« 
Tu m’as appelée, me voici ! » (1 S 3, 1-9) 

Adrienne Cabana
Adrienne Cabana a assisté à la nais­sance de la Société du Christ Seigneur et participé étroitement à sa croissance, souvent dans l’ombre, assumant avec la plus grande discrétion les lourdes res­pon­sa­bilités qui lui ont été confiées. Nous la remercions vivement de nous livrer ici son cheminement intérieur.
  
Qui, dans le creux même d’une épreuve, d’une maladie, d’une souffrance morale, n’a perçu un jour, ne fût-ce que l’instant d’un éclair, un appel du Seigneur, une touche de la Grâce, une caresse du divin Consolateur, et ne l’a gardée, comme un précieux tré­sor, au fond de son cœur ? Qui n’a pas été bouleversé par cet­te ondée spirituelle ? Ou l’ayant ou­bliée pour un temps, ne l’a re­trouvée comme un phare dans la nuit, pour enfin répondre à l’invi­tation discrète manifestée sous une autre forme ?

Cela m’est arrivé ! Toute jeune. Confinée à la maison - les joies de l’hiver m’étant interdites à la suite d’un accident de voiture - , je regarde tristement les autres enfants se rouler de plaisir dans la neige en ce beau dimanche de janvier... Jusqu’au moment où, pour me distraire, il me vient à l’esprit d’aller chercher un vieux livre de prières conservé dans un tiroir de précieux trésors an­ciens. Seule dans la maison, à peine ai-je commencé à lire que je suis touchée par une Présence intime si profonde que jamais je ne pourrai l’oublier.

Jésus m’attira si fort à lui que cha­que dimanche de cet hiver, j’étais pressée de le retrouver, le vieux livre de prières étant deve­nu le lieu privilégié de notre ren­contre. Les autres enfants pou­vaient bien s’amuser au-dehors, moi j’étais ravie d’être seule avec Jésus. Première expé­rien­ce de con­solation sensible, que je com­prendrai... plus tard ! Ori­gine lointaine d’une vocation à la vie consacrée qui prendra quel­que temps à se développer : étu­des et profession d’ensei­gnan­te m’oc­cu­pent et le divin Con­so­la­teur me touche si douce­ment que, pour le moment, je me sa­tis­fais, semble-t-il, de cette hon­nête vie chrétienne.

À 21 ans toutefois, je crois ré­pon­dre à son appel en entrant dans une communauté ensei­gnan­te où je me sens des plus heu­reuse : Tu m’as appelée, me voici ! À peine trois mois se sont-ils écoulés qu’un handicap d’au­dition se manifeste et je dois quit­ter la communauté. Décon­cer­tée, je vivrai quelques années à interroger le Seigneur : « Que veux-tu de moi ? » Pourquoi ce han­dicap qui, tout en s’aggra­vant presque impercep­ti­ble­ment, ne m’empêche pas de re­tour­ner à l’enseignement (où j’œu­vrerai sept autres années) ? Et pour­quoi les consolations spi­ri­tuelles continuent-elles de m’en­va­hir en pleine rue, au tra­vail, dans les loi­sirs ? J’y recon­nais bien Jésus, mais il ne me dit rien de plus...
 
Année Sainte 1950

Mil neuf cent cinquante : année mar­quante dans ma vie ! Invitée avec d’autres enseignantes à for­mer une Congrégation mariale qui nous réunit chaque semaine après la classe, je m’initie à la spi­ritualité ignatienne, qui m’ap­prend le discernement spirituel, et je chemine joyeusement, con­quise par la Vierge Marie qui me conduit à Jésus, le Bien-aimé dé­jà rencontré. Je ne me pose plus de questions, car je suis en­ga­gée apostoliquement, et je suis heu­reu­se. Mais ce n’est qu’une éta­pe ! ...

Envoyé en pays de mission, le directeur de la Congrégation nous oriente vers le Secrétariat national des Congrégations ma­riales. Nous y sommes reçues par le Père Ludger Brien, s.j., pro­mo­teur des Congrégations, qui nous informe, avec une convic­tion communicative de l’exis­ten­ce d’une section d’ensei­gnantes à l’intérieur de la Con­grégation du Secrétariat. Avec quelques-unes de nous, je déci­de de m’y joindre et, encore une fois, je crois que l’enseignement et la Congrégation répondent pleine­ment aux appels intérieurs que je perçois.

L’expérience des Exercices spiri­tuels  me gagne à suivre Jésus de plus près dans une nouvelle voie, mais laquelle ? Entendant le Père Brien parler de la communauté de laïques con­sacrées qu’il a fondée il y a quel­ques mois à peine, je m’y sens attirée. Je suis interpellée par ce prêtre qui nous enseigne si lumi­neu­sement l’amour de Jésus, de la Vierge Marie et de l’Église. Il de­vient alors mon accompagnateur spirituel et m’invite au grou­pe qui se réunit chaque sa­medi soir au Secrétariat, de façon plu­tôt dis­crète. Le Père nous initie au Sommaire des Constitutions de la Compagnie de Jésus. Je me sens toujours plus attirée par la personne de Jésus, que ce jé­suite laisse trans­paraître par tout son être et son agir.

La communauté naissante n’a ni Constitutions, ni maison, ni vie communautaire, si ce n’est celle de la Congrégation mariale dont nous sommes toutes membres. Mais c’est déjà une assise solide, car elle nous propose la sainteté dans une vie ordinaire où s’unis­sent prière et action apostolique.

Expérience de foi aveugle

Je traverse l’année 1952-1953 en­gagée à plein dans l’enseigne­ment et cette nouvelle manière de vivre. Le Cardinal Paul-Émile Léger ayant encouragé le Père Brien à acheter une maison pour y loger des permanentes affec­tées au service des Congréga­tions, je perçois intérieurement l’appel à tout quitter : famille, amis, profession, études, voya­ges et plaisirs : Tu  m’as  appelée, me voici ! L’attrait de Jésus est tellement puissant qu’il l’empor­te sur tout ce qui me semblait auparavant si in­té­res­sant. En septembre 1953, je me retrouve au milieu de plus jeunes que moi, toutes en­thou­sias­tes de suivre Jésus dans la voie qu’il nous trace par ce Père qui s’i­gnore encore comme fon­da­teur.

Un peu désorientée toutefois, sen­timent bien compréhensible ! Quitter l’enseignement après dix années comblantes, me retrou­ver dans l’inconnu, remplir diver­ses tâches nouvelles auxquelles je ne me trouve pas préparée, rien de tout cela ne pourrait du­rer un mois si déjà Jésus n’était Tout pour moi, s’il ne remplis­sait ma vie : « Pour son amour, j’ai voulu tout perdre » (cf. Ph 3, 8).

Cette vie de prière et d’action se poursuit avec calmes plats ou tem­pêtes, vallées désolantes ou as­censions transfigurantes ! C’est ainsi que j’approfondis l’expé­rien­ce du discernement spirituel et que la joie intérieure de servir le Seigneur triomphe des atta­ques du Malin. Chaque matin, ré­pétant : Tu m’as  appelée,  me voi­ci !, je marche au pas de Dieu, dans la foi aveugle de qui se lais­se conduire par l’Amour et dé­pouil­ler selon les appels du mo­ment. Dès 1961, je suis nom­mée Responsable du groupe, mais des problèmes de santé ne tar­dent pas à me décharger de ce far­deau. Pour peu de temps ! En 1969, je dois remplacer subi­te­ment la Responsable en fonc­tion : Tu  m’as  appelée,  me  voici ! Sauf un intervalle d’environ quin­ze mois, je remplirai ce ser­vice jusqu’en 2005, réélue d’un terme à l’autre.

Entre deux Années Saintes

Que s’est-il passé entre 1950 et 2000, années de grâces qui en­cadrent ma vocation à la Société du Christ Seigneur ? Une ascen­sion d’amour dans le quotidien, la poursuite de la sainteté à tra­vers les menus dé­tails d’une vie tou­te vouée au ser­vice dans des res­pon­sabi­lités tou­jours plus lour­des. De 1969 à nos jours, j’ai vé­cu dans une com­munauté nais­sante les bou­leverse­ments dus à la Ré­vo­lu­tion tran­quille et par­ti­cipé acti­ve­ment à la recon­nais­sance de no­tre Société selon son charis­me et sa mission pro­pres dans l’É­gli­se. J’ai connu aus­si les joies des actions de grâ­ces pour la crois­san­ce dis­crè­te mais con­ti­nue de la Société sous la vigi­lan­ce de son Fon­da­teur ; j’ai par­tagé jour après jour une lente ex­pan­sion des Fra­ter­nités Foi et Vie, des Équipes Pier­res Vivan­tes, des Étoiles Mater Christi, qui s’épa­nouiront dans une fa­mille spiri­tuelle vouée à la Mère du Christ.

Que deviendra la Société du Christ Seigneur ? On peut se le de­mander en cette année de son 60e anniversaire de fondation. Sa mis­sion de promouvoir l’esprit de l’Évangile et la sainteté dans le mon­de demeure toujours ac­tuel­le, puisqu’il s’agit simple­ment de sanctifier toute sa vie en l’insé­rant dans la volonté tou­jours ado­rable de Dieu, faisant tout avec calme, avec soin, avec joie, par a­mour, en union avec Ma­rie. Tou­te per­son­ne de bon­ne volon­té, à tout âge de sa vie - même un en­fant - peut y par­ve­nir, si elle est édu­quée dans cette voie tou­te simple de crois­­sance pas à pas, jour après jour, dans la Grâ­ce qui ne nous man­que jamais.

Si vous avez en­tendu un pre­mier appel à suivre Jésus, puis­siez-vous être inspi­rés de lui ré­pon­dre : Tu  m’as  appelée, me voici !
 
 
(Adrienne CABANA, Signes vol. 37, no 1, pp. 2-5)
 
~oOo~

   
Bien mieux que des tulipes
 
Yvonne Tremblay
L'an dernier, est décédée une femme envers laquelle j'ai une grande admiration : Yvonne Tremblay, membre de la Fraternité Foi et Vie Marie - Mère - de - l’Église, à Rosemont. Un jour, j'ai eu la chance de l'interviewer. À la fin de notre entretien, sachant que j’aime beaucoup les tulipes, elle me dit : « Un jour, tu devrais aller à Ottawa, sur le bord du canal Rideau, c’est extraordinaire ! » Je ne le lui ai pas dit, mais notre conversation valait pour moi toutes les tulipes du monde ! Je serais restée avec elle pendant des heures ! En voici la substance...

Elle avance lentement, la marchette bien en main, entièrement concentrée sur des pieds qui ne sont mus que par une volonté de fer. Impressionnée, je lui demande : - Un grand effort ? - Non, pas trop !, répond-elle en s’asseyant.

Bien coiffée, simplement mise, la grande dame commence à s’adapter à sa nouvelle situation. Un ascenseur a été installé dans la maison, et Yvonne n’est plus jamais seule. À la suite d’un ACV qui l’avait laissée paralysée et sans voix pour quelques jours, une de ses jambes est morte. L’autre ne vaut guère mieux et la fait beaucoup souffrir à certains moments. Il lui en faut du courage !... Mais Yvonne n’en manque pas, ni d’ailleurs de détermination.

Pourtant, c’est la foi qui l’a soutenue au plus fort de la tempête. Tu ne peux pas subir l’épreuve sans que les semences reçues depuis le baptême, et toutes les grâces qui ont suivi, remontent à la surface. Même si Yvonne a toujours été très croyante et pratiquante, la maladie l’a plongée dans un dur combat spirituel.

Comment accepter la souffrance, l’incapacité de chanter ou de conduire son auto, la dépendance constante, bref la perte d’une précieuse autonomie sans avoir de la difficulté à dire sincèrement avec le psalmiste : Mon Berger, c’est le Seigneur, je ne manque de rien  (Ps 22) !

C’est la foi qui m’a aidée, dit-elle, et la constatation de plus grandes souffrances autour de moi. Certaines infirmières acceptaient de donner 16 heures consécutives de travail malgré leurs difficultés personnelles ou même à cause d’elles. Elles m’ont raconté leurs problèmes et j’ai découvert qu’elles souffraient plus que moi, parce que leur douleur était intérieure, sans soulagement. Toucher du doigt cette souffrance profonde m’a encouragée à traverser la mienne, et je me suis mise à les aider.

Yvonne est une femme d’affaires au coeur d’or. À cause de son travail dans le domaine financier, elle connaît énormément de gens et compte parmi eux de grands amis (de toutes confessions), dont elle a su faire des bienfaiteurs. Avec leur aide et celle de religieuses de Sainte-Croix, elle a participé à la fondation de plusieurs œuvres de bienfaisance : maisons pour femmes en difficulté, camp pour décrocheurs à Cap Saint-Jacques, œuvre pour enfants pauvres en Haïti, maison de quartier à Rosemont, etc.

Elle a aussi soulagé de grandes misères : découvrant par hasard qu’un réseau de prostitution recrutait des clients à l’importante maison de courtage dont elle était actionnaire, Yvonne s’est mise en frais de retirer de la rue le plus grand nombre possible de prostituées. En quelques années, et avec l’aide de deux jeunes collègues, elle convainc près de 80 jeunes femmes de changer de métier, leur trouve un emploi convenable et continue de les soutenir par la suite. Ayant recouvré leur dignité, la plupart ont pu fonder un foyer. Plus de 40 ans après, certaines gardent encore contact avec celle à qui elles doivent tant.

J’ai beaucoup donné monétairement, mais est-ce cela le plus important ? Je me le demande aujourd’hui. Le Seigneur veut peut-être que j’aide d’une autre manière. Effectivement, même sortie de l’hôpital, Yvonne continue d’aider les infirmières qui la visitent à domicile parce qu’elles l’ont appréciée. Leur patiente les écoute, les encourage et les soutient par le témoignage de sa foi et quelques conseils judicieux.

Tout cela n’exclut pas d’autres engagements apostoliques. Yvonne a le souci de mettre ses dons et capacités au service des autres. Elle préside le Conseil de sa Fraternité et donne temps et expertise pour aider sa paroisse, dont elle est marguillière. Ses déplacements sont plus difficiles ? Qu’à cela ne tienne, les réunions auront lieu chez elle !

- Quand on relève à peine d’une dure maladie et en reste physiquement affaibli, a-t-on encore des projets ? Ma question la fait sourire. Elle me répond avec une ardeur que je lui reconnais. Elle songe à acheter une maison pour régler définitivement les problèmes d’espace d’une de ses Fondations... et à beaucoup d’autres choses que, prudemment, elle ne me révèle pas. Je réfléchis et discerne présentement. J’ai dit au Bon Dieu : « Si tu veux que je sois encore utile, donne-moi ce qu’il faut ! C’est toi qui décides ».

Avant de la quitter, je ne peux m’empêcher de lui poser la question qui me brûle les lèvres : Après tout ce que tu as traversé et avec ton expérience de vie, aurais-tu un message à donner aux membres de la Famille Mater Christi et aux lecteurs de Signes ? »

À peine un moment de recueillement et sa réponse jaillit du plus profond de sa foi : Même si vous ne comprenez pas toujours ce qui vous arrive, le secours de Dieu et son amour sont ce qui peut le plus vous soutenir dans l’épreuve. N’oubliez jamais d’offrir vos douleurs, aussi difficiles à porter qu’elles puissent être, car elles ont de la valeur pour lui. Les unir à celles du Christ nous permet de collaborer au salut des âmes. Peut-on aider tellement le Seigneur autrement qu’en lui offrant nos souffrances et notre acceptation ? »

Bien mieux que des tulipes, n’est-ce pas ?
 
 
(Diane POIRIER, Signes vol. 36, no 1, pp. 48-50)
 
~oOo~
 
 
Une sexualité pleine de sens

Marie-Josée Harvey
Depuis un certain temps, diverses initiatives ont été prises pour diffuser l'enseignement de Jean-Paul II sur la sexualité. La Théologie du corps selon Jean-Paul II, comme on l'appelle, semble correspondre à un réel besoin, car jeunes et adultes répondent en grand nombre aux invitations qui leur sont lancées en ce sens. Ne serait-ce pas le signe que les générations post-Révolution sexuelle des années soixante sont lasses du message qu'elle véhiculait ? Se pourrait-il que la jeunesse ait soif d'une eau plus pure, qui satisfasse non seulement leur corps, mais aussi leur âme ?
 
Une découverte bouleversante

Quand, en janvier 2007, Marie-Josée a franchi le seuil de la salle de cours, à l'Institut de formation théologique de Montréal, elle ne se doutait pas que sa vie était sur le point de prendre un nouveau tournant. Déjà, elle avait vécu une conversion et Jésus occupait une place croissante dans son existence, une place, d'ailleurs, de plus en plus gênante pour son copain. Quelle est cette foi qui chamboule toutes les valeurs et remet plein de choses en question ?

Mais, tout cela n'était rien à côté de la révolution qui allait survenir dans le cœur de le jeune femme. En trois mois, la découverte du sens de la vie humaine, du dessein du Créateur sur l'homme et la femme et de son rêve sur la sexualité humaine ont à la fois bouleversé et illuminé l'esprit et l'âme de Marie-Josée. Enfin, elle voyait clair ! Elle était confirmée dans ses intuitions profondes. La vie retrouvait son sens véritable et toutes les pièces du puzzle se replaçaient. Quelle grâce !


Pourtant, cette période n'a pas été facile : son couple craquait et, son copain ne partageant ni son enthousiasme, ni ses convictions en matière de sexualité, elle s'est retrouvée seule. Pourtant, malgré la douleur inhérente à la séparation, sa solitude s'est apaisée. Dans sa tendresse, Dieu a entrepris de guérir son cœur et de la combler.

« Je ne peux garder cela pour moi ! »

Dans son cours, la jeune femme avait rencontré Isabelle, jeune consacrée aussi emballée qu'elle sur la matière de ce cours et, également convaincue que tous les 
jeunes devraient recevoir cette formation. À la fin du dernier cours, les étudiants exprimaient leur appréciation de l'enseignement reçu. Leur professeur, l'abbé Christian Lépine, leur lança : Maintenant, il dépend de vous de transmettre cet enseignement.

C'était presque un envoi en mission. Sans tarder, Marie-Josée et Isabelle se réunirent pour concevoir un projet en ce sens. Mais comment transmettre toute la richesse d'une telle doctrine ? Se retroussant les manches, elles travaillèrent ferme pour élaborer une session dynamique. Le résultat ? Une fin de semaine interactive, comprenant enseignements, échanges, présentation multi-média, témoignages, période de questions, possibilité de rencontrer un prêtre et de se procurer de la documentation. Un service de garderie fut même offert.

Jusqu'à présent, sept sessions de deux jours ont été réalisées, rejoignant plus de 350 participants. En plusieurs endroits, on voudrait que cette session soit organisée.
Évidemment, il n'est pas possible de répondre à toutes les demandes à la fois. Un discernement s'impose. Chaque demande est considérée devant le Seigneur.

La réponse à une soif profonde

Les conceptrices de la session comme les personnes-ressources, qui collaborent fidèlement avec elles, n'en reviennent pas. Non seulement cet enseignement providentiel constitue une réponse à une soif profonde, mais leur travail semble bien arriver à point nommé. Pendant des années, l'abbé Lépine s'est évertué à diffuser l'enseignement de Jean-Paul II sur la Théologie du corps. Aujourd'hui, dans notre monde moderne, auprès des catholiques occidentaux, l'accueil nous étonne. Les gens répondent tellement à notre invitation ! Les inscriptions affluent et nous envisageons de recourir à des listes de rappel. Pour nous, c'était inimaginable !

Les animatrices constatent que plusieurs participants sont las ou dégoûtés de la manière courante de vivre la sexualité. Ce qu'on pratique, aujourd'hui, ne conduit pas au bonheur, ils le savent. Soudain, ils apprennent que Dieu avait un grand dessein sur la sexualité, un dessein qui les émerveille. Certains sont tristes de ne pas l'avoir découvert plus tôt. La présence de prêtres et d'autres personnes-ressources est donc très précieuse, car ceux qui ont besoin de confier leur peine ne partent pas sans avoir été écoutés et réconfortés.

« Personne ne nous a jamais parlé comme cela ! »

Chacun a pu vivre une expérience spirituelle qui touche au plus profond du cœur, comme en témoignent les participants de l'une ou l'autre 
sessionJ'ai compris la différence entre l'amour-objet et l'amour-personne ; l'important est de vivre pour l'autre, pour le rendre heureux, peut-on lire sur un feuillet d'évaluation. J'ai découvert la grandeur et la splendeur du plan de Dieu !  - Cette session m'a permis de vivre un réel cheminement vers Dieu. - Beaucoup d'éléments seront des germes dans ma vie et seront appelés à porter du fruit. Après une pareille fin de semaine, nul ne repart comme il était avant : Cette session m'a fait grandir. - Je garderai de ce ressourcement la beauté de la chasteté que je veux mettre en application, et une force de volonté plus grande. - C'est une fin de semaine qui donne courage et espérance !

L'accueil reçu par l'enseignement de Jean-Paul II en étonnerait plusieurs : J'ai eu à faire le point sur ma vie et sur mes choix ; j'ai un ardent désir de vivre le plan d'amour de Dieu et de le faire connaître au plus grand nombre ! - J'ai compris le sens sacré de la sexualité. - Je garderai de ce ressourcement ce que prône l'Église à l'égard de la sexualité. - J'ai beaucoup apprécié que ce soit enligné avec l'enseignement de l'Église. Chaque
session a sa coloration propre, mais l'Esprit Saint est toujours présent et à l'œuvre. Manifestement, le Seigneur continue de toucher les coeurs !
 


(Diane POIRIER, Signes, vol. 44, no 4, pp. 233-235)

~oOo~
  
 
D'autres témoignages
  • De tout mon cœur ! - Professeure de féminisme chrétien dans un collège universitaire de Tokyo, Setsuko s’emploie notamment à améliorer les relations chez les couples et les familles.
  • Poussée par l'Esprit - Loudia Désaulniers, l’action de l’Esprit Saint dans sa démarche de discernement vocationnel.