Chers amis, Aujourd'hui, le 2 février, j'aurai la grâce inestimable de prononcer ma consécration perpétuelle dans la Société du Christ Seigneur. Que le Souverain Seigneur et Sauveur des hommes manifeste une telle tendresse envers sa petite créature, quel touchant mystère ! Lui, l'infinie et éternelle Perfection, il m'a aimée le premier ! C'est la folie de l'Amour ! En reconnaissance pour cet amour, j'accueille avec une joie débordante son appel à collaborer au salut du monde. Que de nombreuses personnes découvrent et goûtent la vie en abondance apportée par la rencontre de Jésus, voilà mon plus grand désir. Je lui donne toute ma vie, tout ce que je suis, pour l'aimer et le servir dans la Société du Christ Seigneur, dont les priorités apostoliques répondent si bien aux besoins de notre temps : besoin de développer sa vie spirituelle, besoin de mieux comprendre sa foi et de connaître le Seigneur Jésus, besoin d'être soutenu dans ses efforts quotidiens pour vivre et répandre l'esprit de l'Évangile à la maison, au travail, dans les loisirs... J'y coopère activement par l'animation à la paroisse Précieux-Sang d'un groupe d'adolescents qui cherchent Dieu, par la collaboration à des rencontres à la paroisse Saint-Esprit destinées aux familles désireuses d'éveiller la foi des tout-petits, par l'accompagnement spirituel de jeunes au Centre Leunis. J'éprouve toujours un bonheur profond en aidant des personnes à se rapprocher de l'Amour. Mais au-delà de ces services bien concrets, j'ai la certitude qu'en elle-même, ma vie offerte au Seigneur avec amour dans la voie de la pauvreté, de la chasteté et de l'obéissance obtient une multitude de grâces pour le salut des âmes. Je ne vois pas nécessairement ces grâces, mais elles sont très réelles ; je les connaîtrai au ciel. Ces conseils évangéliques représentent un trésor pour moi. Ils constituent un moyen privilégié d'épanouir toutes mes capacités d'amour, en les libérant de plus en plus de ce qui les entrave : mon égoïsme, ma volonté-propre... Dans un monde où le matérialisme prime trop souvent, je veux témoigner de la beauté d'une vie simple et dépouillée ; dans une société où le véritable amour est méconnu, je me réjouis d'être appelée à aimer chaque personne comme un frère ou une sœur, en toute pureté ; dans un monde en quête de liberté, je désire manifester celle apportée par l'obéissance aimante à la volonté de Dieu. L'exemple de tant d'hommes et de femmes parvenus à la sainteté par ce chemin depuis 2000 ans m'inspire grandement. Comme il est bon de donner sa jeunesse à Dieu ! Rendez
grâce
à Yahvé, car il est bon,
éternel est son amour ! (Ps 118) (Hélène
CHARETTE)
~oOo~ De tout mon cœur !
J’ai connu Masashi en 1968, pendant les émeutes d’universitaires, à Tokyo, alors qu’étudiants et professeurs (jésuites) nous efforcions de résoudre pacifiquement le conflit. J’ai découvert ses qualités en travaillant avec lui : très ouvert aux autres, d’un esprit vraiment démocratique et toujours désireux d’aider, il avait assez de générosité pour laisser les autres être. Choisir le mariage Séduite, Setsuko a considéré sérieusement le mariage, même si elle avait pensé à la vie consacrée au moment de sa conversion. Lorsque Masashi la demanda en mariage, la jeune femme décida de vivre huit jours d’Exercices spirituels en demandant instamment la lumière. Elle désirait vraiment accomplir la volonté de Dieu. Au moment de l’élection, elle opta pour la vie consacrée : II me semblait qu’en aimant quelqu’un d’autre, mon cœur serait partagé. Or, je voulais aimer Dieu de tout mon cœur. Cette décision m’a fait terriblement souffrir. Mon accompagnateur était un théologien bien éclairé. En utilisant l’exemple de sa propre mère, il sut me montrer que le mariage permettait d’aimer Dieu de tout son cœur. Après une nuit sans sommeil, les yeux rougis de larmes mais le cœur en paix, elle repartait avec un Masashi heureux, loin de soupçonner le péril qui avait menacé son projet ! Un discernement bien fait n’est pas une garantie contre les tentations ! L’idée de la vie consacrée revenait parfois. Il me semblait alors que je m’étais trompée, que je n’aimais Dieu qu’à moitié. Chaque fois pourtant, la prière et la réflexion me confirmaient que le mariage avait été le bon choix. Je me suis ouverte de ces difficultés à mon époux, qui s’est appliqué à me soutenir. Il s’est senti responsable, pour sa part, de mon appel à aimer et servir Dieu dans le mariage. C’est après avoir consulté un prêtre impliqué auprès des Congrégations mariales, où elle cheminait, que Setsuko a trouvé définitivement la paix. Ce jésuite hongrois lui fit voir que dans le mariage comme dans la vie consacrée, nous devons aimer Dieu de tout notre cœur et qu’y manquer constituerait un péché : C’est le premier commandement ; quelle que soit votre vocation, il vous faut aimer Dieu à 100% ! Le mariage n’est pas un obstacle à l’amour de Dieu. Il peut contribuer à son service et à sa gloire. Un mariage chrétien Ceux qui choisissent le mariage chrétien doivent ressentir un véritable appel, et non s’y engager parce qu’ils se sentent incapables de rester célibataires, explique Setsuko. Son propre mariage a été comme une réponse à son histoire personnelle, car son expérience de vie familiale n’avait pas été très positive. J’ai toujours rêvé d’une famille épanouie dont les enfants seraient heureux et les parents s’aimeraient tendrement. Mais ce n’était pas là sa première motivation : Outre mon amour pour Masashi, je désirais répandre le message de Dieu et, par notre mariage, montrer son amour aux non-chrétiens. Le mariage est une manière très naturelle d’atteindre les gens. Au début, ils ne voient pas la différence entre un couple chrétien et un autre. S’ils la percevaient, ils ne se lieraient pas d’amitié avec des chrétiens. Mais, lorsqu’ils fréquentent un couple de croyants, ils découvrent des gens profondément heureux. Souvent, les japonais demandent à se marier dans une église catholique... à cause de la beauté et du romantisme des lieux, sans pour autant souhaiter devenir catholiques. L’Église accepte à la condition que les futurs mariés consentent à suivre des cours de préparation au mariage. Ceux-ci donnent le sens, l’importance et la gravité du mariage. On y traite également des valeurs à cultiver dans le couple et la famille : respect mutuel, liberté, compréhension, etc. Enseignement d’une incontestable importance car, dans ce pays, les liens familiaux sont étouffants. Les fiancés apprennent dans ces cours que l’amour rend libre. Il arrive que certains demandent ensuite à se faire baptiser. Ils sont alors pris en charge par la paroisse. Jamais ces jeunes n’auraient accepté de recevoir une catéchèse, mais ils sont disposés à se laisser former aux valeurs (chrétiennes à leur insu) du mariage et de la famille. Nous nous sommes impliqués, en tant que couple marié, dans ce service d’Église pendant bon nombre d’années. Maintenant, n’ayant plus la même disponibilité, nous nous apprêtons à rééditer officiellement le manuel que nous avions conçu jadis et qui est devenu en quelque sorte un best-seller anonyme. Un mariage épanouissant Nous nous aimons profondément et je me plais à le dire en classe... à la grande stupéfaction des étudiants. Nombre d’entre eux souhaitent former un couple semblable au leur. La culture japonaise a tendance à cacher l’amour. Généralement, maris et femmes agissent publiquement et en famille comme s’ils éprouvaient peu d’intérêt l’un pour l’autre. Dans nos cours, nous enseignons une manière épanouissante de vivre amour et mariage. Nous voulons en être un exemple pour les jeunes, mais nous ne sommes pas le modèle. Chaque couple a sa propre perfection à atteindre, comme sa propre mission. À cause d’études, de conférences ou d’un volume à écrire, Setsuko et Masashi doivent assez souvent vivre séparés durant quelques mois. Cela n’a jamais refroidi leur amour, au contraire ! Pour pallier le problème de la distance, nous nous parlons des moindres détails de notre vie, ce qui nous garde proches. Le dialogue fait vraiment grandir l’amour : Nous échangeons fréquemment sur ce que nous vivons. De plus, notre commune implication pour résoudre, par le dialogue, la prière et la réflexion, les difficultés ponctuelles des enfants nous a unis plus profondément. Chaque épreuve nous fait expérimenter presque sensiblement la présence et le support de Dieu. Notre recherche de solutions embrassant les valeurs chrétiennes est habituellement récompensée par le sentiment d’être portés par Quelqu’un. Un amour libérant J’aurais préféré que mes enfants se développent dans un contexte de liberté, mais la société japonaise impose aux jeunes une éducation très contraignante. L’école constitue un milieu de compétition, et même de tension. Toute spontanéité y est étouffée. Les enfants doivent obéir, être contrôlables. Je n’ai rien contre l’obéissance mais... Parfois, sentant que l’épanouissement des enfants était compromis, le couple a fait des démarches pour obtenir que cessent des situations parfois intolérables. Les enfants de ce couple japonais ont tous les trois vécu au moins un an dans un pensionnat : Nous voulions qu’ils développent de l’autonomie et prennent du recul par rapport à la famille, qu’ils expérimentent la vie communautaire. Des parents compatissants Une année, dans la classe d’un de leurs fils, un élève handicapé était devenu le souffre-douleur de la majorité. Lorsque ce jeune a été battu, notre fils nous en a parlé. En communiquant avec la direction de l’école, j’ai appris que ses parents menaçaient de mettre l’affaire dans les journaux. Les autorités de l’établissement ne savaient que faire. On m’a accordé la permission de parler à tous les étudiants. En présence des parents du jeune handicapé, Setsuko interrogea les étudiants : Qu’est-ce que vous n’aimez pas dans votre camarade ? Puis, elle les encouragea à exprimer les qualités qu’ils lui trouvaient et à réaliser l’injustice de leur attitude. Elle conclut en s’adressant à leur cœur : Quand un jouet que vous aimez est brisé, vous en prenez grand soin, n’est-ce pas ? Eh bien, ce garçon a de la difficulté à marcher, mais il est votre ami. Je vous en prie, prenez-en soin comme d’un frère qui vous est très cher. Touchés, les étudiants ont regretté et changé leur attitude. Une joyeuse complicité Après son mariage, Setsuko a interrompu ses études : À 29 ans, je désirais me concentrer sur ma famille : trois naissances en quatre ans ! Devenue mère au foyer à plein temps, elle s’amusait des réactions comiques des tout-petits et de leurs trouvailles. J’étais heureuse mais je me demandais : Est-ce bien cela que je dois faire, seulement être à la maison ? Impossible d’étudier ou de prier à son goût, tellement elle était occupée ! Un jour, je me suis brisé le genou. J’ai dû m’aliter durant un mois. J’ai pu prier, lire la Bible, réfléchir, pendant que Masashi assumait les soins de la maisonnée ! Plus tard, une amie allemande, alors membre du Conseil mondial de la CVX (Communauté de Vie Chrétienne) m’a demandé si j’accepterais de collaborer à la prochaine Assemblée internationale, à Manille ! Cela signifiait 21 jours d’absence. J’ai refusé. Masashi offrit de l’aider : II faut que tu continues dans la ligne de ta vocation première. Puisque l’Assemblée a lieu durant les vacances d’été, je prendrai soin des enfants. Tu peux sans crainte. Il me semblait à la fois impossible de me séparer des enfants, et nécessaire de m’en détacher. Perplexe, j’ai consulté notre fils aîné, Toru (5 ans). « Si ton amie compte sur toi, il faut que tu y ailles ! », m’a-t-il répondu. Cette affirmation à la fois simple et catégorique la convainquit et, munie de ses béquilles, elle partit. À mon retour, toute la famille était en train de jardiner. Quand j’ai pris ma valise pour entrer, ma petite Megumi (2 ans) me dit, croyant que je repartais : « Bye-bye ! Maman ! » J’ai éprouvé un choc en réalisant qu’ils pouvaient se passer de moi. Pourtant, une semaine plus tard, j’ai été consolée par une confidence de Toru, alors que nous nous promenions tranquillement tous les deux : « Maman, tu m’as beaucoup manqué ! Je m’ennuyais tellement de toi que j’ai décidé de prendre une pierre très ronde et d’en faire ma maman. Quand je me sentais seul, je la prenais dans mes mains et la serrais très fort. Maintenant que tu es là, je n’ai plus besoin de la pierre ! » Sa confidence m’a profondément émue. Chaque fois qu’elle a dû partir, Masashi s’est montré très coopératif. En cela aussi, nous allons contre les coutumes japonaises, car ici, la mère idéale est du genre couveuse. Setsuko, toujours souriante, parle doucement, mais ce qu’elle dit me plonge dans l’admiration. Je ne peux qu’affirmer la grandeur du sacrement de mariage, conclut-elle. C’est une admirable grâce qui nous a fait croître ! (Propos
recueillis en anglais par
Diane POIRIER) Confidences de Megumi J’admire beaucoup mes parents, ils forment vraiment une équipe ! Mon père aide maman à faire ses nombreuses corrections et aussi, au besoin, dans les tâches ménagères. Il est très compréhensif vis-à-vis de la situation de maman... ce qui n’est pas très courant. Ici, au Japon, on ne fait pas confiance aux mots pour exprimer l’amour. Dire « je t’aime » nous met mal à l’aise. Pourtant, mes parents se le disent. J’aimerais trouver quelqu’un avec qui je peux former une équipe, un peu comme eux. Leur exemple m’a incitée à m’orienter vers l’enseignement. En effet, lorsque j’étais enfant, nous étions souvent tous ensemble aux repas, la fin de semaine et durant les vacances. Je ne peux pas imaginer la famille autrement que ce que j’ai vu chez moi. ~oOo~
Nous
avons vraiment
apprécié le climat fraternel de la Série
d’initiation au discernement
et à la prière personnelle. Nous
avons beaucoup échangé les uns avec les autres,
en toute
simplicité et confiance. Nous avons grandement appris de
l'expérience des autres, et de l'enseignement de notre
animatrice. Son enseignement était personnalisé
à
chacun, avec des trucs et des conseils vraiment concrets.
Grâce à cela, nous avons pu appliquer réellement le discernement spirituel à notre vie. Pour nous deux, cela a véritablement constitué un pas de géant dans notre vie spirituelle, en nous permettant d'acquérir en peu de temps des outils essentiels pour cheminer de façon durable vers le Seigneur. Tout d'abord, nous avons découvert les différentes motions spirituelles, dont nous ignorions jusque là l'existence. Quel bien de savoir que nous disposons d'un tel outil pour découvrir la volonté de Dieu sur nous, une volonté toute aimante, qui ne veut que notre bien ! Le discernement nous a permis de prendre des décisions importantes, guidés non plus par nos seules lumières, mais par la lumière bienfaisante de l'Esprit Saint. La Série d’initiation au discernement et à la prière nous a également introduits au discernement quotidien, par la revue de journée. Cette occasion de dialogue quotidien avec le Seigneur, nous a permis de réaliser des progrès spirituels importants. En effet, en prenant le temps de nous arrêter un peu chaque jour pour revoir notre journée sous le regard aimant du Seigneur, nous avons pu constater quels étaient les principaux points de notre vie qui s'accordaient ou ne s'accordaient pas à l'Évangile. Par exemple, pour ma part (c'est Amélie qui écrit), j'ai constaté dès les premiers jours de la revue de journée que je pratiquais sans trop m'en rendre compte de la médisance. Oh ! Rien de bien énorme, une médisance qu'on pourrait qualifier d'ordinaire… un mauvais mot par-ci ou par-là sur telle ou telle personne, basé sur ce que je croyais être de l'objectivité de ma part ou une faculté d'analyser les personnes… Mais c'était du non-amour, une démolition subtile de l'autre… En voyant cela, j'ai demandé au Seigneur de m'aider à vaincre cette tendance, en prenant des résolutions au jour le jour, en portant plus d'attention aux qualités des personnes desquelles je médisais. À partir de là, je suis devenue très sensible à cette forme de méchanceté, qui passe tellement inaperçue dans le monde ! Sans la revue de journée, je n'aurais pas fait les grands progrès que j'ai faits sur ce point, car je n'aurais même pas vu le problème. J'en rends grâce à Dieu ! Quant à moi (c'est Stéphane qui écrit), apprendre à mieux comprendre et à discerner ce qui se passe en moi et autour de moi m'a permis de me libérer de plusieurs esclavages que j'avais, cela m'a permis de vivre avec joie la vie de l'Évangile. Je dirais même que les épreuves ou les faiblesses que j'ai ne me semblent plus une suite d'échecs, mais des occasions d'apprentissage pour m'améliorer, car j'y vois maintenant la présence aimante du Seigneur. Enfin, pour nous deux, il nous semble que cette série, qui nous a donné de nous rapprocher du Seigneur et de mieux l'aimer, a été la meilleure réponse que nous pouvions donner à l'amour du Seigneur ! ~oOo~
D'autres témoignages
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