'individualisme et la division. Peux-tu
nous partager une décision importante que tu as prise par rapport à la
façon dont tu désires vivre ta vocation ? Quels obstacles as-tu
rencontrés et quelles grâces as-tu reçues ?
Au terme de mes trois ans de probation, lorsque ma demande de consécration a été accueillie, au nom de l'Église, par la Responsable de ma communauté, j'ai senti une grande force dans ma décision : l'assurance de faire la volonté de Dieu. Cette force me permet d'avancer résolument, avec la grâce, sur le chemin de la vie consacrée. Chacun, à sa façon, est appelé à être visage du Christ. Quelle est ta manière propre de le refléter ? Dans les Constitutions de mon Institut, il y a une phrase qui résume bien le visage du Christ que j'ai le plus à cœur de refléter : Témoigner de l'amour de Dieu pour les hommes et aider les hommes à accueillir cet amour. Au quotidien, j'aime penser que je n'ai rien de mieux à faire qu'aimer ! Comment puis-je manifester de l'amour aux personnes ? Lorsque je prie un passage de l'Évangile, je demande à Jésus de me révéler les sentiments qui l'habitent : par exemple, quand il s'entretient avec telle personne ou lorsqu'il est témoin de telle situation. Puis, je lui demande la grâce d'unir mon cœur au sien pour pouvoir exprimer son amour, par la qualité de ma présence ou par mon regard et mon sourire, à ceux et celles qu'il met sur ma route. Je cherche ce qui serait le meilleur pour l'autre, ce qui l'aiderait le plus à accueillir l'Amour dans sa vie ou à y reconnaître sa présence. Alors, je deviens un peu comme un guide touristique, aidant les voyageurs de cette vie à ne pas passer à côté de la plus grande merveille de leur périple sur terre : l'Amour. En tant que consacrée, quel est ton rôle personnel et unique au sein du Corps du Christ ? Selon Vatican II, la mission des consacrés est de faire comprendre la nature intime de la vocation chrétienne et la tension de toute « l'Église-Épouse » vers l'unique Époux. Dans son exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, Benoît XVI reprend la même idée lorsqu'il dit de la vie consacrée qu'elle est expression du don exclusif de l'Église au Christ, qu'elle accueille comme son Époux avec une fidélité radicale et féconde. Ce rôle, l'Église compte sur moi pour le réaliser selon le charisme propre de ma communauté. Il se résume dans une petite prière enseignée par notre Fondateur, le Père Ludger Brien, jésuite : Seigneur Jésus, apprends-moi à tout faire avec calme, avec soin, avec joie, par amour, en union avec Marie, ta Mère et la mienne. En vivant vraiment cette petite prière, je m'assure d'être en constante union avec le Seigneur, d'entrer dans son Alliance. Mon bonheur invitera les autres chrétiens, j'espère, à ouvrir leur cœur et leur vie au Seigneur, qui désire s'unir intimement à eux. C'est ainsi que chaque baptisé pourra dire avec saint Paul : Ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20) et qu'un jour, nous ne formerons qu'un seul corps (1 Co 12, 20). Concrètement,
comment ta mission au sein de l'Église rayonne-t-elle dans le monde,
dans ton milieu de travail et dans la société ? En tant que laïque consacrée, je vis modestement, dans un logement loué. Je fais l'épicerie, je prends le métro, je visite famille et amis, etc. C'est par le témoignage de l'être que je cherche à répandre l'amour du Seigneur dans la société en général et, en particulier, auprès des personnes avec lesquelles j'entre en contact. Par exemple, en souriant et en montrant de la compréhension envers une caissière fatiguée ou, lors d'une conversation, en cherchant à entraîner une personne sur un plan plus profond ou spirituel. Au Centre Leunis, maison de ressourcement où je travaille, je cherche à favoriser le recueillement des retraitants en m'appliquant à vivre la petite prière dans toutes mes tâches. Sans doute, le fait que le repas soit bien présenté et prêt à temps, que les chambres soient propres et accueillantes, etc., les aide à demeurer en présence du Seigneur, et leur témoigne qu'ils ont du prix à ses yeux. J'étends aussi mon action dans le monde en aidant les jeunes adultes que j'accompagne spirituellement et les membres de la Fraternité Foi et Vie que j'anime à devenir de meilleures personnes, des chrétiens rayonnants et engagés dans leurs milieux de vie et dans l'Église. J'en suis persuadée, eux-mêmes aideront ceux qui les entourent, et ainsi de suite... ~oOo~ La conversion par Internet
Sous l'emprise du dieu Richesse Depuis l'âge de douze ans, où il commence à travailler pour s'acheter un scooter, la vie de David est conditionnée par la passion de l'argent. Dans son esprit, richesse = autonomie, bonheur, réussite. Son ambition : être riche et bien vu, être hot, avoir une maison, un chalet, un quatre roues... avoir du prestige, être indépendant. À quinze ans, il travaille chez un marchand de fruits et légumes et peut ainsi se procurer ce que tant d'ados prisent... « J'étais toujours à la mode, et populaire. Mais, peu à peu, j'ai commencé à délaisser la prière et la pratique religieuse. » Puis, il entreprend ses études en marketing, « pour faire beaucoup d'argent, bien entendu ! Peu importait ce que je faisais pourvu que cela paye ! » Chaque semaine, il consacre une quarantaine d'heures à ses cours et quarante autres au travail. Les femmes prennent de plus en plus de place dans sa vie. À la fin de ses études, il est déjà propriétaire d'une belle maison !
De retour à la maison, David reprend la prière et, suivant le conseil qui l'accompagne : « Ne faites pas que réciter cette prière, mais dites-la de tout votre cœur », il s'agenouille et prie intensément. Une fois couché, il est content d'avoir pu dire sincèrement cette prière et en remercie le Seigneur. Il se sent alors envahi d'une Présence et des sentiments nouveaux montent en lui. Il lui semble entendre Jésus parler à son cœur et ouvrir ses yeux à la Lumière. « Ton problème avec l'argent, David, ta crainte d'avoir à dépendre de qui ou de quoi que ce soit, ton besoin d'indépendance, je t'en dégage. Te rends-tu compte que tu es déjà riche ? Des milliards d'êtres en ce monde n'ont pas de quoi manger ? ni d'eau potable à boire ? ... » Comprenant que le Seigneur veut le guérir de son esprit matérialiste, de sa maladive ambition de vouloir toujours plus de richesses, David fond en larmes. Puis, de nouveau, Jésus fait la lumière en lui : « Te rends-tu compte que je t'ai tout donné : ce que tu es, ce que tu possèdes, et Line, ton épouse ? » Dans l'action de grâces, David sent que le Seigneur efface de sa mémoire les images pornographiques qui le souillent. À l'école de la Parole Il se sent invité à lire la Bible pour trouver réponse à « sa question ». En effet, depuis longtemps, il se demandait quelle était la vraie religion. « J'avais déjà longuement réfléchi à ce sujet, échangé avec des jeunes de diverses confessions, sans avoir la certitude que la religion catholique était bien celle à adopter. » David entreprend de lire les quatre Évangiles. Il plonge dans celui de Jean, puis de Matthieu, de Marc et finit par celui de Luc. Sa réponse, il la trouve dans le passage synthèse de saint Luc (Lc 16, 16-18). Il y découvre que Jésus achève l'ancienne Alliance (religion juive) ; qu'il inaugure la loi nouvelle du Royaume de Dieu (religion catholique) et affirme que pas un « i » ne passera de cette loi. Enfin, le dernier verset, sur l'adultère, David le reçoit en plein cœur : « celui qui répudie sa femme » — pour lui : celui qui répudie sa religion — est adultère » ! « J'avais enfin ma réponse ! Et c'était très clair... Jésus voulait que je vive ma religion catholique et que je m'insère, ici, dans son Église. » De pécheur à disciple Un dimanche, alors qu'il se trouvait à la messe avec son épouse et ses parents, il ose à peine chanter et proclamer ainsi sa foi en Jésus. De nouveau, il reçoit une lumière intérieure : « David, tu me connais, tu sais que je suis dans l'hostie et pourtant tu as honte de chanter par crainte de ce que les gens vont penser de toi. » Il revoit alors son passé : que de fautes commises à cause du respect humain. Il réalise que seule l'opinion de Dieu compte. Soulagé d'un immense fardeau, il renonce à se préoccuper de l'opinion des autres. Au moment de la consécration, deux suggestions s'opposent, dans son esprit : « Vas-y, mets-toi à genoux, proclame ta foi » et « De quoi auras-tu l'air ? » (il s'agissait d'une messe en plein air, sur un terrain asphalté et tout le monde était assis). « Je m'agenouille enfin, remerciant le Seigneur, pleurant d'amour et de joie. Mon épouse s'agenouille à son tour. Après la messe, sur la route du retour à la maison, pris d'émotion, nous nous arrêtons au bord du chemin pour pleurer. »
~oOo~ Mission Nazareth
Un appel insistant D'abord, pourquoi ai-je accepté de participer au projet Mission Nazareth ? Depuis toujours, le Seigneur m'appelle... Il y a quelques années, j'ai tendu l'oreille à une ènième invitation... Doucement, patiemment, Il m'a attirée vers Lui, a fait naître dans mon cœur le désir de Le connaître et chercher le projet d'amour qu'Il a pour moi. Jusqu'alors, j'avais mené ma barque sans Lui et... sans trop de succès. À 35 ans, je pouvais dire que j'avais eu une existence riche en expériences mais vide de sens. J'avais goûté à tous les plaisirs de la vie, mais je me sentais si vide à l'intérieur... J'éprouvais un besoin urgent de sortir de moi-même, de me donner à une cause... J'ai toujours ressenti un attrait pour les exclus : sans-abri, déficients intellectuels, marginaux, mais je me sentais si impuissante et la peur du rejet m'empêchait de faire des pas vers eux. Je ne connaissais pas encore l'arme la plus puissante qui soit (et gratuite en plus !) : l'AMOUR. Un rendez-vous d'amour... transformant Ma première expérience des Exercices spirituels de saint Ignace a été déterminante dans mon cheminement de foi. Cette retraite fut l'occasion d'une véritable rencontre personnelle avec le Seigneur, qui m'a fait la grâce de goûter son amour, sa tendresse, sa miséricorde... Je me sentais alors invitée à un premier pas, qui consistait à me libérer de biens matériels qui encombraient mon existence. J'avais tant de joie à me départir de mes biens ! J'avais un réel désir de tout ramener à l'essentiel. Je me disais même : « Je serais heureuse d'habiter une chambre aussi petite que celle de ma retraite de huit jours. » Serait-ce une invitation du Seigneur à la vie consacrée ? Cette idée me faisait sourire et trembler à la fois. Je la gardai donc dans un tiroir de ma mémoire, bien enfouie. Un attrait qui se précise Après cette fameuse retraite, je me sentais portée par l'Esprit Saint à de grands dépassements. Je me suis engagée dans ma paroisse à l'enseignement de la catéchèse aux enfants ; j'étais plus attentive aux souffrances et besoins des gens qui m'entourent et je m'ouvrais comme une fleur au soleil ! Mon travail dans le domaine médical ne me satisfaisait plus. J'aurais voulu faire du bénévolat à temps plein, m'engager davantage en Église... Je voulais répondre à l'amour de Dieu en faisant du bien autour de moi, bien simplement... Et hop, on saute ! Je me sentais de plus en plus interpellée par la vie consacrée, mais je n'avais aucune idée de ce que signifiait donner sa vie à Dieu... Et voilà qu'au Centre Leunis où je cheminais depuis deux ans, on m'offre de vivre Mission Nazareth justement pour en faire l'expérience concrète en partageant le quotidien et l'apostolat d'une famille de laïcs consacrés. Les circonstances du moment étant favorables, je me suis lancée dans cette aventure pour une année. Il m'aura fallu quelques mois d'adaptation à cette nouvelle discipline de vie pour en goûter toute la saveur. Ce qui m'a aidée dans les moments difficiles, c'est bien sûr l'accompagnement spirituel, mais aussi le sentiment profond d'être aimée par les membres de la communauté et soutenue par leurs prières. J'ai senti le Seigneur tellement présent dans chaque personne qui, au quotidien, avec patience et délicatesse, m'a accueillie, souri, encouragée, écoutée... L'enseignement le plus précieux, je l'ai reçu en regardant ces gens vivre avec le souci de mettre l'Évangile et la petite prière du Père Ludger Brien, S.J. au cœur de leur vie. Toute une expérience ! Je rends grâce au Seigneur pour cette expérience de vie qui fut exigeante, mais combien comblante ! À travers la formation reçue, j'ai appris à mieux me connaître et à discerner ce qui me rapproche ou m'éloigne de Dieu. J'ai découvert les renoncements auxquels j'étais appelée si je voulais donner au Seigneur la place qui Lui revient dans ma vie, etc... J'ai aussi vécu de très beaux moments en Église : Semaine sainte, Procession de la Fête-Dieu, Montée Jeunesse 2007, Pèlerinage ignatien. Ces occasions de rassemblements chrétiens ont grandement fortifié ma foi, en plus d'être l'occasion de rencontres extraordinaires ! Du temps pour discerner Au terme de mon année de discernement, j'avais bien progressé, mais je ne me sentais pas du tout prête à faire un choix. J'avais remis ma profession entre les mains du Seigneur, me sentant appelée à servir dans l'Église. Je sentais le besoin d'être encadrée pour persévérer dans ma vie de prière et je désirais explorer d'autres vocations religieuses... Il ne me restait qu'une chose à faire pour démêler tout cela : une retraite des Exercices pour livrer à Dieu tous mes désirs, mes rêves, mes peurs et Lui demander ce qu'Il attend de moi pour la suite. Durant ces huit jours, Il m'a ouvert délicatement les yeux pour me faire voir qu'Il me voulait là où j'avais fait mon année de discernement, c'est-à-dire dans la Société du Christ Seigneur ! En avant ! J'ai répondu oui à son appel, confiante qu'Il me donnera les grâces dont j'aurai besoin pour bien vivre cet engagement de don total au service de l'Église, pour sa plus grande Gloire et le salut des âmes. La grande aventure est commencée. Que la Vierge Marie me soit en aide ! ~oOo~ D'autres témoignages
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